lundi 22 août 2016

90% de roche. Le reste ?...il y a le ciel, le soleil....et l'eau.


Etang et Aiguilles de Travessani

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Préambule:
Face au barrage, le couloir  d'herbe et de rocs
qui monte au ciel
Revenue des cimes, je m'octroie un jour de repos avant le Montardo. Le Montardo n'est pas difficile, juste 1100 m de dénivelé, une longue route par contre, ce qui fera une montée douce. La grimpe sévère me convient mieux. Pourtant...Voici qu'en ce second jour, la sévère  descente d'hier m'a "fusillé" les quadriceps. Je m'en veux de ne pas l'avoir prévu, cela m'arrive depuis que je fais plus dur en montagne et il me faut 48 h pour me remettre. Vais je me retrouver "infirme" à râler contre ma négligence ? On va décrasser tout ça me dis je . Et quoi de mieux que ce couloir de rocs et d'herbe qui, face à ma chambre, monte à l'assaut des falaises de granit. Soyons fous...et me voilà partie vers je ne sais quoi  car le couloir tourne et se perd.



Ah oui, il tourne, mais il grimpe, du jamais vu ça ! Plus tard je calculerai : 55°. Je grimpe sur une ébauche de sentier car il est peu ou pas fréquenté, sous une chaleur folle et une déclivité qui me fait grimper avec les herbes en guise de bâtons c'est tout dire. Un serpent détale sous mes pieds  mains, les lézards près de mon nez me font un pied de nez et les oiseaux jacassent de rire.Je cherche l'ombre, je m'écroule sous un rocher qui se penche pour mieux en rire et ...on en restera là !
Hier j'étais là haut en face.
Le point de vue sur le barrage est inédit et j'ai avalé 400 m pour rien: côte 1950, le demi tour s'impose. Et la vue vers le bas est si impressionnante ! Je ne pourrai pas me tenir aux herbes !
Je descendrai finalement sans problème...et décrassée ! Pour un instant seulement...
Plus tard quand je verrai où allait ce couloir, cela était tentant mais trop dur. Ah le repos, c'est ça avec moi.
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Le lendemain : cuisses usées par pétrissages, massages et autres Baumes du Tigre et Voltarène, je démarre pour le Montardo. Je connais une partie du trajet parcourue en 2014.
Aïe ! J'ai déjà du mal à suivre le bord du barrage...en terrain quasi plat. J'ai compris...mais au moins arriver au bout? Le soleil teinte de rose les + 3000 qui se mirent dans les eaux sombres.

Le bain de soleil

Une heure après, péniblement j'arrive à la longue prairie : et si je tentais de la traverser? Ici c'est plat et je marche. Tout au bout est la roche et la cascade. Et si j'essayais ?
La cascade (détail) et son mur de roche où louvoie le sentier
 Comme monter sied mieux à mes cuisses, je tente en ignorant  la future descente et je grimpe profitant au mieux du dos rond des pachydermes fossilisés à l'écart du sentier. Sentier bien aménagé par les anciens, il n'est un passage à gué qui n'ait été solidement construit.


Un des nombreux passages à gué
 




Ce petit point rouge dans la roche est mon alter égo : cette femme a renoncé au Montardo, elle s'est foulé la cheville et elle serre les dents.


Aiguilles de roche


De toutes parts surgissent des paysages bleus comme des burquas de pierre au pays où la montagne est Reine.

Aiguilles de Travessani


Cairns, comme des huttes africaines sur le dos rond des granits
Je salue la Punta Alta tout là haut avec ses 3014 m



Finalement je me retrouve au refuge, souffrante mais heureuse. Les paysages sont sublimes et encore quasi déserts. Je m'offre une bière Aranaise (val d' Aran) délicieuse mais qui me coupe ce qui reste de jambes. Et bien on repartira sans jambes ! Plus haut bien sûr. Ne pensons pas à la descente!





L'Etang Nègre (2100m) au pied du refuge et le Massif des Besiberis : que du minéral !

