vendredi 23 juin 2017

Le Roman Icaresque : chat-pître 10 et FIN

Mardi 13 juin 2017 :

" Voilà...Tout a une fin. Elle arrive de sa vigne et a creusé entre deux très vieux ceps une petite fosse peu profonde parce que la terre est sèche, dure et que la chaleur est trop forte. En ce jour de 13 juin 2017, ce n'est pas une tâche facile. Dans cette fosse Elle m'a couché, encore un peu souple j'étais...Elle m'a étendu de tout mon long, elle ne pouvait faire autrement. Elle m'a recouvert de feuilles  et de fleurs de son jardin, et a posé sur ma tête une rose rouge. Ensuite Elle a étendu un linge sur moi, l'a arrosé de fuel et m'a recouvert de terre.



Elle m'a juste dit Adieu et qu'Elle m'aimait. Cela je le savais déjà.Il fallait qu' Elle m'aime pour faire tout ce qu'Elle a fait pendant ces deux années !
Voilà...Moi Icare, je suis mort.
Désormais je vogue vers un ailleurs que personne ne connaît. Elle a posé sur ma tombe un rameau de vigne et une pierre blanche  tout juste ramenée de la montagne. Et du fuel encore pour qu'aucun animal ne vienne m'emporter.


Comme ça Elle va me garder encore, pour longtemps..
Ce qui m'est arrivé ? Quelle importance puisque j'ai emporté mon secret. Elle m'a bien examiné . Elle a dit : " Pas de plaie, pas de sang, pas de trace de souffrance. Il est serein comme si une crise cardiaque l'avait terrassé".
Et oui, c'est Romain qui m'a trouvé dans son jardin,au grand soleil, comme si je dormais.
Tous les jardins étaient mes jardins, toutes les maisons étaient mes maisons.
Moi, la Sale Bête qui était maudite partout et par tous, depuis qu'Elle m'avait adopté, j'étais le Roi du Quartier. La table était mise pour moi, même le lit parfois.
Quand ils ont su, ils y sont allés de leur petite larme.



Je suis le chat à l'oreille cassée
 Romain a dit :" Icare est décédé dans mon jardin" comme si j'étais un humain.
Delphine avait la larme a l'oeil, elle lui a confié que parfois je dormais avec elle.
Mauricette a dit :" C'est idiot mais j'ai pleuré"
Et d'autres aussi qui me regrettent.
Je m'étais fait adopter partout, malgré mon sale caractère . Mais on aimait mon regard vif et intelligent. faut dire que je savais y faire...
Pas content ...comme d'hab

Avec Elle aussi. Presque tous les matins j'y allais, au restaurant. Tous ses chats m'avaient adopté c'est pas comme ce crétin d' Edmond incapable de faire du mal à une mouche tant il a peur. Alors il crie, feule et se met tout le monde à dos. J'avais ma préférée dans cette maison : Nina. On jouait tous les deux dans la maison ou le jardin. S'apercevra t'elle de mon absence ? Comme c'est bête que je sois mort, j'aimais tant la vie...

Plutôt relax...avant ...vous voyez quoi

Et Elle ? Je lui criais toujours dessus depuis qu'Elle m'avait martyrisé (soigné qu'Elle dit) les oreilles. Elle a failli remettre ça avec ma patte qu'Elle inspectait malgré mes jurons. Elle voyait tout, une griffure, une maladie de peau. mais depuis le coup des oreilles...oui je sais j'étais pas courageux...mais qu'est ce qu'Elle m'aurait encore fait couper?

En général j'étais plutôt ça

Ce que j'aimais le plus ? Quand Elle pointait son doigt  sur mon nez. Je râlais mais je lui laissais poser le doigt sur le bout de mon nez et ensuite Elle me caressait la tête. Ces humains sont si bizarres.



Là où je m'éclatais c'était la nuit.

Accident de nuit, autrefois

Je me battais avec tout ce qui traînait. Je ne pouvais m'en empêcher. Aucun Humain ne réagissait à la tornade de hurlements. Tous savaient qu'on allait la voir débouler en chemise, pieds nus, comme une tornade, un piquet de vigne à la main. Alors l'ennemi fuyait, moi après lui. C'était un jeu.
J'adorais jouer, j'adorais la nuit, j'étais le Prince de la Nuit.



