lundi 16 juillet 2018

Les Pics de Coll Roig (2833 et 2804 m) par la face nord

Jour 1: Pour économiser des forces et du chemin, la veille nous avons établi nos quartiers à la cabane de Coma Joan, bordée par un joli ruisseau, sur le "chemin des ingénieurs", menant au barrage de Lanoux. 300m de dénivelé en moins pour les Pics de coll Roig car le trajet face nord est musclé.
C'était ma première "nuit en cabane", tout un programme, tout un poème !
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Jour 2 : 7 h du matin, nous démarrons, chargés au minimum, pour le parcours que connaît Marcel, soit presque entièrement hors sentier. Quelques nuages habillent le ciel. Sans importance.
Je suis très impatiente : voilà longtemps que j'avais recherché un hypothétique sentier pour gagner ces pics par cette face, attrayante à mes yeux car particulièrement raide. J'ai eu de la chance de rencontrer Marcel.
 On quitte la cabane, traverse le grand pierrier et juste après on s'enfonce dans une sorte de couloir ardu et boisé cap sud/est. Marcel se met, selon ses dires, "en mode promenade" il n'en démordra pas, moi je dis "mode dromadaire" et si c'est lent, c'est à ce prix qu'il ménage sa monture. Donc la mienne.



On monte sans souffrir, bonne mise en jambes avec cette pente à 25 °; il y a encore quelque balisage jaune puis le balisage nous quitte pour un sentier aujourd'hui oublié. On va  avancer aux cairns.
On entre alors dans un joli vallon, le vallon de coll Roig, fait de pelouse et forêt clairsemée : une cascade saute à grand bruit des hauteurs verticales mais nous ne verrons pas la moindre goutte d'eau, elle s'enfouit dans le sol, cette même eau qui plus loin, rejaillit en cascadant pour arroser la prairie de Coma Joan. Sur cette partie de montagne, l'eau est malicieuse aussi. Les nuages ont décidé de s'évaporer, comme l'eau. Tout est bien ....

Pic de Font Vive 2673 m

La prairie est plaisante, elle remonte vers un cirque fermé de montagnes, au gré des moraines ; tous les ingrédients sont réunis : moraines, rocs épars, forêt clairsemée et rhododendrons à profusion. Nous on lit le trajet : ce trajet doit nous faire traverser le cirque et nous conduire au pied d'une paroi qu'il va falloir escalader. Elle est entaillée de couloirs, pas profonds, juste esquissés: autant de chemins possibles, tous utilisables plus ou moins aisément. L'un me plait mais Marcel l'écarte résolument, à juste titre: long, tout en roches délitées, c'est le genre "3 pas en avant 3 en arrière" il aura raison.

Il faut retrouver le couloir d'accès

 Enfin il reconnaît "son" couloir, cairné, et on commence à gravir. Bien sûr je suis à mon aise. Lui, moins, il préfère descendre ce mur pentu à souhait et glissant au possible. Je grimpe autrement, en roche, en escalade facile, tout en photographiant ce "jardin de couloir", multicolore. C'est un des temps forts du parcours, j'adore ce genre d'exercice, musclé et énergivore. Je le nommerai "le couloir Marcel".

Approche pentue du couloir

ça grimpe dur !
Jardin de couloir


On prend de l'altitude : au fond, le vallon d'où l'on vient, à 2250 m (environ)

escalade : auto photo

 Arrivés au sommet,le couloir se prolonge par un petit vallon herbu entre 2 crêtes, on choisit la crête nord car la vue y est magnifique. Le caillou est omniprésent, en lamelles brunes, c'est du schiste .

Sortie du couloir 2445 m: on vient de la vallée 

Le couloir se prolonge par un petit vallon entre 2 crêtes


Je contemple : 

L'étang de Lanoux : 2200 m



Le cirque de moraines : en fond le Pic Carlit , 2921 m

Zoom sur Carlit
Quelques névés subsistent et une trentaine d'isards, dans un galop effréné, courent sur la crête en face, c'est superbe.


Ecureuil de pierre

   Le Pic de Coll Roig occidental, dôme arrondi et noir, coiffe le terminus de ce chemin de pierres, comme un chapeau qui n'aurait rien de mou : une forteresse de pierre, crénelée et déchiquetée à une extrémité. 

Le Pic Occidental de Coll Roig 2833 m


Il serait vain d'y chercher un sentier, Marcel m'a annoncé voilà quelques jours une dalle à escalader. J'attends ça avec impatience.
 Ce chemin de crêtes, s'il offre de belles vues, se redresse et devient ardu. C'est simplement usant.
En plein effort : altitude 2700 m

Mais ça se grignote. Pour tromper ma faim de dalle et de terminus, je dévore des yeux le paysage. Je bois les yeux bleus des lacs d'en bas, tandis que ceux d'en haut (Lanoux et Coma d' Orlu) sont plutôt sombres.  Le paysage a quelque chose de martien : ocre, rouge, brun, absolument minéral, comme le sont nos paysages d'altitude côté nord.


