mardi 10 décembre 2019

La tour à signaux de Cos, Le Tech, 66

Préambule : 
Une fois ne sera pas coutume je vais commencer par la carte : pour accéder à cette tour de Cos ou Montalé qu'aucun chemin de randonnée ne semble desservir j'avais étudié deux itinéraires possibles : vue aérienne et carte IGN (Géoportail) qui m'avaient bien renseignée, donc c'est confiante que j'arrivai sur site. Le temps était très beau, mais tout ruisselait d'humidité; le Vallespir est humide, boisé et les dernières violentes pluies avaient compliqué la situation.

Je dédie cet article à Christelle L qui m'a révélé l'existence de ce monument.

la Tour de Cos au sommet de ce roc
nommé le Mont Allen
Vue prise depuis la Tour de Cabrenç
Zoom depuis la grand'route, la D 115

 Car j'avais de la piste de terre à parcourir et la boue s'était invitée. Pas qu'elle d'ailleurs. La première piste (croix rouge sur carte) qui me permettait d'aborder la tour face sud est fermée, cadenassée, interdite. Bien! Je me rabats sur l'autre mais là je fais demi tour, la piste finit très défoncée. Je continue à pied pour me trouver face à un portail cadenassé, interdit, (croix bleue) décidément c'est un no woman's land que ce secteur ! Je rage, je persiste et les ronces finissent par avoir ma peau. Il est rare que je renonce .
En rouge, trajet initial prévu, en bleu autre trajet prévu

En jaune la voie normale

En descendant, un arrêt inopiné pour photographier la tour dévoile un départ de sentier de chasseurs, vertical et non balisé pour rando : idée à creuser!
Je pars donc faire du tourisme, fort agréable par ailleurs lorsque...en consultant ma carte, me vient  une idée que j'avais écartée: le col de la Rua ! Mais c'est là, bien sûr....

La balade :
Un portail quelque part sur la piste interdite (ben voyons !!) est ouvert alors j'y vais. Il est plus de 13 h et, au bout de la piste, les chasseurs annoncés par panneau sont là. Toutefois, la chasse est finie et ils me donnent même quelques indications précieuses ...dont celle concernant le sentier vu le matin, oui, il conduit à la tour à condition de quitter les marques bleues des chasseurs à un moment donné.
Sur la piste


























La plate forme des chasseurs
ne pas prendre le sentier qui monte tout droit mais à gauche, à plat
On trouve vite le balisage rouge et blanc
Vue prise vers le sud et la tour


Le sentier à son départ



En sous bois


Pour l'heure, dans un paysage envahi de buissons et broussailles j'emprunte le sentier des chasseurs, un passage bien tranché dans un mur de végétation que je suis allègrement, en pleine pente, en dévers mais en courbe de niveau. Soudain il tourne sec à hauteur de la source captée, je ne le vois pas et me perds un peu. Demi tour et je récupère le tracé qui prend pleine pente, le nez au sol, pas pour flairer la trace du gibier mais parce que ça grimpe vertical, style chasseur.


Dans la rude montée, décor surprenant
Il ne m'étonnerait pas que ce soit d'anciennes places charbonnières
Il y avait des forges au village de Ste Cécile de Cos ruiné début 19 eme S

le paysage du sous bois, façon crête, ainsi jusqu'à la tour


Balisage 
Le sentier entre dans la hêtraie et chênaie mêlées, mais est bien balisé, de façon originale : par du rouleau de chantier et ce, du début à la fin . Il n'y a plus qu'à...me voici en ligne de crêtes mais sous les arbres jusqu'au moment où une ouverture se dessine, un éboulis de pierres blanches mêlées de tessons encombre le flanc sommital et j'y suis. Sur le toit de la ruine mais quel belvédère !



Approche de la tour visible
aux éboulis de roche blanche

Le 1er point de vue et là on fait : "Waouhhh" !!
D'autant qu'on a sué pour le trouver cet accès !!

Le temps est estival, sans la moindre poussière de brume et la vue porte au maximum sur 360°: Tours de Cabrenç, massif du Canigou, la plaine et la mer,les Albères, etc...etc...je vois les Tours de Batère, Cabrenç, mais pas la tour del Mir. je vois des vallées creusées d'ombre et des chevelures rousses de chênes. Des mas disséminés dans les alentours.

