mercredi 14 décembre 2016

Le Roc de las Medes

En latin, "meta" signifiait "borne conique", "limite", "extrémité", voire "cône" ou "meule", tout ce qui peut convenir à ce roc en forme de dé à coudre renversé, sur une crête séparant deux vallées. Bien qu'il soit à une modeste altitude, 692 m, son aspect ne le rend pas d'un abord facile. En un mot, il faut le conquérir.
Roc de las Medes vu de mon village (au zoom)



Il se trouve dans les Pyrénées Orientales, au dessus de Sorède, quelque part dans la chaîne des Albères, dernier bastion des Pyrénées avant leur plongeon dans la Méditerranée. D'ailleurs, quelque part après leur plongeon, un chapelet d'îlots nommés "Isles Medes", près d'Estartit, en Espagne, marque les limites de deux mondes, le marin et le terrestre.


îles Medes au soleil couchant

C'est du premier dont je vous parlerai, de cette espèce de dé à coudre qui m'intrigue depuis quelques mois.
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Ce matin ensoleillé de décembre je me rends au point de départ de la randonnée à quelques 20 km de chez moi. Autant dire une relation de proximité ! Petite randonnée, petit trajet, faible altitude, rien ne me ressemble. Et pourtant...le moteur c'est ce roc que je regarde depuis longtemps et qui m'intrigue. Un parfait inconnu jusqu'à ces jours derniers.
Dès les premiers pas en rando je me dis : " Comment peut on passer autant d'années aussi près du beau et l'ignorer?". J'aime les grands espaces, la montagne d'altitude, les sommets escarpés, les défis et me voilà à deux pas de chez moi, embringuée dans une rando qui n'est qu'un pis aller...et je suis transportée ...
Transportée dans un monde magnifique où chaque pas dévoile de la joliesse. Des sous bois  typiquement méditerranéens, peuplés d'ombres et de lumières qui rendent la montagne encore plus bleue derrière ce rideau, , peuplés de végétaux  en camaïeux de verts et chapelets d'épines, dépourvus des parfums que les autres saisons leur confèrent. Et pour peu qu'on émerge des sous bois et que l'on "regarde dans le rétroviseur", c'est la plaine et la mer, quelques centaines de mètres plus bas, qui vous sautent au visage. C'est le confluent de deux mondes: on a à la fois  le calme de la moyenne montagne et la rumeur sourde de la vie qui monte jusqu'à soi; les chiens, les chasseurs, la circulation routière, tout ce genre de montagne auquel je ne suis pas habituée.
Le château d' Ultréra sur son bastion (au loin Argelès  et la mer)

Sentier en crête

Le drapé de la montagne

Le point culminant : pic Neulous 1257 m 




Les Albères sont une série de plissements qui en font une statue antique drapée dans ses voiles bleus , couverts de chênes verts ou liège avant que le hêtre ne les remplace. Quant aux châtaigniers, ils sont hélas en voie d'extinction.

Je marche le plus souvent sous le couvert des chênes dont le feuillage pérenne cache  ce qui donne le plus de charme à cette montagne: la mer.


Quatre cyclistes s'amusent , tantôt en roulant, tantôt en portant leur vélo, dans un joyeux désordre de contorsions.





Cèpe de Noël : c'est dire si le temps est clément
dans le sud
Soudain, au détour d'un sentier en crêtes et déjà en rocs apparaît le but de mon "voyage": le Roc de las Medes, oui un vrai dé à coudre renversé. Qui m'en fera peut être découdre : peut on l'escalader ?


D'ombres et de lumières, revêtue de chênes colorés par leur automne à eux (décembre dans le sud), la chaîne des Albères ...


 ...dévoile un coin de Canigou, flottant dans les airs, allégé de sa couche de neige habituelle ; décembre est chaud cette année.


Quant à mon bastion qui se profile , j'ai hâte de l'atteindre et bien sûr de le conquérir. Je ne suis pas venue que pour le contempler.

 Je quitte le sentier et m'enfonce dans sa base faite de rocs, d'arbres et d'une esquisse de sentier , le chemin d'accès. Parvenue à mi hauteur, je dépose mon sac et je pars à l'aventure.







Aventure fort facile: le personnage se grimpe en varappe, mais sans difficulté aucune. J'avoue que mes séances d'escalade n'y sont pas étrangères. Cependant la pente reste très raisonnable et ce bastion de rocs m'accueille tout en douceur par une plage de polypodes au vert printanier







Du sommet la vue est belle  malgré la modestie  de ses 692 m: tout le département ou presque s'étale avec son damier de parcelles et de villages, la mer calme et majestueuse ombrée par les eaux des fleuves , et puis la ligne bleue des Corbières tout au nord, lieu de mes délices de grimpeuse. Oui c'est un département complet où il y a de quoi faire, que l'on soit sportifs ou non.
D'en haut, je fais un tour d'horizon; dans mon dos, côté Est l'à pic est impressionnant!




