dimanche 12 octobre 2014

Dans les bois.

Je ne suis pas toujours à la montagne. Ni à la mer. Il y a aussi les bois.


Chez moi, les bois sont un fouillis de végétaux méditerranéens, chênes, bruyères et autres. Epais, rabougris, inextricables.

Cet après midi, j'ai voulu aller voir si je trouvais quelques champignons.
La montagne proche coiffée de gros nuages indiquant le vent du sud m'ouvrait ses bras.


Plus loin, dans d'autres départements pas si lointains, ce même vent apporte de gros nuages chargés d'eau qui s'écrasent sur les contreforts des Cévennes. Ainsi le Gard et l' Hérault sont en vigilance rouge, s'inondent désespérément tandis qu'ici , il fait chaud et beau, avec ce maudit vent du sud qui décoiffe.



Mais ce temps est propice aux champignons ce qui n'est pas souvent le cas dans cet extrême sud.
Me voilà donc sur les petites routes de montagne, au milieu des bois.














Je n'ai pas beaucoup d'espoir, juste celui d'une petite poêlée...
Au hasard et au feeling, je m'arrête et m'enfonce dans le bois.
Quelques ravins, encore nantis de flaques créent une atmosphère paisible et assez délicieuse.






Nulle vie et nul bruit, sinon celui de mes pas et des branches que je bouscule.
Pourtant très vite ils sont là...
Colorés, chapeautés, élégants ou sombres, vifs ou ternes : les champignons.

Et surtout, je trouve cèpes et girolles, bien plus que je n'en espérais ! Oh ce ne sera pas une petite poêlée me disent les sous bois...

Girolle



Enfant , avec mon père, nous parcourions des bois semblables, proches de la maison, aujourd'hui lottis; il m'a initiée et la même passion nous animait, aussi, cet après midi, profitant du silence des sous bois, je lui parle et je me plais à croire qu'il guide mes pas. Qu'il cherche avec moi et qu'en plus, il se régale.
Sauf qu'on les mangera sans lui...Lui qui aimait tant, ensuite, les nettoyer et les faire sécher en fines lamelles,  sur des grilles.

Une princesse chapeautée


Je n'aime pas brutaliser les champignons : je ne détruis jamais un champignon inconnu ou pas comestible.

Quand j'ai un doute , pour un sosie de cèpe, je passe délicatement les doigts sous le chapeau pour identifier.
Cèpe

Celui ci, hélas, ressemblait tellement à un vrai que je l'ai arraché.

faux cèpe

Coulemelle

Girolle
 Ces bois assez touffus étaient autrefois, dans la nuit des temps, cultivés ; je rencontre quelques murettes qui me parlent du passé.






Je marche, je rampe, je glisse aussi, et je savoure le calme, les parfums du sous bois.
Même pas peur de me perdre, mais...j'ai mes repères et la boussole !


Cependant  la récolte bat son plein; mon petit seau se remplit et je fais des voyages à la voiture , ce qui rend la balade fatigante car dans ces sous bois, ça griffe, ça gratte, ça pique...C'est très touffu. Je progresse beaucoup à quatre pattes et c'est très amusant car je suis au même niveau que les champignons. Du coup ils ont un autre relief. Si j'avais l'odorat de mes chats, je n'aurais même pas besoin de regarder.
Mais c'est tellement beau, à ras du sol, dans une pelouse de mousses et de lichens.









Dirait on que ce ne sont pas des arbres ? Juste des bruyères au pied desquelles je suis en train de ramper.
Alors le paysage devient surprenant sur la photo  (ci dessous) : il est comme je ne l'ai pas vu.



Les cèpes sont tout jeunes, à peine éclos, j'en laisse beaucoup pour demain. Jamais, dans ma vie de chercheuse je n'avais rencontré autant de jeunes cèpes et surtout je n'en avais jamais abandonné un !
Et bien là, c'est des quantités.
Je sais je ne devrais pas le dire ....mais ne vous précipitez pas demain, vous ne les trouverez pas !



Au bout du voyage et de quelques dons, je ramène une jolie récolte...


Que je m'emploie à nettoyer, sous le regard attentif de six chats, dont aucun ne donne son avis, cependant.





Et pour terminer, ce sera une petite poêlée persillée : j'attends mes convives, l'estomac creux.



Epilogue....les convives se sont ré-ga-lés !

En doutez-vous ?

jeudi 9 octobre 2014

Moi, Mathurin, chat baladeur.

A force de me coucher au dessus du clavier de son "ordi", 



j'ai vu comment elle faisait 
alors je me mets aux commandes. Pour vous raconter...