Maintenant, la nuit elle est dans mes yeux qui ne voient plus, mes oreilles qui n'entendent plus.
La nuit, c'est ce silence autour de ma tombe, avec parfois le vent dans les feuilles. Cela me fait  de la musique, celle là je l'entends.
Il y aura la pluie, le soleil, la vie, les oiseaux
Et moi je suis bien puni
J'aimais tant la vie...."


la première photo de moi, avril 2015
La dernière photo de moi, juin 2017



En archives, pour revoir "Les aventures d' Icare et la Tribu du Sujet":


Chat-pitre 1 : Icare et la Tribu du Sujet.  2 juin 2015
Chat-pitre 2 : Le Sixième élément : 3 janvier 2016
Chat-pitre 3 : Dur dur, une vie de chat..13 février 2016
Chat-pitre 4: de l'Amour 2 mars 2016
Chat-pitre 5 : Je te l'avais bien dit ! 12 mars 2016
Chat-pitre 6 : Le roman Icaresque  22 mars 2016
Chat-pitre 7 :Le Roman Icaresque 24 mars 2016
Chat-pitre 8 : Le Roman Icaresque 5 avril 2016
Chat -pitre 9 : Le Roman Icaresque 11 mai 2016






jeudi 15 juin 2017

Le pic de la Dona 2702 m par Mantet

Mantet
Mantet :  un village dont je ne gardais aucune mémoire tout en étant certaine d'y être allée voilà plus de 30 ans. Mantet, un bout du monde au bout duquel il n'y a plus de route ni de piste (ce qui est rare), à 12 km du plus proche village, Py et tout  au bout d'une route étroite et sinueuse. Mantet un village situé dans une réserve naturelle, où la poignée d'habitants vit sans doute de l'élevage, des chevaux et du tourisme. Mais un village joli, propre,où pas un fil électrique n'embroussaille le ciel. Un village où coulent une et même plusieurs rivières, d'où partent des vallées, des sentiers vers les cimes, les crêtes franco espagnoles à 7 km de là, enfin vers les grands espaces à 2500 m d'altitude.

Mantet à découvrir  et à y revenir, je piaffe déjà.

En guise de piaffements, ce sont plutôt des grattements qui ont perturbé ma nuit : sur la soixantaine de vaches qui ruminaient une seule a eu l'idée de se gratter sur mon camion. A 2 h du matin quand même ! Non mais....
C'est juste à 6 h 15 que je démarre du village. Tout est inversé à Mantet : le col est à 300 m au dessus, le parking du village est sur les toits et le départ des sentiers se fait après avoir franchi 100 m de dénivelé...négatif . A reprendre donc. Et surtout à regrimper quand j'aurai fini ma rando de 1400 m de dénivelé...du costaud.

Je démarre donc dans un village endormi, silencieux et je commence par me tromper. Endormie je loupe la passerelle, ce sera donc passage à gué pieds nus dans l'eau.
Pas grave je trace mon chemin dans la vallée de l' Alemany, le torrent local

Vallée de l' Alemany
Une jolie vallée occupée par des jasses ou prairies encore en service, dotées de ruines, de chemins creux, de murs et de terrasses. Je me laisse porter par l'ombre, le silence, la fraîcheur et la beauté. Les premiers genêts et rhododendrons sont sur la piste, l'hiver 2017 a tourné le dos . Les lointains dessinent des formes nues et des névés  paresseux. Bientôt j'y serai : 6.6 km et 3h.

Vallée de l' Alemany
vue de Mantet

Fleurs d'été
M'y voilà donc, dans les temps  donnés. Je n'ai rencontré personne sinon les fesses d'un isard pressé. Et les premières marmottes effarouchées. Le temps est magnifique, un pur bonheur.

Paysage de la vallée de l' Alemany (près du refuge)

Là où je vais : la Portella de Mantet 2412 m


Orri


Coma de la Dona et Pic de la Dona 2702 m

La neige est là, donnant naissance à des ruisseaux d'eau plus que fraîche.
Bien sûr la montée finale est rude mais je me sens bien et pour éviter la monotonie des km je choisis un thème de réflexion : cette fois ce sera l'amitié. Problème difficile s'il en est pour moi ! Alors entre mes 5 et mes 67 ans, le thème est vaste, je ne vois pas le temps passer. Mon enfance, mon adolescence défilent. Et puis mon présent s'attarde...les amis du moment, les amis perdus, les amies fâchées ou découragées par mon existence. C'est pas facile d'être différent...