Le Montardo, je peux le gravir, j'en ai la preuve, mais le retour est long et là...pourrai-je ?

Donc je bifurque vers les lacs. ce qui ne manque pas ici. Avec de la pelouse, des gros rocs de granit, tout est moelleux même la roche. Désert au possible, magnifique à souhait. Sans regret, je commence le parcours accidenté; je marche mieux, montées descentes, passages en éboulis. Je serre un peu les dents et les muscles se défripent ! je suis heureuse car ce parcours est nouveau et tellement beau. Vous le décrirai-je ? Non. En images... Mais au fil des images je vous dirai que mes yeux boivent tout ce qui m'entoure, sous un soleil de feu et un silence d'or. Il y a des friselis de ruisseaux partout, des grenouilles sautillantes, un ou autre oiseau, quelques fleurs et un paysage minéral qui m'enserre peu à peu dans la corolle de son cirque comme une immense fleur pétrifiée. Que c'est grandiose !

Massif des Besiberis et ses + 3000 m

C'est là bas que je vais : au dernier lac, caché au pied des crêtes et des pics
Punta de Harley, Pa de Sucre, Tumeneia
 J'aborde aux rives du premier lac de Tumeneia, 2288 m, bien sûr je marche difficilement , mais cela en valait la peine. Je n'ai pas rencontré le moindre promeneur. Et si je ne pouvais pas descendre ? Nager me serait bien...inutile...Non je plaisante, je sais que je pourrai.

Etang de Tumeneia baix (bas)

Le plus difficile est d'accéder au Tumeneia de Dalt, 2319 m, car le sentier est escarpé, glissant ou bien ce sont de gros blocs à franchir, mais ça passe.

Moraine entre les deux Tumeneia
En fond la Punta Alta et le Pic de Comalesbianas

Tumeneia de Dalt :  Pa de Sucre, 2862 m
 J'ai réussi ! Je suis heureuse ! Le sentier m'attire, vers ces cimes mais ne soyons pas folle, j'ai quand même des quadriceps dans mes douloureux bagages et aucun de rechange dans mon sac ! Même s'ils ont fini par capituler ! Au bout de plus de 4 heures de marche...que j'ai mis longtemps !!...Même si les trajets sont très longs dans ce secteur.

Victoire !


Cela vaut bien un bon bain dans cet étang magnifique sous l'oeil médusé et amusé des vaches qui se regroupent sur la berge pour voir ce drôle d'humain.

Etang de Tumeneia Baix et les Aiguilles de  Travessani


L'étang est cerné de murailles et tout là haut, cette drôle de cheminée a sans doute donné son nom au pic, aux lacs.
Pic de Tumeneia, un mètre de moins que notre Canigou : 2783 m
Et sa drôle de cheminée...Le Canigou a aussi la sienne

Draperies de pierre

La douce linaigrette 

Dans cet univers de pierre, la douce linaigrette, cotonneuse, frissonne au vent léger et habille les mares d'eau en une savante chevelure de vieille dame.

Quant à moi, sur le chemin du retour je m'aperçois que j'ai oublié les quadriceps dans le lac : je n'irai pas les rechercher ! Et je vais m'offrir une bonne collation sur mon perchoir loin du sentier.


Aiguilles de Travessani 2755 m
Alors là, sustantée, une idée "folle" germe en moi : et si je descendais tout droit ? je scrute le long mur de pierre en pente raisonnable mais rempli de coins cachés . Quelques cairns se profilent de-ci de-là. Et c'est parti ! Pour quelques 200 m de dénivelé en parcours sportif, louvoyant entre les rocs et surtout sur eux car il n'y a que ça. Je ne connaissais pas le nom du lieu : "Les llastres de la Morta", cela ne m'eut point découragée. Une histoire se cache là dessous, ou une morte se coucha là dessus...

