dimanche 28 août 2016

Tout au bout de la crête...le Boc

Un si bel écrin : la vallée de Planès. Tour d' Eyne au fond.
Depuis un moment déjà j'avais en tête un projet original et j'ai réalisé mon souhait,
 aller poser mes pieds (et mes mains) sur ce projet. 
Un projet pas facile mais que je savais à présent réalisable.
Gagner le Roc del Boc, 2774 m, tout au bout de la longue crête de roche du Malaza.

Le Massif du Malaza

 Ce sont deux personnages de roche : le Malaza est un massif de 1 km de long, 400 m de haut, entaillé de couloirs d'alpinisme accidentés où ne se pratique que ce sport d'hiver et de printemps : l'alpinisme en piolets et crampons sur des cascades de glace.. Un des couloirs au nom appétissant de spaghetti sert d'entraînement à la CRS 58. Cette montagne fière est striée de rides sur sa face ouest; elle  est en pente ardue mais faite de terre et d'herbe sur sa face est.
face ouest du Malaza

Face est, un sentier qui n'a de sentier que le nom est une voie de délestage pour qui n'ose la balade en crête ou, à certains passages, doit pratiquer l'évitement.

Face est du Malaza (et pics de Raco)

Le seul moyen de parvenir au Roc del Boc en n'ayant pas les capacités d'escalade est celui ci, qui oscille entre équilibriste, funambule et danseur des cimes.
Sinon le Roc del Boc (2774 m) est accessible par escalade, en une paroi verticale nommée joliment le "violoncelle".
Je m'étais essayée l'an passé à ce parcours qui était une première du genre pour moi, afin de tester mes capacités : essai concluant.
Me voici donc, depuis mon retour des 3014 m, avec cette idée en tête, aller me promener en crête.

L'expérience de l'an passé me fait ajuster le tir, c'est une randonnée courte mais très longue en temps, très physique, donc c'est du temps qu'il faut gagner.
Je pars la veille au soir dans mon "bivouac" de substitution, le land rover somptueusement aménagé pour la circonstance, ainsi je gagne 2 heures de route. Je peux aller au bout de la piste forestière abîmée, je gagne une heure de marche. Le temps, là haut, c'est de l'argent. Le silence y sera d'or.
Et la nuit magique sous les millions d'étoiles que je contemple de mon lit, du cobalt émaillé de diamants


Belles étoiles pour ciel de lit : Planès
Au petit matin, j'embarque un passager, Juan, catalan, qui ne peut faire la piste avec sa voiture; ainsi j'aurai un compagnon de rando un moment.

Jusqu'à ce que nos routes divergent, lui c'est la vallée et la Tour d'Eyne, moi c'est les crêtes et le Roc, juste en face, on risque de se revoir de part et d'autre de la Conque.


D'abord, un peu de carburant, les festivités en ont besoin : le troupeau de vaches vient assister en entier à mon pt'it dej' , à 2000 m, et les veaux minuscules, nouveaux nés, gambadent sous l'oeil indulgent des mères au spectacle : une humaine assise sur un rocher en train de ruminer. Mystères de la nature bovine....et humaine...

Le couloir, pente écrasée par la photo (au retour)

Je salue les vaches, et quitte leur plancher pour attaquer le seul chemin possible, un couloir de ravinement pentu à 35° / 40 ° qui va me mener en 800 m à la côte 2600. Dénivelé 600 m, en un peu plus d'une heure. Un dévoreur d'énergie dont on ne voit jamais la fin. J'aime ce type de terrain et de prise rapide de dénivelé, depuis l'an passé je mesure mes progrès, pas en vitesse mais en assurance.
L'ombre continue à m'envelopper et le silence, ponctué des clarines du troupeau déjà minuscule. Le soleil m'habille soudain d'une chaleureuse lumière et j'émerge sur la cime du Serrat de las Esques, les jambes usées par la dernière partie de la montée, interminable et raide.






La montée : photo rajoutée ultérieurement
cliché du 16 octobre 2016

Me voici au départ de ce pourquoi je suis venue: 1,03 km de cailloux ...et retour....
Tout est silence. Un isard solitaire et courageux, s'est enfui, le diable aux trousses.