Il contemple 

Festons de crêtes: en fond l'étang du Passet 1700m (gauche) et celui de Font Vive (droite)1896 m
Enfin nous voilà au pied de la paroi : la dalle noire brille d'un reflet d'argent et je l'empoigne à pleines mains, traçant mon chemin avec aisance , je suis dans mon élément.

L'arête sommitale et la dalle noire, en bout de névé

Dalle et blocs, mon terrain de jeu
Je prolonge le plaisir en continuant l'escalade de quelques jolis blocs et ainsi nous arrivons sur l'arête sommitale : quelle beauté ! Un point de vue à 360 °, on est quand même à 2833 m d'altitude.



Sommet 2833 m

Partie du cirque de Coll Roig, face sud

Proche, le Carlit  est bien peuplé déjà. C'est au nord qu'est le plus beau paysage : sommets ariégeois et Pyrénéens, le Montcalm et la Pique d' Estats sont les plus lointains et puis, malgré un fond de l'air légèrement voilé, au sud ça ne manque pas de charme .


Pique d' Estats et Moncalm, les + 3000 m
Pics de Coma d'Or (2826 m) et Pedros (2842 m)

Panorama vers l'Ariège

Lanoux et étang de la coume d'Orlu
 Je n'énoncerai pas les sommets, j'en reconnais beaucoup à présent. Mais je suis heureuse de me retrouver tout en haut de ce cirque fendillé de couloirs que j'admire depuis des années du haut de mes perchoirs ! A ses pieds un lac rectangulaire orné d'une cabane, le lac de coll Roig; ne cherchons pas d'imagination dans les noms.

Face sud : étang de Coll Roig et au fond, Cambre d' Ase, Puigmal etc...chaîne frontalière
Tout près d'ici se trouve le second pic de Coll Roig que Marcel, fatigué, n'a aucune envie d'aller saluer. Qu'à cela ne tienne, on se donne rendez vous au col et je file en courant dans la pente. Je pose mon sac au col comme sur un quai de gare et je monte résolument les 79 m du Pic Oriental de Coll Roig , 2804 m,  moins typé que son voisin mais creusé aussi de couloirs, face nord cette fois. Des fenêtres noires ouvrant sur un vide vertigineux. C'est l'heure du repas pour tout le monde, je descends au trot vers mon quai de gare ! Qui devient restaurant.

Col de Coll Roig, 2725 m

Du Pic oriental de Coll Roig (2804 m),  vue sur le pic occidental (2833m)
Un des couloirs nord 


Impressionnant relief 

Déjeuner sur l'herbe

Petit repas au col, en fait, avec Marcel on randonne ensemble mais on s'alimente en décalé : cet homme ne mange jamais et moi, peu et plus souvent. Mais à chacun sa gestion du carburant. Je ne sais pas encore ce qui nous attend ! Cette fois il ne m'a pas "annoncé la couleur" mais c'est rouge brique. Et pas que ça !
Coquelicot des montagnes
Dans les schistes du Col Roig






Quand je le vois prendre tout droit, j'ai un moment d'angoisse : quoi ?
On va descendre ça ?


Vue vers le haut

ça, c'est un mur de pierres dont on ne voit pas tout, caché par des surplombs. On en voit les côtés mais ce n'est pas engageant. Pourtant je m'engage avec prudence en répétant "on n'y arrivera jamais"  mais Marcel n'a aucun mal à faire la sourde oreille : le tintement des rocs que chacun met en branle évite d'entendre quoi que ce soit ! ça ne roule pas, ce sont des dalles plates ou des blocs tout aussi plats qui glissent. Un gros bloc file sous mes pieds et dévale sans pouvoir s'arrêter. Je descends en biais et assez vite finalement, j'ai apprivoisé la pente, même si par endroits le mur est incurvé et on ne voit rien. Des cheminements d'animaux, délestés de roche permettent de descendre en grappillant un peu de repos : ah c'est un art de descendre ça !

Vue vers le bas
Plus de 400 m de dénivelé pour un peu plus de 600 m linéaires cela fait du 45°, un bon couloir! Je prends le rythme, le mouvement, l'assurance. Que doit ce être de remonter cela ? Marcel l'avait fait puis s'était mis au bord de ce cirque pour s'aider des rochers en place, comme moi au Canal Cristall.

Aperçu de la pente et du terrain
Finalement, malgré la fatigue et l'usure des genoux, je me régale. Marcel à sa manière aussi, qui entreprend en ramasse un long névé ! Sous mon regard effrayé, mais il fut alpiniste , lui !
Il file à toute vitesse
Au pied du mur, on retrouve les fleurs

Un peu usés nous retrouvons le plancher de vaches et la longue descente dans le vallon, sous un brûlant soleil. On se laisse porter, en silence: qu'est ce que j'aimerais que la rivière refasse surface . Ce ne sera qu'à la cabane qu'on pourra enfin se délasser dans l'eau glacée.