La réalité et la légende : Les llastres sont de grandes dalles rocheuses assez lisses. Une femme pense t'on y serait morte de froid.
C'est bon aujourd'hui il fait très chaud !


Les llastres de la Morta vus d'en haut. Au fond le Barrage de Cavallers
Les mêmes vus d'en bas
Je cours, je virevolte sur les dos ronds du granit, je franchis avec délicatesse les barres rocheuses et je découvre des bijoux : une petite cascade jaillie des escaliers de pierre, des couleurs ambrées sur des reliefs marbrés, c'est beau, je m'émerveille, j'aimerais descendre, encore et encore. ..

Née dans la roche, elle "s'éclate"
Les cascades du llastres


Couleurs et graphismes, un escalier de granit 
Je commets alors une erreur : je m'arrête pour écrire, observer et savourer. Les quadriceps en ont profité pour me rejoindre et...reprendre leur place. Je finirai le trajet, en douceur et en douleur.

Barrage de Cavallers (au matin)


Qu'importe ? Que du bonheur !!
Même l'orage du soir en fera partie.
Même mes quadriceps domptés seront contents...
C'est l'essentiel...

Lever de lune avant l'orage, depuis mon lit

Demain je quitte la montagne. Avec regrets.
Mais une autre destination m'attend : le Désert.
ça vous tente ?

En chiffres :
Dénivelé 619 m
Distance aller/retour : 13.2 km


Le site vu depuis la Punta Alta de Comalesbianas




13 commentaires:

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    1. Oui, tellement beau que j'ai eu du mal à m'arracher à ce lieu. Bisous

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  2. Coucou ... Waouh !!! quelles vues, mais quelle vues !!!
    Que de merveilles tu nous donnes à admirer ... j'imagine ton bonheur, là-haut sur la montagne ;)
    M E R C I pour ce merveilleux reportage.
    Douce soirée, Bisous et Câlins à tes Félins, une pensée pour Lison.

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    1. Ah ça te plait vraiment ? La montagne c'est spécial, mais c'est plus varié que la mer je trouve et pourtant je vis à 20 km de la mer et à 100 des montagnes; on ne le dirait pas.... Bisous

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  3. Magnifique ! Mais attention à ces quadriceps capricieux ;-)
    Ah la la, déguster une bière après un bel effort, c'est le top (bon.. pour moi ce sera sans effort :-)et pourtant... il faut avouer que le paysage le mérite ! Bisous.

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    1. Je n'en bois qu'exceptionnellement en été car c'est très désaltérant. Là bas c'était inédit, très couleur locale même si la teinte n'avait rien à voir avec le milieu ambiant.-)). Mais incompatible avec l'effort. Tant pis. C'était vraiment trop beau...Bisous

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  4. Amédine " Vous Vous en payez une tranche " quelle Énergie mais quelle Énergie :) Je regarde " Chemin d Ecole Chemin de tous les dangers " sur Arte L Histoire d Enfants qui pour aller à L Ecole bravent Les Montagnes du Monde Leur Courage devrait Vous toucher :) Amédine Calinous aux Minous Bisous à Vous Pensées pour Lison :)

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    1. Il faudra que je regarde cette émission ! Sauf que je ne vais plus à l'école : ouf !!! J'y suis allée pendant 50 ans ! Bisous et je repars pour d'autres aventures

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  5. Tout nous tente avec toi, Amédine ! (sourire)
    Sinon, rien ne t'arrête toi, hein ? :-)
    Merci pour ce billet dont toi seule as le secret. On en veut encore et encore ! :-)
    Bisous, et une belle fin de soirée, Amédine.

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    1. Oh ton blog est aussi un petit bijou à savourer tranquillement: lui il fait marcher la tête et pas les jambes; on se complète bien ...sourires....bisous

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  6. Tu es devenue une spécialiste du secteur et deux récits de référence.

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    1. Un peu , j'ai crapahuté en 14 et en 16....hum on dirait que je parle de la guerre

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    2. En 2 ans et quelques beaux récits. Bravo.

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