Je vais par delà l'éperon tout au bout là bas: le décor est planté pour plus d'1 km. Vers l'amont

La chanson du torrent de la vallée de la Ribérole arrive à moi et je me sens bien, en pleine forme pour ce parcours inhabituel.
Je mets le casque , seule précaution sans doute inutile : aucun caillou ne peut me tomber sur la tête...mais je peux tomber tête la première sur un caillou. Et je dois faire les vendanges dans peu de jours, j'aurai donc besoin de ma tête. Aussi.
Et puis c'est LA rencontre fascinante : à mes pieds , mon regard est attiré par une splendide vipère aspic, sinueuse et immobile. Le temps de dégainer l'appareil photo elle s'enroule sous une pierre. Je n'ai pas peur, ma phobie des serpents a disparu récemment , mais je devrai redoubler de prudence pendant le trajet car je vais  aussi marcher avec ...les mains. Mon aspi venin me rassure à peine.

Pour sourire, mais quelquefois ce fut pire et pour de vrai
 Tout en marchant je suis à l'écoute de mes sensations dans ce milieu peu habituel et que j'aime tant : la roche.
Je souris en pensant à mon exaltation enfantine de l'an passé (clic) mais je me morigène : il ne faut pas ôter à une première fois ce qui en fit le charme, l'instant magique et exceptionnel, cette première fois dont on garde mémoire toute la vie, quel qu'en soit le domaine sauf, hélas, l'instant des premiers pas. Dommage d'avoir oublié cet instant là...



 J'ai de l'aisance, je mesure les progrès accomplis en un an, c'est toujours intéressant de refaire un parcours pour voir ses progrès (ou non). J'ai gardé cet émerveillement qui m'habita l'an passé , je le cultive en marchant, je pense à toutes ces connaissances de mon âge dotées qui d'une infirmité, qui d'une maladie ou de prothèses, qui de douleurs , et qui ont  du mal à parcourir l'allée pavée de cailloux inégaux de mon jardin.
Et moi, j'ai la chance ineffable d'évoluer sur une allée étrangement pavée, en désordre, en dalles, en blocs, en jeux de cartes, en fausses marches, en éperons, en mille feuilles, d'une largeur allant de près de 2 mètres à quelques dizaines de centimètres, une allée avec un vide de 500 m d'un côté, abrupt, déchiqueté, éboulé, saigné, lacéré, et un vide de 700 m de l'autre côté, lisse, doux, fait d'herbe et de terre, mais si pentu que c'est roulé boulé garanti. J'ai cette chance-là.


Relief et physionomie du parcours; vers l'aval



Le décor est fantastique.

Pics des Raco, Pic Rodo, vallée de la Riberole, versant est


Ombre portée sur le couloir du "spaghetti"


Versant ouest du Malaza

variations sur la crête

                                                                                         
Là aussi  et c'est joli, on dirait que 
je suis à la fenêtre
Progression facile








Quelques rares passages , cette fois, m'obligeront à dévier de l'arête. Autant que possible, à l'aller comme au retour, pour mieux savourer  et peaufiner mon plaisir de la roche, je contournerai par le versant de pierre plutôt que par le versant de terre, par le côté ombre froide et dure que par le côté soleil incandescent . Pourquoi ? Pour tester mes capacités. Dans ces moments là, c'est de l'escalade facile, Mains et pieds participent : chercher une prise, répartir les forces sur les appuis et gagner du terrain, soit en escalade soit en son contraire, un vrai plaisir.
Je ne pense pas à ce qui est au dessous, (ou n'est pas), je ne connais ni l'angoisse du vide ni le vertige. je suis comme en mon jardin, j'ai cette chance.






Je prends le temps de pourvoir mon corps en carburant : la progression est très énergivore et, on le sait, la concentration aussi. Je prends le temps de regarder. Surtout d'admirer et d'écouter, Je prends le temps de vivre au maximum mes sensations. Plus que dans la montagne je suis dans mon élément. Ce même plaisir qu'aux pics de Comalesbianas, d'où ma présence ici...J'ai peut être l'enthousiasme facile et puéril, j'ai l'enthousiasme de celle qui savoure ce à côté de quoi elle est passée toute sa vie.
Je suis en mode rattrapage.....



La brèche en U
J'ai dépassé largement mon parcours de l'an passé : la brèche en U que je désescalade ne perd pas de son mystère: il me poursuit encore et je cherche en vain. Pourquoi cette brèche avec ses minerais qui semble avoir été taillée de toutes pièces par l'homme : à 2700 m d'altitude , avec ses teintes fauves, jaunes et vertes ?