En images...le panorama

Au sud, Cabrenç

Tour de Batère, vers l'est
Arles, la plaine et la mer à l'est

Serralongue au sud


Vers l'ouest le Costabonne

Gros plan sur le Costabonne, 2465 m

Nord ouest, vallée de la Comalada barrée par un verrou rocheux et Ribera de la Fou

Plan rapproché; en amont du verrou, St Guillen, étape de pèlerins
sur le chemin de St Jacques de Compostelle, en provenance de la vallée de la Têt
après avoir franchi les montagnes en fond
Je vois un vide impressionnant côté sud, à l'aplomb des hautes falaises.

Ce vide vertigineux vu de la D 115
 J'entends très loin crier des chasseurs. Et j'examine les vestiges de la tour. Il y a plusieurs niveaux, une plate forme 2 étages plus bas, une autre sur laquelle ouvre une porte béante  et sur mon niveau, à 1116 m , il manque les étages effondrés. Mais tout est en pierre blanche, une sorte de marbre comme celui de Céret, au grain très fin, lumineux, du gypse peut être. La tour devait être impressionnante, de ce blanc étincelant au soleil.
La configuration des lieux, l'emplacement des terrasses et la porte d'entrée me laissent à penser que l'accés ne se faisait pas plein nord (sentier actuel) mais plein sud, par la muraille; il devait y avoir un passage muletier fort escarpé; également la morphologie de la roche laisse à penser que ce martériau blanc que l'on ne trouve pas face nord provenait de quelque gisement face sud. Ce ne sont que des suppositions, il me faudrait lire le commandant Ratheau!

En images...la tour

La gardienne de la tour

Mur de soutènement

Base de la tour et porte d'entrée, plein sud

Détail de la roche


A l'aplomb du mur et en dessous l'accès depuis les terrasses




Mur de soutènement de la terrasse
On voit, en haut, l'arrondi de la tour



Quelques détails intéressants sur la tour et le mode de vie
Alors parlons de cette tour, construite au 11  eme siècle, qui figure dans le descriptif présenté en 1866 par le Commandant Ratheau pour le congrès d'Archéologie.
De forme ovale, elle avait un diamètre de 6.70 m dans sa plus grande dimension et des murs de 1.35 m d'épaisseur. Elle avait 2 étages et une "chemise de protection". Vu les lieux c'est certain qu'on ne pouvait y faire des fossés!

 Cependant l'ouvrage d'Annie de Pous, 1947, décrit l'organisation matérielle des lieux. 6 défenseurs accompagnés de 2 serviteurs partaient là haut pour deux mois. Dans leurs "bagages" il y avait 6 arbalètes à étrier, 6 crocs, 6 caisses de flêches ou carreaux pour arbalètes, 6 casques de fer , 6 cuirasses et 6 boucliers.

Côté approvisionnement,  on trouvait :
2 barils d'eau (1200 l) à raison de 4 l / homme /jour (pour 60 jours)
2 barils de 260 l de vin (1 quart de l /homme / jour)
1 baril de 240 l de vinaigre
6 aymines de farine de froment et de seigle, soit 6 fois 113 l donc 6.78 hectolitres de farine donnant 500 kg de pain, plus de 1 kg / homme /jour.
(L'ayminade était une mesure de surface (6000 m2) et la mesure de la semence pour cette surface était l'aymine). Evidemment ces chiffres sont éloquents et surprenants.

Bien sûr j'ai lu cela avant d'y aller mais captivée par le paysage je n'y pense presque pas, sinon que le site est vraiment exigu pour 8 hommes et d'encombrants bagages !
Plein zoom depuis la D 115 en contrebas, 2 km vol d'oiseau



Le retour
Il ne me reste plus, après avoir arpenté prudemment les terrasses qu'à regrimper sur la tour et refaire le chemin en sens inverse. Petite distance, 2 km et 40 minutes de descente.
Un peu de sang sur le sentier me fait redouter un animal blessé mais aucun bruit ne parvient des fourrés et c'est sans encombre que je rejoins ma voiture au grand soleil estival.

Les chasseurs ont refermé la porte

Premiers givres d'hiver
Derniers feux d''automne


 Sans imaginer que deux heures plus tard, la pluie venue d'on ne sait où battrait aux carreaux. Seul mon doigt me l'avait dit mais j'avais imaginé que, comme la tour de Cos, il avait perdu la tête !