J'arrive ainsi à la Portella de Mantet, 2412 m, 1000 m de dénivelé et les 3 h de marche au compteur. sans trop souffrir d'essoufflement . Les thèmes que je m'impose ont pour but  de chasser le stress. Oui je stresse d'avoir un malaise !!(A cause de ce coeur mal équarri...)
Pourtant j'ai une pêche d'enfer !!
A la Portella : côté français

La Porteille de Mantet est nue, pelée, loin de ces verdures et fleurs ariégeoises mais elle ouvre juste sur la station de ski de Vallter et ses sommets mythiques. C'est beau et ça se peuple. Les catalans randonnent, la Porteille est très près de Vallter et les français paressent.
A la Portella côté Catalan (Espagne)

Roches blanches (quartz laiteux)



De là le sentier qui monte au Pic de la Dona 2712 m est une formalité , pentue certes, rocheuse à souhait, pâle et crue, sur 290m de dénivelé que je boucle en moins d'une heure...pieds nus, c'est pour cela que je vais vite. Mon pied droit me fait tant souffrir (et ce depuis des années) qu'il brûle, durcit et se tétanise. Alors que nu il est heureux. Un pied naturiste ! Allons donc !!
Je me rechausse à l'arrivée il y a trop de monde.


"Vis ta vie comme si tu gravissais une montagne"
dit l'épitaphe  à Xevi, jeune mort

Au sommet au milieu des fleurs (avant sommet)

En l'air aussi il y a du monde qui me plait moins : des nuées orageuses courent vers la France . Et j'ai un projet! Pas fou mais hors sentier pendant un moment alors il me faut voir clair et loin !

Je prends un repas rapide et je file suivie par trois catalans  qui font route commune avec moi; ils se rendent au Pic de Serra Gallinera mais n'ont pas de carte. On marche ensemble, je les quitte avant le Pic et puis me ravise, prends une autre route et y arrive en même temps qu'eux. Rien de spécial sur ce Pic c'est juste pour en rajouter un à ma liste !



Enfin je trace seule mon chemin sur l'altiplano Bolivien. Le désert absolu...Avec vues sur les deux Catalognes et leurs sommets

Au centre le Bastiments ou Géant : 2881 m
où je suis souvent montée en hiver


Sur l'altiplano


Jardin du ciel
Oui cette région des Pyrénées Catalanes a une particularité : elle a des hauts plateaux  semblables à ceux de la Cordillère des Andes l'altitude en moins. Entre 2500 et 2600 m . C'est plat, nu, aride, pelé, battu des vents et émaillé de jolies gentianes acaules, juste des gouttes d'eau céleste.

Chemins sur l'altiplano (chemins de bétail)
Une série de "comas" soit des vallées se terminant par une cuvette arrondie et ardue ouvrent sur ce plateau, surlignées d'un névé. Je brûle d'envie d'en prendre une et de descendre tout droit mais j'ai peur de trouver un terrain trop dur : ma rando sera déjà longue, je l'évalue à 19 km, mon pied rage et proteste.
Une Coma
On s'en tiendra aux sentiers battus. Je bats seule la semelle sur une esquisse de chemin  avant que de filer en courbes de niveau vers le Col del Pal, lieu de passage de mon chemin de retour, le GR 10.





Pic de Serra Gallinera 2663 et plongée dans la Coma de Bassibès

Couloirs















Col del Pal : la verdure réapparaît


Passage délicat sur le GR 10: un vrai tobbogan
Col del Pal en fond
 Faut être stupide ! Quand on se croit bien à l'abri sur l'autoroute de la montagne (le GR 10) où même un âne ne se perdrait pas, j'en profite pour ...m'égarer !



Demi tour et me revoilà sur les rails, pestant pour cet intempestif dénivelé ! Je ne le lâche plus . La forêt est saupoudrée de névés au goût de sève de pins et soudain sans prévenir le sentier se jette dans la pente raide comme une cascade . Là c'est franchement dur ! En descente! Mais je n'aimerais pas le monter...quoique...Enfin j'atteins le sentier du matin, dans la vallée, je me déchausse, me délasse, me hisse sur un gros rocher en quelques "pas d'escalade" et rencontre les premiers français.