Minerai de cuivre en affleurements ? 
Teintes fauves de la brèche


A un certain moment du parcours, l'éperon est si pentu, si étroit, si dur que j'ai une pointe d'angoisse.

Là je passe pas ! Et je ne contourne pas à droite !
Evitement sur la gauche par un sentier d'isards (et d'humains)


Cette fois je contourne, par force, côté soleil,



 2774 m


Je fournis un dernier gros effort et soudain le sommet est là, à deux pas, désert, noyé de lumière, dardant ses éperons métalliques et son drapeau déchiqueté ! 

Terminus mais personne ne descend!





 Sur mon promontoire perchée, je vais tourner comme un derviche, le paysage est grandiose.
Quelques vues du panorama, en silence, en couleur, en relief et en majesté: silence je tourne !

Vallée de Planès, vers l'aval

La sierra del Cadi, Catalogne


Les pics vers l' Est : Raco, Rodo et autres: vallée de la Riberole


Face au sud : La Conca à droite, la Tour d' Eyne en face, le Pic d' Eyne,
 la coma d'Infern (gauche de la croix)



Conca (coquille) et son verrou glaciaire en 2nd plan et Tour d' Eyne, 2831 m
Il est des sommets de moins de 3000 m qui se méritent, celui ci en est un. Je ne peux m'en arracher. Face à moi, Juan arrive à la Tour d' Eyne. Me voit il ?

Juan "à sa tour monte , mironton, mironton.." etc...
Sur le cahier caché au sommet, j'appose mes coordonnées, un petit mot pour Ludo et Yannick qui m'ont précédée de quelques jours;  le cahier est surtout écrit en catalan, nos voisins prisent ce circuit. La légende du Roc del Boc y est collée, celle de l'église de Planès aussi.


Sans légende....
 Mes pieds sont nus sur les roches tellement la douleur est insoutenable. Je cherche en vain une voie pour redescendre, j'aimerais faire une boucle mais il n'y a aucun échappatoire, ce sera retour en crête. Je ne sais pas jouer du violoncelle...
Au revoir el Boc
Parlons en du retour : même vitesse, même trajet, même énergie, un peu plus de fatigue et un pied qui crie au scandale ! C'est lui qui me fera éviter le Pic de l'Orri, n'en rajoutons pas!
La vitesse n'est pas remarquable : un peu plus d'un kilomètre / heure, mais rien ne sert de vouloir courir sur ces reliefs là ! L'important est de ne pas trouver le temps long et d'aimer autant le retour que l'aller. Pas un humain, quelques vautours très haut dans le ciel, un isard apeuré, les vipères font la sieste et des paysages superbes en décor. Même ceux posés sur la roche.



L'herbe retrouvée :je viens de tout au bout là bas

 Je quitte même la roche à regret avant de plonger dans ce vide qui semble aller nulle part...Comme un grand entonnoir qu'il est en réalité. Et qui va me déposer au bout de son bec, sur le plancher des vaches, 600 m plus bas, une heure plus tard, en douceur, en douleur, en bonheur.



Où je pourrai enfin délacer mes souliers et délasser mes pieds....


Ensuite ? Oh ensuite, la voiture n'est plus très loin, je marche un grand moment les souliers autour du cou, et je retrouve mon land rover pour une pause détente : repas, lecture , repos, car...je suis bien fatiguée cette fois . Autrement que pour le 3014 m !! Mais tout aussi heureuse !

  Déjà je me demande: où vais je trouver une autre arête ??



Euh...pause....vin  muscat sec....en apéro
En chiffres : 
dénivelé : environ 1000 m (positif cumulé)
distance : environ 9.5 km AR 


A revoir, pourquoi pas ? la randonnée à la Tour d' Eyne en un clic

lundi 22 août 2016

90% de roche. Le reste ?...il y a le ciel, le soleil....et l'eau.