En chiffres :
Aller, 2 km et 1 h de marche
Retour, 2 km et 40 mn de descente
Dénivelé : env 120 m
Route : 50 km retour


L'accès : topo
Sortie du village du Tech prendre à droite la route D74 a qui mène au hameau de la Llau.
Dans la Llau, à droite, prendre une petite route goudronnée qui mène au Col de la Rua (non indiqué).
Stationner au pk
Redescendre à pied sur la route 100m env et prendre le chemin conduisant à Villefort, panneau jaune abîmé.
Suivre ce chemin à plat sans s'occuper d'aucun embranchement sur la droite. Franchir le portail, un passage piétons est prévu.
On arrive ainsi au bout d'un peu plus de 1 km à une plate forme circulaire; ici on prend le sentier à gauche (on laisse celui en face) on verra de suite pendus aux arbres les repères rouge et blancs, le suivre jusqu'au terminus, la tour, environ 500 m. Et 1/2 h.





samedi 7 décembre 2019

Rando aérienne pour le Cinglegros (Lozère)

Ou "vol au dessous des nids de vautours"...
Dans cette belle vallée du Tarn, où la rivière coule entre d'étroites et hautes murailles calcaires, il y a un certain nombre de randonnées "aériennes" qui donnent lieu à de belles découvertes géographiques ou géologiques ainsi qu'à quelques acrobaties . Cette rivière de 380 km, née au Mont Lozère et affluent de la Garonne, doit son nom à des racines latines ou ligures signifiant falaises, ce qui n'est pas une usurpation ici !
J'affectionne particulièrement ce site lozérien où le Tarn coule dans des gorges. C'est vers la fin de ces dernières que je vais. La rivière entre dans une longue ligne droite mais cela n'ôte rien à la hauteur des parois : plus de 400 m.

Vallée du Tarn : à gauche, les falaises ensoleillées (photo prise l'après midi), mon lieu de rando
Rive gauche du Tarn

Il y a de la glace dans les flaques, il fait moins 3 quand je quitte le hameau (La Bourgarie alt 860 m), où j'ai dormi bien au chaud dans mon camion (moins 1°).
Le hameau dort : de toute façon il est presque vide d'habitants.
Un sentier commence par descendre et s'enfonce sous les roches sommitales, dans une forêt quasi verticale qui s'étage jusqu'à la rivière, 440 m plus bas.

Départ matinal, le sentier Martel et mes visiteurs
Je pars en sachant quelques éléments essentiels :je vais évoluer dans un paysage constamment boisé qui va me frustrer du paysage, je serai tout le temps dans l'ombre, donc dans le froid, l'humidité, voire le gel. Et enfin, conséquences à bien prendre en compte, ce sera glissant ; rochers, racines et feuilles mortes, autant d'éléments de patinoire. Comme il a beaucoup plu, faudra t'il y ajouter la boue ?
Je me dois d'être prudente, j'ai une lampe et une corde, au cas où. La lampe pour une éventuelle grotte!









Le relief est fait de plusieurs étages de falaises calcaires pâles ou ocres, de style dolomies, falaises lisses aux formes arrondies, creusées d'orifices où nichent les vautours; elles  sont parfois striées de noir, ce sont des chemins d'eau; après ces pluies, on la voit ruisseler.














J'évolue face à l'ouest donc dans l'ombre et immédiatement un vol de vautours vient contempler l'intruse colorée de rose. Ils sont en zone protégée et ne craignent pas l'humain, tout au long de ma rando je les aurai pour uniques compagnons, ce qui me vaudra de belles séances contemplation et faussera le temps de marche affiché au départ, mais je suis là pour ça : marcher et contempler.





En soi la balade peut paraître monotone et répétitive, voire un peu décevante lorsqu'on a déjà fait celle de la Jonte, époustouflante. Mais il faut dépasser ce point de vue émotionnel pour se repaître du point de vue paysager, la chute des feuilles lui rend un fier service. C'est donc la falaise en face, orientée plein est qui me donne un aperçu du décor dans lequel je marche. Car je ne vois pas grand chose "chez moi": des arbres et encore des arbres, des tapis de feuilles et des jardins de mousses, buis et fougères. Je devine les rochers qui me dominent et j'entrevois la plongée verticale de falaises splendides en dessous.
L'air est froid, je suis très peu vêtue, la marche réchauffe mon corps habitué.

