Si l'on veut s'amuser, il faut aller au musée d' Axat, non pas celui de la ville car je n'en ai pas trouvé trace. Mais, ce musée hors normes où je vais emmener un éventuel lecteur demande solides jambes (et bras), solide mental, solide endurance et surtout solide motivation.
Il s'agit d'aller à la rencontre des objets laissés par les bûcherons des siècles derniers.
Il y eut ce jour là deux visiteurs nantis de ces capacités là : Eric Teulière et moi.
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| La 2nde salle de musée |
J'avais auparavant "débroussaillé" le terrain, au sens figuré, en quelques sorties aventureuses et angoissantes. Non pas à cause du terrain, c'est mon domaine, mais à cause de la solitude et surtout de l'austérité des lieux. C'est singulièrement "perdu" et sinistre. Surtout en hiver.
C'est pourquoi j'y ai emmené Eric, aussi féru que moi d'insolite et de hors sentiers battus pour ne pas dire hors sentiers tout court. Il aime ça et, de plus, c' est un judicieux chercheur. La tenue de rigueur est : vêtements susceptibles d'y lâcher la trame ou la chaîne, si ce n'est les deux et chaussures adhérentes faute d'être belles. Un sac, un casque, une corde, un bâton, une lampe au cas où, le GPS ne sert pas à grand chose, le téléphone est indispensable, si....
A ces conditions on peut franchir les portes ouvertes du musée en plein air.
Le secteur est celui du funiculaire et du chemin en "tortillons" de mon avant dernier article
Nous allons donc reprendre le chemin "en tortillons". En l'examinant avec plus d'attention. La bizarre construction du funiculaire va nous mobiliser un grand moment : on y verra en filigrane le croisement des chariots montants et descendants, avec un système de passage aérien bâti en troncs d'arbres emmurés dans du béton, le moule est bien visible. On cherchera à comprendre, mais on ne comprendra pas tout.
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| Le mur supportant les passages de chariots Vu d'en bas |
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| Même lieu vu du dessus Les 4 passages de roues de chariots (montant et descendant) |
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| Suspendu sur le vide l'emplacement d'un des 4 troncs d'arbres |
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| Eric étudie soigneusement |
Dommage.
Puis, depuis l'ancienne "tire" menant au ravin de Resclause, jumelée avec l'ancien chemin, on repèrera deux descentes vertigineuses menant au ravin. On essaie de descendre un peu mais il faudrait beaucoup de corde sur tout le trajet (plus de 100 m), pour s'assurer. On remonte. On reviendra peut être. Je reviendrai c'est sûr!
Avant d'aller au musée, je conduis Eric dans un site encerclé de falaises où le chemin se plut à "tortillonner", au moins sous la plume de ces messieurs les cartographes qui exprimaient ainsi les pérégrinations fantaisistes des rivières et chemins. On conjugue nos efforts pour chercher de la trace, on en trouve, plutôt rectiligne, la même que j'avais trouvée mais on pousse un peu plus haut, au ras des falaises puis dans les falaises. Vaine visite.
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| Passage à gué du chemin (et de la tire) |
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| Dans les bois et les falaises |
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| Le paysage d'en face, soit à l'identique |
A présent, après une brève descente sur le ravin de Resclause, on entre au musée .
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| Le ravin et le début du musée On va bien s'y amuser |
C'est portes ouvertes, sur une pente très raide, semée de cailloux venus des éboulis et de la voie ferrée. Il n'y a pas de vitrines, il n'y a pas d'étiquettes pouvant nous renseigner, il n'y a aucune étagère . Uniquement des rocs où l'on évite de se tordre les chevilles et où on furète, à l'oeil nu . Une ferraille, deux ferrailles, on ne les compte plus, on les soulève si on peut, on s'évertue à identifier. C'est lourd, encombré de terre, voire de vers de terre, une vraie chasse aux trésors ! On fait du sur place dans une lumière vert tendre, au milieu des chants d'oiseaux.
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| Pour donner idée de la taille |
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| Atmosphère |
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| Des pièces de musée |
Après la tristesse de l'hiver ici, on pourrait presque trouver l'endroit riant. En tout cas on ne manque pas de rires ; tel objet pourrait servir de plateau d'apéro, tel autre de chapeau chinois.
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| Histoire d'en rire |
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| Voilà le chapeau |
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| Pièces de musée |
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| Mur édifié par l'homme, jardin de pierre édifié par le végétal |
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| Des pièces du musée |
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| Le graisseur fermé et ouvert |
On dirait qu'on cherche des cèpes! Je ne rigole pas, à la fin de la journée, pour nous narguer, il sera là !