Etang et Aiguilles de Travessani

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Préambule:
Face au barrage, le couloir  d'herbe et de rocs
qui monte au ciel
Revenue des cimes, je m'octroie un jour de repos avant le Montardo. Le Montardo n'est pas difficile, juste 1100 m de dénivelé, une longue route par contre, ce qui fera une montée douce. La grimpe sévère me convient mieux. Pourtant...Voici qu'en ce second jour, la sévère  descente d'hier m'a "fusillé" les quadriceps. Je m'en veux de ne pas l'avoir prévu, cela m'arrive depuis que je fais plus dur en montagne et il me faut 48 h pour me remettre. Vais je me retrouver "infirme" à râler contre ma négligence ? On va décrasser tout ça me dis je . Et quoi de mieux que ce couloir de rocs et d'herbe qui, face à ma chambre, monte à l'assaut des falaises de granit. Soyons fous...et me voilà partie vers je ne sais quoi  car le couloir tourne et se perd.



Ah oui, il tourne, mais il grimpe, du jamais vu ça ! Plus tard je calculerai : 55°. Je grimpe sur une ébauche de sentier car il est peu ou pas fréquenté, sous une chaleur folle et une déclivité qui me fait grimper avec les herbes en guise de bâtons c'est tout dire. Un serpent détale sous mes pieds  mains, les lézards près de mon nez me font un pied de nez et les oiseaux jacassent de rire.Je cherche l'ombre, je m'écroule sous un rocher qui se penche pour mieux en rire et ...on en restera là !
Hier j'étais là haut en face.
Le point de vue sur le barrage est inédit et j'ai avalé 400 m pour rien: côte 1950, le demi tour s'impose. Et la vue vers le bas est si impressionnante ! Je ne pourrai pas me tenir aux herbes !
Je descendrai finalement sans problème...et décrassée ! Pour un instant seulement...
Plus tard quand je verrai où allait ce couloir, cela était tentant mais trop dur. Ah le repos, c'est ça avec moi.
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Le lendemain : cuisses usées par pétrissages, massages et autres Baumes du Tigre et Voltarène, je démarre pour le Montardo. Je connais une partie du trajet parcourue en 2014.
Aïe ! J'ai déjà du mal à suivre le bord du barrage...en terrain quasi plat. J'ai compris...mais au moins arriver au bout? Le soleil teinte de rose les + 3000 qui se mirent dans les eaux sombres.

Le bain de soleil

Une heure après, péniblement j'arrive à la longue prairie : et si je tentais de la traverser? Ici c'est plat et je marche. Tout au bout est la roche et la cascade. Et si j'essayais ?
La cascade (détail) et son mur de roche où louvoie le sentier
 Comme monter sied mieux à mes cuisses, je tente en ignorant  la future descente et je grimpe profitant au mieux du dos rond des pachydermes fossilisés à l'écart du sentier. Sentier bien aménagé par les anciens, il n'est un passage à gué qui n'ait été solidement construit.


Un des nombreux passages à gué
 




Ce petit point rouge dans la roche est mon alter égo : cette femme a renoncé au Montardo, elle s'est foulé la cheville et elle serre les dents.


Aiguilles de roche


De toutes parts surgissent des paysages bleus comme des burquas de pierre au pays où la montagne est Reine.

Aiguilles de Travessani


Cairns, comme des huttes africaines sur le dos rond des granits
Je salue la Punta Alta tout là haut avec ses 3014 m



Finalement je me retrouve au refuge, souffrante mais heureuse. Les paysages sont sublimes et encore quasi déserts. Je m'offre une bière Aranaise (val d' Aran) délicieuse mais qui me coupe ce qui reste de jambes. Et bien on repartira sans jambes ! Plus haut bien sûr. Ne pensons pas à la descente!





L'Etang Nègre (2100m) au pied du refuge et le Massif des Besiberis : que du minéral !

Le Montardo, je peux le gravir, j'en ai la preuve, mais le retour est long et là...pourrai-je ?

Donc je bifurque vers les lacs. ce qui ne manque pas ici. Avec de la pelouse, des gros rocs de granit, tout est moelleux même la roche. Désert au possible, magnifique à souhait. Sans regret, je commence le parcours accidenté; je marche mieux, montées descentes, passages en éboulis. Je serre un peu les dents et les muscles se défripent ! je suis heureuse car ce parcours est nouveau et tellement beau. Vous le décrirai-je ? Non. En images... Mais au fil des images je vous dirai que mes yeux boivent tout ce qui m'entoure, sous un soleil de feu et un silence d'or. Il y a des friselis de ruisseaux partout, des grenouilles sautillantes, un ou autre oiseau, quelques fleurs et un paysage minéral qui m'enserre peu à peu dans la corolle de son cirque comme une immense fleur pétrifiée. Que c'est grandiose !