Les corniches de la rive droite

Le décor sur mon sentier
Donc ma rando sera une longue marche de 10 km, moitié en dessous du dernier étage de falaises, moitié au pied du 1er étage de ces falaises par les sentiers Martel (comme au Verdon) et Gaupillat Je vais de surprises en surprises toutefois car mon regard acéré fouille le terrain. Ici un arbre aux formes étranges, ici un roc surprenant, là un point de vue ébouriffant; mais...les vautours seront le spectacle majeur  Ils sont silencieux, omniprésents, c'est un ballet sans fin. Les hautes falaises leur servent de perchoir et ces messieurs dames s'y réchauffent au soleil, font leur toilette dans de riches contorsions de cou et laissent le vent retrousser leurs plumes ensoleillées. Il est hors de question de les regarder en marchant car le sol est trop glissant et ils pourraient bien se voir offrir un bon petit déjeuner à mes dépens!


Dans tous leurs états


Je repère leurs nids et les débusque au zoom.





La Sablière (hameau) en bas
Aucune route n'y va





Le sentier Martel, assez en courbe de niveau oscille autour de 800 m et n'a pas de sévères déclivités. Mais il offre des belvédères aussi rares que remarquables. Je trouve le trajet long, par rapport à la rando en montagne tout est différent et les perceptions faussées. Connaissant la vallée et la route, j'ai mes repères tout au fond. Le hameau de la Sablière coupé du monde puisque accessible uniquement par wagonnet transbordeur, le village troglodyte de St Marcellin et cette maison isolée en bord de route que des ouvriers rénovent. Tout ça je l'ai parcouru hier soir, en bas, et observé avec minutie.




Relief ruiniforme hérissé de vautours

Un temps fort est la rencontre avec une arche remarquable, Baousse  del Biel (la bosse du vieux) qui ouvre sa fenêtre sur le Tarn, ses rives, ses eaux, sa route et...me fait rêver...Ah les arches et moi...
Le Tarn affiche des couleurs inimitables, m'envoie sa musique, c'est le seul "bruit" ici. Silence parfait quand il se tait. Si je ne suis pas envoûtée par le point de vue, je suis enchantée par l'atmosphère et la solitude.
L'arche de la Baousse del Biel

Vue du Tarn dans l'arche

J'hésite un instant à l'embranchement pour le hameau de Volcégur sur le plateau mais ne mélangeons pas tout. Et je fonce parce que j'ai lu quelque chose que je ne vois point venir : est ce sur le trajet délaissé, celui du bas ?
Quand soudain....je scrute, lis le panneau, ai un pincement d'angoisse, enfourne mes bâtons dans le sac et me lance ! A Dieu va !!Selon l'expression.
Le sentier Martel est arrivé aux échelles. Soit il continue soit il crochète à droite vers le Belvédère de Cinglegros (le Grand Cirque) crochetons donc !! Il s'agit du Pas des Trois fondus, le plus dangereux passage de tout le circuit. En effet, on descend confiant sauf que certains barreaux n'ont pas le même écartement et qu'un pas de crochets est plus long que mes "pattes", aïe le déséquilibre imprévu. Et ça glisse "sec".
A droite le belvédère de Cinglegros
Pour y accéder faut descendre au col et remonter, le tout par des échelles

Détails : en jaune une des échelles en gros plan photo de droite 

La descente musclée s'effectue par quelques crochets de grandes enjambées et 52 barreaux d'échelle jusqu'à un petit col où ça repart dans l'autre sens : 150 marches d'échelle, des marches de pierre et un passage fort étroit avant que d'arriver au sommet du belvédère où je dis "waouhhh!!" sans autre voix.
Le pas des Trois Fondus 


Un peu des 150 marches
























Vers l'amont, le Tarn, son cours rectiligne et ses falaises, vers l'aval, rien de nouveau et à mes pieds, la courbe du Tarn qui évite ce promontoire. En face, d'autres falaises au pied desquelles dort le village  troglodyte abandonné de St Marcellin, un joyau!
En images, depuis le belvédère



Vers l'amont (Les Vignes)  avec l'ombre du belvédère

Vers l'aval (Le Rozier)

En face :village troglodyte de St Marcellin

Détails
Eglise, cimetière, prieuré

Le Tarn rapide et le hameau de La Sablière
Hameau de la Sablière, juste en dessous de moi (zoom)

Il fait froid, je me couvre et déjeune en regardant les curieux du coin venus renifler l'ambiance, je veux dire les vautours. Pas facile de s'arracher du site.