Col Roig en haut , le mur descendu et la douceur du vallon

Retour vers la cabane 

La journée n'est pas finie !! On recharge les sacs, un peu moins lourds qu'hier à la montée et c'est parti pour un interminable retour en sentier.
Je songe sans mot dire, à ces horizons ouverts devant mes yeux, comme un beau livre d'images à feuilleter dans le futur. Les lacs de la Coma d' Orlu, enchâssés dans un joli cirque dominé par la Serra de las Ximeneas pourraient en être la première page ....




La 1ere page , dans le futur...
Lacs de Coume d'Orlu
Récit de ma " nuit en cabane" ici , en un clic

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En chiffres
Dénivelé positif : 872 m, en 2.6 km soit du 20° de moyenne (comme pour la Punta Alta)
Dénivelé négatif (avec retour au pk) : 1183 m
Distance aller retour des pics: 6.4 km
Temps de marche : 5 h 30 pour les pics

Distance totale avec retour au parking : 10, 2 km







vendredi 13 juillet 2018

En duo pour trois Puigmal

Il manquait à mon actif le Puigmal de Sègre et le vrai Puigmal de Llo, dans ma randonnée "puigmalienne" précédemment contée. Qu'à cela ne tienne : en montagne on est sûrs  que si l'objectif est repoussé à une date ultérieure, il ne fera point faux bond. On peut compter sur sa présence.

Nous sommes deux ce matin  et mon projet initial n'a pas survécu à la tempête d'eau et de grêle de la veille: on ne remontera point le ruisseau de Coma Dolça et ses longues et fines cascades. En hors piste on serait vite trempés comme des soupes. Ce sera sentier pour tout le monde.

Mon partenaire de rando donne d'emblée le rythme, la cadence et les consignes : ce sera pas lent et régulier, sans aucun arrêt . Je ne dis rien mais dans mon fort intérieur c'est panique : "Comment je ferai pour respirer et calmer tous les 40 pas mon coeur endiablé ?"
Je ne dis rien et je marche.
D'abord il faut perdre 70 m de dénivelée et descendre au bord de la rivière jusqu'à trouver un point de traversée. Elle est grossie par l'orage de la veille , finalement je ne choisis pas la méthode "marcher sur l'eau" et, nu pieds, je traverse. Ma nuit fraîche dans le kangoo connaît un prolongement réfrigérant.

Descente vers la rivière d' Err : altitude 1950  m
 Alors commence le sentier, au milieu des vaches débonnaires et des genêts purgatifs peu gustatifs pour ces Dames. Très odorants. Mouillée, la montagne n'est qu'un soupir. Les pins à crochets emplissent l'air d'un parfum âcre et subtil, celui là même que j'ai pu respirer un moment porte ouverte sur la nuit avant de refermer, il faisait froid.

On remonte  au milieu des vaches et des genêts
Et on attaque la montée. Le rythme est plus lent que le mien, mais d'une régularité de métronome tant et si bien que je respire, que je parle (aussi) et que mon coeur reste calme et sur son quant à soi. Les 50 ans d'expérience montagnarde de mon guide sont une excellence ; je compare mentalement avec ce que je fais...ouah j'ai beaucoup à apprendre. Mon défaut est d'être toujours pressée même quand je ne le suis pas et même en montagne.

La défunte station d' Err Puigmal : point culminant 2660 m
Les seules haltes rapides seront les haltes photos . Cet homme est un vrai dromadaire des montagnes : il marche, parle et avance sans le moindre à coup. Il ne mange ni ne boit, bien qu'il parte à jeun, comme moi, et avancer avec lui est agréable. Habituée à randonner seule, c'est une nouvelle approche et un nouveau regard sur la randonnée. J'ai l'impression de retrouver Camille

La Matte : on entre en forêt

Le sentier est abandonné, on traverse une magnifique forêt de pins et enfin le paysage devient vierge de toute végétation hormis la pelouse. La journée est sereine, lavée par l'orage. le panorama est superbe : le massif du Carlit, le Madres, la Cerdagne et ses villages , la Serra del Cadi, un horizon de pics et de névés surplombant les vertes pâtures. Et des fleurs à cet étage de végétation !
Vue vers la Cerdagne et la Serra del cadi

On a quitté l'étage de végétation : plus de 2300 m

A présent on marche en crêtes et on y restera jusqu'au retour : crêtes douces, lisses, avec de petits rochers et des sommets qui se déclinent discrètement : la Pic de Coma Dolça, le Puigmal de LLo (le vrai) . Aussi discrets sont les habitants des lieux . Des isards, beaucoup d'isards, et même un couple de perdrix des neiges qui troque sa tenue blanche d'hiver contre celle, brune, d'été. Pas farouches ces lagopèdes. La pelouse s'est muée en caillasse, ce sera le menu du jour cuisiné à la sauce brune. Quelques fleurs osent même y pousser !