Massif des Besiberis et ses + 3000 m

C'est là bas que je vais : au dernier lac, caché au pied des crêtes et des pics
Punta de Harley, Pa de Sucre, Tumeneia
 J'aborde aux rives du premier lac de Tumeneia, 2288 m, bien sûr je marche difficilement , mais cela en valait la peine. Je n'ai pas rencontré le moindre promeneur. Et si je ne pouvais pas descendre ? Nager me serait bien...inutile...Non je plaisante, je sais que je pourrai.

Etang de Tumeneia baix (bas)

Le plus difficile est d'accéder au Tumeneia de Dalt, 2319 m, car le sentier est escarpé, glissant ou bien ce sont de gros blocs à franchir, mais ça passe.

Moraine entre les deux Tumeneia
En fond la Punta Alta et le Pic de Comalesbianas

Tumeneia de Dalt :  Pa de Sucre, 2862 m
 J'ai réussi ! Je suis heureuse ! Le sentier m'attire, vers ces cimes mais ne soyons pas folle, j'ai quand même des quadriceps dans mes douloureux bagages et aucun de rechange dans mon sac ! Même s'ils ont fini par capituler ! Au bout de plus de 4 heures de marche...que j'ai mis longtemps !!...Même si les trajets sont très longs dans ce secteur.

Victoire !


Cela vaut bien un bon bain dans cet étang magnifique sous l'oeil médusé et amusé des vaches qui se regroupent sur la berge pour voir ce drôle d'humain.

Etang de Tumeneia Baix et les Aiguilles de  Travessani


L'étang est cerné de murailles et tout là haut, cette drôle de cheminée a sans doute donné son nom au pic, aux lacs.
Pic de Tumeneia, un mètre de moins que notre Canigou : 2783 m
Et sa drôle de cheminée...Le Canigou a aussi la sienne

Draperies de pierre

La douce linaigrette 

Dans cet univers de pierre, la douce linaigrette, cotonneuse, frissonne au vent léger et habille les mares d'eau en une savante chevelure de vieille dame.

Quant à moi, sur le chemin du retour je m'aperçois que j'ai oublié les quadriceps dans le lac : je n'irai pas les rechercher ! Et je vais m'offrir une bonne collation sur mon perchoir loin du sentier.


Aiguilles de Travessani 2755 m
Alors là, sustantée, une idée "folle" germe en moi : et si je descendais tout droit ? je scrute le long mur de pierre en pente raisonnable mais rempli de coins cachés . Quelques cairns se profilent de-ci de-là. Et c'est parti ! Pour quelques 200 m de dénivelé en parcours sportif, louvoyant entre les rocs et surtout sur eux car il n'y a que ça. Je ne connaissais pas le nom du lieu : "Les llastres de la Morta", cela ne m'eut point découragée. Une histoire se cache là dessous, ou une morte se coucha là dessus...

La réalité et la légende : Les llastres sont de grandes dalles rocheuses assez lisses. Une femme pense t'on y serait morte de froid.
C'est bon aujourd'hui il fait très chaud !


Les llastres de la Morta vus d'en haut. Au fond le Barrage de Cavallers
Les mêmes vus d'en bas
Je cours, je virevolte sur les dos ronds du granit, je franchis avec délicatesse les barres rocheuses et je découvre des bijoux : une petite cascade jaillie des escaliers de pierre, des couleurs ambrées sur des reliefs marbrés, c'est beau, je m'émerveille, j'aimerais descendre, encore et encore. ..

Née dans la roche, elle "s'éclate"
Les cascades du llastres


Couleurs et graphismes, un escalier de granit 
Je commets alors une erreur : je m'arrête pour écrire, observer et savourer. Les quadriceps en ont profité pour me rejoindre et...reprendre leur place. Je finirai le trajet, en douceur et en douleur.

Barrage de Cavallers (au matin)


Qu'importe ? Que du bonheur !!
Même l'orage du soir en fera partie.
Même mes quadriceps domptés seront contents...
C'est l'essentiel...

Lever de lune avant l'orage, depuis mon lit

Demain je quitte la montagne. Avec regrets.
Mais une autre destination m'attend : le Désert.
ça vous tente ?

En chiffres :
Dénivelé 619 m
Distance aller/retour : 13.2 km


Le site vu depuis la Punta Alta de Comalesbianas