Pourtant je redescends de mon nid d'aigle..euh de vautours et entame la boucle prévue par un couloir boisé "raidos" d'où jaillit un "Bonjour!!!"qui m'arrache un cri. L'unique alter égo du jour, un jeune randonneur à qui je donnerai l'envie du belvédère.

Le sentier du retour me dit-il est "encombré de végétation, magnifique et au pied des falaises". Le descriptif me suffit de toute façon on ne se perd pas ici. Je longe donc les falaises immenses, vertigineuses, par ce sentier Gaupillat. De éboulis montrent que...des fois...au cas où... et une grotte semi murée n'explique rien car à quoi pouvait elle servir ? Sinon  à un ermite...

Quelques hêtres dans ces bois 

Descente en couloir

Le relief particulier des corniches


Dans la grotte aménagée

Vue imprenable sur la vallée depuis le "trottoir" de la grotte




Un instant une sourde rumeur provient du coeur de la muraille verticale mais je connais le phénomène, rencontré au Verdon : c'est l'écho amplifié du Tarn qui semble faire une cascade intra muros.


Dans mon dos, 400 m de vide
Je m'émerveille de ce ennième vautour
Et pourtant, je perdrai le sentier, mais est ce possible ?? Et oui, des marques jaunes m'expédient dans une côte hallucinante, un couloir et je me retrouve, furieuse, sur le sentier du matin. En plus j'ai su de suite que je faisais erreur mais ne retrouve pas mon bout de carte. Ma colère se transforme, un sentier en sens inverse réserve des surprises et ce sera la Baousse del Biel qui en sera l'objet. Idée saugrenue : et si je montais sur son dos ? facile...je rencontre un énorme pin aussi contrefait et vieux que la Baousse, et il m'aide à escalader l'arche, je loge un doigt dans un crochet de rappel et me hisse à la force de ce doigt sur le dos voûté de cette arche de  47 m d'envergure, 27 m largeur intérieure et 25 m de haut. Accessible uniquement en rappel, elle permet ensuite la descente, principalement en rappel et désescalade de pente d'un ravin sec jusqu'au sentier inférieur, une expé musclée !
Sur son dos je ne vois rien de l'arche mais quel paysage ! Et quel ressenti....



La Baousse del Biel  
Sur le toit de l'arche en tenue d'été (il fait 6°)



Dans l'étonnant et vaste pin rampant sur l'arche

Le coeur du pin
La vue depuis le toit de l'arche

Je désescalade sans souci et reviens tranquillement toutefois, le fait d'avoir manqué la fin du sentier et son Pas de l'Arc me contrarie encore. Malgré ma fatigue je descends les 70 m de D- et  ce Pas de l'Arc est encore un cadeau ! Mais que c'est beau....A présent je peux rentrer, un peu  d'eau fraîche à la fontaine du Bout du Monde, un goutte à goutte emplissant la citerne de roche et les voix de la Bourgarie viennent à la rencontre du sentier.


Descente au Pas de l'Arc
La fontaine du Bout du Monde

La Bourgarie, détail


14 h 47, je pose mes bâtons au camion. Et je bois un bon café à l'eau du Bout du Monde, car je vais au Bout de la France. Tout à l'heure, j'ai le temps, je veux rouler de nuit pour profiter de mon séjour.

Un peu plus loin, je prends mon repas face au décor magnifiquement ensoleillé, irai faire une visite escarpée au château de Blanquefort, 11 eme Siècle avant que de prendre la route, 275 km de route de nuit m'attendent.

Souvenir....
Une balade aérienne non loin d'ici, Pâques 2018, dans les corniches de la Jonte, en un clic

En chiffres 
Distance 10 km
Temps d'absence : 6 h
Dénivelé cumulé estimé 400 m (peut être même pas)
Route 275 km


En rouge l'aller, en bleu le retour