vendredi 28 février 2014

O vinho verde

Hier, j'ai acheté une bouteille de "vinho verde português".



C'est un vin typiquement portugais, appelé vin vert, non à cause de sa couleur car il existe en blanc, rouge ou rosé, mais à cause de la maturité des raisins nécessaires à sa fabrication.
Ce produit provient d'une région spécifique du nord du Portugal, région du Minho ou de la basse vallée du Douro. Soit la vallée du fleuve qui passe à Porto.

Ces vins utilisent des cépages que je ne connais pas (Arinto, Azal, Trajadura etc...) et produisent un vin léger, fruité, peu alcoolisé ( 9°), pétillant, qui se marie avec les poissons notamment, pour les blancs.
Il se boit très frais, aux environs de 8° de température.

Ma préférence.

J'ai connu ce vin il y a longtemps, lors de plusieurs voyages au Portugal et il m'a immédiatement séduite par sa légèreté, sa fraîcheur, son parfum.
Avant de vous présenter les vins je vous emmène dans les "vignes".
Quelques images d'archives personnelles (papier) des années 1990.
Ces images ont été prises dans la basse vallée du Douro. Cette même vallée qui est le berceau du célèbre vin Porto.

Les vignes de vin vert ne ressemblent en rien à une classique vigne; ici c'est le Douro, mais dans le Minho, c'est pareil.
Les vignes sont en petites terrasses, cultivées en pergolas, on les récolte comme des arbres avec une échelle, elles forment de jolies tonnelles qui utilisent le moindre recoin de terrain, dans un fouillis de verdure, de maisons et de fleurs.

La finca, les vignes et le bougainvillée
Région du vin vert, basse vallée du Douro


Plus en amont dans la vallée, le royaume des vins doux naturels de Porto


Vallée du Douro et vignes en terrasse




Vignes en terrasses et coteaux


 A présent allons voir de près ce vin vert.

Celui-ci se nomme "Gatao", le grand chat.










Etiquette

Il existe d'autres marques, "Lagosta" (langouste), Casal Garcia, Tres Marias etc...très souvent dans de jolies bouteilles bleues pour les blancs , ma préférence.


La constante, c'est ce vin léger, couleur paille et plein de bulles qui pétillent discrètement.
Bulles en fête






















Alors, comme elles voulaient faire la fête, ces bulles vaporeuses, nous l'avons faite ensemble, dans la joie, la lumière, la couleur de ma lampe vitrail (clic) mais sans l'ivresse : pensez ! 9 degrés!










Enfin, sur le verre je me suis penchée, avant que de le déguster....









jeudi 27 février 2014

Douce amère

Selon la couleur de ses fleurs, l'amandier donne des amandes douces ou amères.

Blanches : amandes douces....





Roses : amandes amères.























lundi 24 février 2014

La perfection du silence

J'ai goûté à quelque chose de rare : le silence le plus pur.
Celui qu'on rencontre rarement.
C'était là haut, tout près du ciel.


Bien après que tout humain se soit évaporé.


Tout là haut, dans un paysage en rondeurs moelleuses.










Là où flottaient les lointaines montagnes espagnoles.


Et où scintillaient les sommets les plus hauts.


Alors là, en haut d'un monde, j'ai goûté au plus pur des silences.
Celui qu'on ne perçoit jamais.
C'est le silence parfait que ne trouble ni une voix, ni un souffle de vent, ni un chant d'oiseau, ni un crissement, ni le battement d'ailes d'un insecte, ni le chant de l'eau, ni un moteur, ni même le glissement de mon crayon qui cesse soudain de dessiner. Rien d'autre que le sang qui bat dans mes veines.
Le silence des 2800 m, intense et éphémère.



Un peu plus haut près du ciel, je retrouve le bruit, le monde, la vie. Est ce vraiment la vie ?





Altitude 2883

jeudi 20 février 2014

Comme un soir d' avril

Il y a dans l'air ce soir une telle douceur, une telle harmonie que cela fait goûter au printemps.
Le printemps il est au coin de ma rue, tout paré de mauve.
Je vous laisse déguster...

















C'est la première étape
Puis la seconde étape









Même mon Blizzard qui est admiratif....





mercredi 19 février 2014

La neige et le fer

La montagne mythique des Catalans, c'est le Massif du Canigou qui, de la plaine, domine majestueusement du haut de ses plus 2000 (2784 m pour le Pic du Canigou).
Depuis la périphérie de mon village, avec son avant goût de printemps, en ce lundi 17 février, la neige tombée hier habille le Monarque.

En rouge, mon lieu d'expédition

Ce massif a une particularité, il est empli de fer, mais un fer très pur,  exploité depuis l'époque romaine jusqu'au XX ème siècle, un fer qui rend les orages particulièrement violents et qui a conduit à l'accident bon nombre d'avions en ce XXème siècle, avant l'arrivée de fiables instruments de navigation.
De nos jours, le Canigou reste silencieux, tourné vers les sports de montagne, randos d'hiver et d'été.