Avant la plongée dans la vallée (de l' Allemany)

Après la plongée : repos
sur mon rocher perchée


Ensuite je redescends tranquillement vers Mantet, au gré des prairies, du chemin clos, des chevaux et leur odeur, du chant de l'eau et des insectes.
Festin d'insecte
Mantet en fond

 Le village semble venir à moi, propre et gentil. Faux ami : il va me falloir grimper les 93 m jusqu'au parking, les pires du trajet, assurément. Je baigne mes douleurs et ma fatigue dans l'eau froide du Ressec avant que de traîner mes pieds jusqu'au parking écrasé de soleil.
Mes prévisions sont bonnes ; 19 km et un peu plus de 1400 m de dénivelé , une des grosses randos de ma vie, la seconde sur la liste.
Je ne suis pas mécontente de moi.
Je peux m'accorder du repos, de la détente et je décide même de ne pas repartir.

"Je viens du Sud et par tous les chemins j'y reviens..."
Vallée de l' Allemany


En chiffres : 
Dénivelé : plus de 1400 m
Distance : un peu plus de 19 km


jeudi 8 juin 2017

De la lumière à tous les étages : la Serra de Vingrau (2 eme)

Je n'ai pas attendu une semaine et quoi de tel qu'un jour d'ascension pour aller  "ascensionner" les étages de la Serra de Vingrau. D'autant que la lumière promettait d'être fort belle. Pas de bagages inutiles dans mon sac à dos mais près de 3 l de breuvage, c'est un vrai pays de la Soif.
Grand Canyon ? Non Serra de Vingrau
(au fond Tautavel)

 Je démarre pourtant dans l'ombre fraîche de la Combe, je vais suivre une vallée sèche au 1er étage, le but étant de grimper ensuite sur le toit avant que de revenir par le sentier sur le toit (précédent article).
Sentier  dans les buissons

J'espère bien, pour ce faire, trouver une "cheminée" soit un couloir adéquat histoire de grimper un peu en éboulis. Finalement ce ne sera pas par le toit que je reviendrai mais je ne le sais pas encore. Tout comme dans ma vie je laisse grande part à l'improvisation.
Donc me voilà dans l'ombre froide de ce petit matin sur un sentier qui se cabre, en longeant la falaise, en une sérieuse prise de dénivelé.  Cela sent le vaste plateau Castillan, quand la chaleur n'écrase pas encore les parfums des végétaux, les obligeant à se replier  sur eux mêmes et à enfermer leurs parfums.  Les végétaux respirent, et moi avec eux. le Silence. Un lointain jappement, des chants d'oiseaux, le vol pressé d'un insecte sont mes compagnons de route.

Originalité

Le soleil darde ses rayons dans la vallée, je suis à faible altitude et c'est grandiose comme à la montagne.
Vingrau : les vingt marches.
Le Pas de l'Escale : le passage de l'échelle.

Dans mon dos, paysage viticole de Vingrau
Souvenirs du temps d'avant la route où le passage de cette montagne était escarpé.


J'avance, toujours au 1er étage,  dans un univers végétal agressif qui griffe mes jambes nues; le sentier est souvent un sillon creusé par l'eau et bordé de murailles végétales. La vallée sèche est barrée de murettes qui parlent du temps où tout était cultivé ici. Il n'était pas une pente, pas une colline, pas une combe où n'étaient exploités quelques arpents de terre ingrate. Les photos aériennes sont saisissantes, elles montrent cette vie disparue, que l'on ne peut plus lire sur le terrain. Ainsi le toit de l'autre jour n'était qu'une succession de parcelles entourées de cailloux!

Une cabane qui s'apparente à un refuge n'est autre, je pense, qu'un témoin désuet de cette époque révolue.
La cabane
J'avance dans l'ombre pendant deux heures, le soleil se cache derrière les hautes falaises dont la raideur, le relief, les creux et failles sont très impressionnants. Falaises d'escalade, gorges miniatures, tours et arches font de cet étage un saisissant paysage. Le tout dans la plus parfaite solitude.
L'arche dans le site d' escalade du Petit Dru

Oui j'ai envie d'y aller !


Elles viennent à moi, à gauche, à droite, partout


Soudain je rencontre le soleil et tout de suite cette grande lumière allume cette steppe, dissipe les parfums de nuit et fait briller les fleurs. Des fleurs bleues se mettent par deux sur mon passage, j'ai juste à leur présenter mes "godillots" et l'illusion est parfaite.