La tour (à signaux) de la Massane


Etang de St Nazaire et la côte (Canet et St Cyprien)




Je redescends de mon perchoir battu d'un vent du sud aigre doux et à mi pente, je m'installe au restaurant du jour.

Non je ne suis pas armée, c'est juste l'ombre d'une faille dans le rocher !








Enfin je reprends le chemin du retour , toujours dans le calme et le silence des sous bois désertés, en dressant un petit inventaire de la végétation des lieux , mais pas le moindre cèpe ne se profile à l'horizon, pas de copieuse omelette en vue !

Le château d' Ultréra (VIIeme siècle), auquel j'accorderai un billet me tend ses bras; ils sont multiples ses bras: les inaccessibles, les falaises d'escalade, le sentier et la falaise d'escalade facile (côtée II) sur laquelle je m'élance comme un chat. Ainsi je pénètre dans les ruines par la porte sur vide, comme les envahisseurs d'autrefois, où aucun chaudron d'huile bouillante ne m'accueille.


Mon chemin d'envahisseuse

Recto/verso









Un site à découvrir; à lui seul il vaut une merveilleuse balade et surtout son vaste espace bien dégagé permet de passer un beau moment de contemplation.

Mais je vous y emmènerai...






10 commentaires:

  1. Bonjour ma chère Lison!
    Ce paysage est comme en vacance d'été je trouve ....et oui ... Il est tres chaud pour décembre comme l'année 2015 et 2014!
    J'adore des herbes sauvages et les arbres et la calme dans cet magnifique endroit.
    C'est toujours un grand plaisir de te visiter chère Lison!
    J'espère tu vas bien et tu profite bien de ce beau temps!
    Passe une bonne journée!
    Je t' embrasse fort!

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    1. oui ma chère Géli, je vais bien et c'est vrai que nous avons un décembre d'une grande douceur mais à présent c'est ainsi chaque année. Alors je suis presque habillée comme en été. Certaines vignes ont encore des feuilles et certains arbres aussi. le monde tourne un peu à l'envers. je t'embrasse très fort, à bientôt

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  2. Comme Il est Beau Notre Pays Amédine cependant il ne faut pas trop regarder La Plaine laissée en pâturage à l explosion démographique Vous m apprenez que Les Chataîgners sont en voie d extinction quel dommage encore Il Nous faut Beaucoup d Espoir tout ce qu il Y a de Meilleur disparaît petit à petit :I Calinous aux Minous Bisous à Vous Pensées pour Lison :)

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    1. Oui tout à fait d'accord avec vous; entre l'explosion démographique , enfin les nouveaux arrivants car ce ne sont pas les naissances qui accroissent la population et la paupérisation agricole et économique , notre plaine est défigurée. dommage...Bisous de nous tous

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  3. Coucou ... Une balade facile, c'est toi qui le dis ;) mais qui valait le détour ... c'est beau ... ça donne envie d'y retourner ... ah ! oui ! le Château, donc nous y reviendrons ... merci de ce beau partage !!!
    Douce soirée, Bisous et Câlins à tes Félins

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    1. Oui facile pour moi c'est vrai mais pour beaucoup aussi. cette modeste montagne est pleine de mystères sous son couvert végétal, que je vais aller rencontrer au fil des ans qui me restent. Et il y a à voir !!! Des récits en perspectives, plus patrimoniaux que montagnards. Gros bisous

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  4. c'est trop beau ! Comme toujours.
    Et Miss Amédine fait sa star sur la 5ème photo !
    Gros bisous
    Chantaloup

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    1. Et en mode peinture rupestre monochrome aussi ...hihi

      Bisous à toi, je pars avec mes chats

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  5. Bonjour Amédine, toujours intéressé par tes écrits (quel style !). J'ai noté "où il y a de quoi faire, que l'on soit sportifs ou non", voilà le genre de balade que j'aimais faire. Peut-être un jour, dans un vie future.... Je t'embrasse.

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    1. je pense souvent à toi me demandant ce que tu deviens; je sais que tu as parfois de longs silences
      Dans le 66 il y en a pour toutes les vies tant il y a à faire et ne fut ce que sans descendre de voiture... je t'embrasse aussi

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