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| Hallucinant et peut être hallucinogène |
Allez, le musée dit son dernier mot avant de partir pour la 2nde salle. Il me manquait juste un bout de câble, le voilà.
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| Il manquait au musée un câble, le voilà. Et des tessons de briques et de verre, aussi |
Pour ce faire, j'emmène Eric dans un site inconnu de lui. On redescend sur la route, chemin à l'envers avec ses 17 lacets et on s'enfonce dans les sous bois, direction les échelles.
Je savais les échelles branlantes, j'ai emmené du fil de fer et des pinces coupantes, une tenaille, après le passage de la tempête Nils je ne donne pas cher de leur stabilité. Monter sera sportif : les échelles ont bougé, se sont décentrées et ne tiennent que par...miracle. Nous sommes casqués mais pas à l'abri de la dégringolade. Ni de celle des rocs voyageurs.
Eric me rejoint tout en haut et je m'attaque à la réparation. Les ancrages originels sont démolis, je vais les utiliser pour stabiliser cet escalier en folie. Ce sera chose facile mais je suis sûre qu'à ma prochaine venue ici tout sera à refaire.
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| Ravie : c'est réparé ! |
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| Avec armes et bagages |
Alors en entre dans la vaste salle de musée en forme d'éventail.... Je ne l'ai jamais décrit dans ce blog
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| Et je vous assure que ça grimpe ! |
Imaginez un ravin que l'on remonte jusqu'à un étroit goulet (une cascade), occupé par 4 échelles dont une double. Le passage entre échelles et paroi est si étroit qu'il faut s'aplatir, voire se délester du sac que l'on monte à la corde. Les échelles sont si abimées par les chutes de pierres qu'elles sont branlantes et dangereuses, les échelons écrasés. Une fois arrivé en haut, le ravin s'élargit et s'ouvre en éventail dans une pente terrible où la progression est difficile. Cerné de falaises, se terminant par un mur rocheux et une très haute cascade, cet éventail vous isole du monde, des bruits et de la vie. Un instant suspendu!
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| Le décor dans lequel on va se loger |
Pourquoi suis je venue ici un jour de novembre ? Je supposais un ancien passage de "tire", terrestre ou aérien, je voulais le vérifier. Une lourde pièce de fonte confirma alors mon hypothèse. Je veux donc emmener ici Eric, tant pour la singularité du site, (jadis fréquenté par les chasseurs, d'où les échelles) que pour voir si la pièce unique du musée ne s'est pas enrichie. Et nous trouverons cinq fragments supplémentaires : il y avait bien ici passage de troncs d'arbres. Tout le ravin de Resclause fut une "tire" géante, roulant les fûts ou les expédiant dans les airs, franchissant sans doute les cascades par la voie des airs, un mystère que le ravin nous laisse deviner mais ne nous confirme pas vraiment.
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| Il peine et il est content |
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| Il attend depuis plus de 100 ans |
Avec Eric nous faisons une balade touristique dans ce coin vraiment particulier avant que de redescendre les échelles, d'une parfaite stabilité cette fois. Les sacs feront comme les troncs : par la voie des airs.
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| Pendant que je grimpe il m'attend |
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| Il y a deux façons de descendre. La 3 eme c'est sur la tête ? |
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| Une cascade |
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| Temps de pause. On cherchait à contourner la cascade...impossible |
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| Cette fois personne ne bronche côté alu Eric se sent très à l'aise à présent |
Fourbus, nous regagnons les véhicules, 9 km de terrain infâme dans les jambes, une bonne dose de fatigue dans tous les muscles mais de la satisfaction au fond des yeux : non on n'est pas venus pour rien dans ce musée à ciel ouvert où aucun gardien n'a surveillé nos allées et venues, où aucune interdiction n'a contré notre curiosité.
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| Mimétisme en chassé croisé; même site, ils sont voisins (à noter qu'en novembre les échelles étaient alignées) |
Mais où aucune certitude n'a pointé son nez et où toutes les hypothèses sont revenues intactes. Comme nous!
Alors ? Et bien, un jour peut être...Je crois que les archives d' Axat ont péri noyées alors....trouverons nous jamais réponse à nos questions ?
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| Décor toujours fascinant; je rêve d'aller là haut |







































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