Je vais en ce lundi d'éclaircie météo faire un petit parcours fort sympathique.
Tel que je peux le reconnaître depuis mon lieu de vie (photo ci-dessus).

Il me faut parcourir 45 km de route et le dernier village est Corsavy, à 777 m d'altitude. Surplombé par une des nombreuses tours à signaux du département qui, par un système sophistiqué de feux, permettaient de communiquer d'un bout à l'autre du département en cas d'attaque, aux 13ème et 14 ème siècles surtout.

La neige tombée la veille caresse les prairies du village et les montagnes environnantes.



Je roule sur une route au milieu des arbres givrés et glacés qui pleurent leurs cristaux sur la carrosserie avec des bruits cristallins. Etonnantes perles.


Enfin j'arrive aux contrées où personne n'est passé, j'affronte la route blanche sans équipements spéciaux mais tout va bien et je pose enfin mes roues que je troque contre la tenue de sport.







Sur cette photo, on voit la roche des bas côtés très ferrique, avec ses teintes de feu et sa rouille.








J'entame la montée à pied vers les bâtiments désaffectés de la mine de Batère.
La mine vit le jour en l'an 200 avant JC mais connut sa période d'expansion avec la révolution industrielle et la naissance des hauts fourneaux au 19 ème  siècle. Cette exploitation fut complétée en 1900 par une ligne aérienne de wagonnets sur 9 km de distance vers les hauts fourneaux d' Arles sur Tech.

Pylônes en bois d'abord

Métalliques ensuite


Traitement à Arles s/Tech
La mine de Batère connut sa décadence en 1939, puis réouvrit avant que de fermer définitivement en 1987.
La ligne de wagonnets et le terminal de réception n'existent plus.




Il existait alors un véritable village de mineurs, en ruines depuis (dommage pour le patrimoine), dont un seul bâtiment est transformé en gîte. Nous sommes à 1400 m d'altitude.

Cette petite page d'histoire tournée, allons donc prendre un grand bain blanc.

La forêt vit et soupire au rythme de la neige qui tombe en poussières étincelantes dans un froissement soyeux ou s'abat sourdement en paquets poussiéreux.





Seuls des chants d'oiseaux de printemps troublent ce soyeux silence; un paysage irréel avec ces bâtiments fantomatiques, ces arbres d'où glisse une pluie d'argent et cette neige comme un tapis de haute laine.

Puis la forêt cède le pas à la blancheur éblouissante et nue.

Un regard vers la plaine et la mer, derrière la tour -à signaux - de Batère qui a perdu un étage au fil des ans.


Un regard vers les cimes que le brouillard caresse.




Personne n'est passé par là ce matin, la neige est vierge de traces et la poudreuse un peu trop...poudreuse : mes raquettes s'enfoncent et rendent les pas lourds. Fatigue assurée.






Personne ? Un chien solitaire, sans accompagnant, a suivi le sentier , un GR, tranquillement, à foulées égales. On suivra la même voie sans jamais se rencontrer.
Mais que fait donc cet animal solitaire en ce lieu désert ?


Mes traces suivent celles du chien, en corniche, dans la poudreuse souple et légère.
 Et me voici parvenue au Col de la Cirère (de la cerise), où je troque tee shirt contre anorak et où le brouillard joue à cache cache avec les arbres et le soleil dans une sarabande muette mais endiablée.


Je pensais en faire mon terminus mais l'appel des blancs espaces, le silence, la beauté sont autant d'invitations au voyage. Alors en route, toujours plus haut...

D'ailleurs, comme par magie le brouillard s'enfuit et révèle le pic de Galinasse (2461m) , d'un blanc de velours.


Mon coup de coeur végétal

Pic St Pierre 1791 m
Col del Pey  1718m et Pic de l'Estelle 1778 m





















Du petit col, je vais tracer tout droit en descente, sans aller au Pic de l' Estelle; une descente en poudreuse de 400m, en courant presque; je soulève de l'écume de neige et des boulettes, avalanches miniatures, me précèdent en grossissant, grossissant, dans un froissement de tissu.

Il va sans dire que je me régale.





Et puis, il y a cette vue époustouflante sur la plaine, la mer, et dans ce paysage, quelque part, minuscule, se trouve mon village d'où je me plais tant à photographier ce massif où je suis. L'envers du décor, en quelque sorte.





1393 m






Je retrouve la piste au terme de cette cavalcade au Col de la Descarga, confluent des "pistes du fer" en provenance de Batère et de sa "soeur" La Pinouse.
 La montagne environnante porte des vestiges du temps de la mine : galeries, remblais, bâtiments, etc..

Qui finissent leur vie au soleil.


Quant à moi, je retrouve ma voiture dans un paysage différent : c'est le dégel à grands murmures d'eau.
Dans quelques jours la neige ne sera plus qu'un lointain souvenir. D'ailleurs, ici, elle devient de plus en plus rare.