Jusque sur mes pieds (illusion d'optique elles sont sur leur tige)

Ce faisant, entre falaises et fleurs , j'arrive devant un couloir qui me plait , alors je bifurque et, en quelques minutes je me juche sur le toit où je prends le temps de m'asseoir, les jambes pendantes. Que je suis bien !

Le couloir vu d'en bas (pente écrasée)
La montée est facile mais ça glisse tout le temps 

Le couloir vu d'en haut et le sentier d'où je viens



C'est là que je décide de changer de cap et au lieu de revenir vers l'ouest, je file plein est toujours sur le toit pour continuer le périple du dimanche précédent. Une idée m'est venue, un peu folle...le parcours sera long, escarpé, désert et solitaire (pour changer ? euh...) et surtout me ramènera au rez de chaussée, reste à trouver le passage . J'ai une carte mais les sentiers n'y sont pas indiqués. Je n'ai plus qu'à lire le paysage . Et trouver le passage.
Entre deux étages , la combe que je viens de parcourir

Ligne de crête
Côté mer et étangs  avec la forteresse naturelle du château d' Opoul

le sentier sur le toit




Pendant longtemps je vais longer la crête, bifurquant tantôt côté sud tantôt côté nord, mon préféré car plus frais. Côté sud c'est la fournaise, l'incandescence. parfois inquiétante car je perds du dénivelé, m'éloigne de la cime mais les marques jaunes sont toujours là.


Parcours sur la faîtière En dessous, la vallée d'où je viens

Un parcours musclé

et surchauffé (face sud)

La vallée que j'ai parcourue, entre deux étages , vue depuis le "toit"

Morte de soif


En dessous les crêtes que je vais rejoindre

Je vais devoir rejoindre ce mas Llensau en ruines (au zoom)

Passage d'un col

Je commence à en avoir sérieusement assez de cette incertitude colorée de jaune rassurant quand, soudain, à la désescalade d'un tronçon escarpé, je me trouve quasi nez à nez avec un groupe de chevaux. Et leurs cavaliers. Ils viennent de franchir le col que je cherche et ont un passage difficile bien négocié par des bêtes confiantes. Je n'en perds pas un instant. Ravie de voir de la vie, ravie de voir cette agilité.
Le col que je cherchais et que franchissent les chevaux
Près du Trau del cavall


Altitude 427 m, zénitude
Alors je consens à me poser. Pas n'importe où ! Je grimpe un rocher, je m'installe sur une petite plate forme au dessus du vide, le vent frais venu du nord puis de la mer me balaie, je m'attarde. Soudain j'ai la journée devant moi...la vie même devant moi...IL me semble que je pourrais passer des jours et des nuits (euh, dangereuses) , perchée sur ce rocher. Des insectes pressés, des oiseaux et des corbeaux sont mes compagnons.

Le rocher que je n'ai pas cherché à gravir
Il y a sans doute un accès par la crête


A gauche mon perchoir, à droite celui que je n'ai pas essayé de gravir
Au milieu le passage pour le retour
Quand j'amorce le retour, l'heure chaude bat son plein. je vais faire, en rez de chaussée, le plein de  km, de chaleur, de lumière et d'asphalte. L' horreur du randonneur.


Un long très long retour, avec des surprises : un énorme serpent vert, une belle faucille crantée trouvée et un dessert de cerises...oui ! Dérobées !! Rouges et  jaunes mais un dessert d'autant plus apprécié dans ce désert.

le mas Llensou



Détail à l'intérieur

La Serra vue du rez de chaussée en pente est une muraille crantée et régulière,

difficile d'accès car précédée par une infâme broussaille, anciennes vignes où l'on devine le pied mère et les racines noueuses, alternant avec des fruitiers. Ce paysage occupé dans les années 60 par une agriculture bien portante est un mouroir. Des sentiers indiquent les accès des grimpeurs. Je marche d'un pas cadencé ma bouteille à la main. Que ma voiture est loin.



Paysage d'aujourd'hui : vignes en ruines

Unique survivance du paysage d'autrefois



Je la rejoindrai enfin, après un bain de mes pieds douloureux dans le ruisseau, la traversée de Vingrau et la montée de  la côte jusqu'à l'auto alors que j'ai vidé quasi mes 3 l d'eau. Que d'eau....

Et tout au bout mon kangoo ensoleillé
la boucle est bouclée
12 km