Le caillou s'installe 

Vrai Puigmal de Llo: 2767 m

 La montagne est surlignée, quadrillée, en une étonnante géométrie, par la grêle de la veille. Depuis que nous avons quitté la forêt, elle est posée au sol en petits tas de billes .
Mon guide : en fond le faux Puigmal de Llo, 2801 m

On passe sans s'arrêter au Puigmal de Llo, puis au 2nd où j'étais l'autre jour. Rapidement je prends quelques photos et je file rejoindre mon guide qui n'use pas les freins!
Le temps est resplendissant, c'est au nord sur le Carlit que ça bouillonne.

Le grand névé et la géométrie de grêle

Les névés du Madres

Notre vrai objectif est le Puigmal de Sègre
La montée y est plus qu'agréable. Après avoir traversé un champ de lauzes, on attaque la montée rocheuse à souhait, avec des vues sur la vallée de Llo et le Val de Nuria, de part et d'autre de la frontière.  On est en frontière et c'est beau. Certes pas désert non plus. Il y a même à quelques mètres une famille mouflons à la curiosité attisée.


La grêle surligne la montagne

La grêle d'hier; en fond Puigmal d' Err 2910 m, ma dernière rando

J'ai marché sur le grand névé

Empreinte sur le grand névé (photo foncée pour le relief)
Empreinte de loup ou de très gros chien

En route vers le Puigmal de Sègre

Je me régale, pas une fois je me serai essoufflée ! Sauf quand j'ai tenté de passer en tête! Me faudra t'il un métronome dans mes randos solo pour guider mes pas ?? Je devrais essayer...

Puigmal de Sègre : un père et son fils, catalans, cherchent la sortie pour Nuria une longue route les attend. Photos réciproques et on ne s'attarde pas, le temps se gâte, les Puigmal ont fait quelques emprunts aux voisins d'en face, Pérics et Carlit et autres. ça bouillonne.

Jardin de Puigmal

Au Puigmal de Sègre: 2843 m

On salue au passage le Petit Puigmal de Sègre, excentré, où une famille belge d' Anvers s'essaie avec brio à autre chose que le plat pays qui est le sien et pour nous ce sera une descente en direct dans la pente pavée pas toujours de bonnes intentions ! ça glisse, ça roule et dévale à souhait.



Autre jardin de Puigmal

Petit Puigmal de Sègre, 2810 m
En fond Puigmal d'Err, 2910  m

Descente en tout droit dans la roche

Une dalle de 1.50 m de long

J'aime ce terrain rocheux à souhait
Le névé sur lequel je vais dévisser et le gros roc qui va me stopper
Je trace ma route vers un grand névé ce sera sympa de le descendre ! Dès les premiers pas je descends en effet ! Sur les fesses et à bonne vitesse. Forte de ma néfaste expérience, je me transforme en bobsleigh et d'un coup d'arrière train, je vire à 90° pour aller prendre à bras le corps un rocher qui va me stopper net ! Je viens d'inventer une discipline olympique, par chance j'ai la forme qui va avec!
Enfin mon "dromadaire" de guide décide qu'on va manger; avec l'estomac dans les talons pas facile de faire des pas , je marche sur ma faim .

Une bonne glissade
 Mon guide, tout nouvellement rencontré est un homme sympathique et disert, de mon âge ce qui m'évite les sprints des randonnées passées avec plus jeunes que moi . Sa connaissance de la montagne et son expérience d'alpiniste et de grimpeur sont rassurantes. Randonner ainsi enlève à la rando tout le côté un peu aventureux que j'y trouve seule , mais a ce côté reposant qui fait qu'on pourrait marcher des jours durant . Et puis c'est un partage, un échange, une convivialité. Qui me feront malgré tout garder mes randos solo auxquelles je suis attachée. Mais avec lui je pourrai faire ce que je m'interdisais . Ou qui restait dans un coin de mes rêves. Déjà la prochaine est décidée !

Mon guide dans la descente des Aiguaneix

La descente dans la vallée du ruisseau d'Err, par les Aguaneix, se fera d'un rythme plus soutenu; l'air a l'immobilité et le parfum de la pluie.


ça menace orage, on file bon train


Elle nous laissera arriver à la voiture, souffler un peu et un violent orage de grêle nous poussera intra muros vers un apéro bien mérité même s'il est plutôt l'heure du café !


En chiffres 
Temps de marche 7 h
Dénivelé env 1050 m
Distance 10,5 km environ