Pour vous raconter un morceau de ma vie.
Je suis arrivé un jour chez Elle, je l'ai choisie, Elle a dit oui, depuis j'ai pour Elle un amour fusionnel, qu'Elle me rend bien.
Et Elle me fait le bonheur suprême de m'emmener dormir dans son camion, ailleurs.
Donc hier soir Elle m'a emmené au bord de la mer. Où nous avons retrouvé sa copine Anie qui a aussi un camion aménagé. Voilà qu'elles nomadisent ensemble à présent ! Anie a un chien mais celui là je l'ai ignoré.
il y a des limites que j'impose quand même ! Non mais...un chien ??? !!!
Elles se sont installées le long du port et je dois avouer que malgré ma peur, je ne pouvais m'empêcher de regarder : c'était trop beau.



J'étais inquiet et curieux, alors Elle a compris, m'a ouvert la penderie, je me suis installé sur la dernière étagère tout en haut et j'ai contemplé.





ça ne me plaisait pas tout ce bruit, ces drôles de camions sur l'eau qui bougeaient et faisaient un bruit d'enfer, mais bon j'étais haut perché, l'eau avait encore du chemin à faire pour arriver à moi.


Vous pensez si je n'en ai pas perdu une miette ! Avec Elle j'ai de moins en moins peur : elle m'explique tout, je ne comprends pas tout mais Lison a survécu à tout, alors pourquoi pas moi ?
 Bon je ne suis pas sorti de mon perchoir. Il y avait un vent fou.



Anie et elle se sont collées contre le camion pour prendre un apéro; j'ai tout écouté et vu; un muscat / sauvignon moelleux et des anchois à la catalane. Le vent fou emportait tout, "des rafales à 100 à l'heure", Elle disait. Alors le muscat et les anchois allaient direct du camion à leur estomac, sans passer par la table où tout volait!
Pour manger, elles se sont réfugiées dans le vaste camion d' Anie : moi, j'étais sur Son lit et je la voyais, Elle me souriait et venait me voir pour me rassurer. Elle a essayé de m'emmener mais j'étais terrifié...et puis, ce chien...

Le soir tombait joliment, tout en couleurs, franchement, d'en haut, j'en profitais bien.





























elles faisaient des photos, bavardaient,  riaient; Anie lui a montré ses créations, elle est artiste et son "Art journal" comme elle l'appelle plait beaucoup à mon Humaine.
Ce sont des écrits, mêlés à des collages, gravures ou dessins d' Anie, tout a un sens bien particulier, étonnant et original.

On ouvre un joli carnet relié de cuir...et l'intérieur est très poétique et fantaisiste.
Elle dit à Anie : "Mais où tu vas chercher ces idées ? "
Enfin..Elle sait bien...c'est de l' Art...

Création d' Anie



Ensuite tout le monde a regagné ses appartements et Elle a fermé la porte au nez du paysage. Dommage...
J'avais de moins en moins peur...Le vent se calmait. Finalement je me sentais bien.



On n'a pas super bien dormi, il y avait cet espèce de grand camion des mers qu'elle appelle "cargo" qui a fait tourner ses moteurs toute la nuit; moi, j'étais content qu'Elle dorme mal, comme ça elle me gardait bien contre Elle et me câlinait sans partager avec les autres. J'en ai bien profité.
Ce matin, le vent était tombé et j'ai voulu sortir me dérouiller les pattes mais qu'est ce que j'ai vu ? Entre les roues du camion, il y avait 2 jambes et 4 pattes de chien, bien plus hautes que celles de Kim le chien du voisin : je ne vous dis pas la peur !


Elle m'a dit : " Regarde le soleil ! Il est en train d'accrocher ses habits sur les maisons avant d'aller se baigner!". Et c'était beau...Il faudra bien que je descende voir ça de près ...Un autre jour....

Tout à coup, elle a appelé Anie pour l'inviter à voir une merveille; c'était un voilier de croisière qui entrait au port.
Un quatre mâts, Elle a dit. Elle le savait depuis hier soir. Parce qu' Elle pose toujours des questions aux gens.
Franchement, je n'avais jamais vu ça; c'était un grand camion des mers, celui qui était devant nous avait l'air d'un modèle réduit.

D'ailleurs tout avait l'air petit à côté de lui. Et lui, au moins, il ne faisait pas de bruit. Il glissait en silence.





Ensuite, Elle a parlé d'aller faire un tour avec ce bateau qui permet de voir le fond de la mer.
Cela me laisse très dubitatif...



Moi, Mathurin, chat baladeur, je vous assure que je n'irai pas ! Alors chat non !


Les poissons, finalement, je préfère les voir comme ça !



A bientôt pour d'autres aventures...signé Mathurin chat marin...

samedi 4 octobre 2014

Le "petit train siffleur" de Nuria

Je veux dire le petit train à crémaillère de Nuria (Catalunya)
 que j'ai ainsi surnommé.


Avril 2012

En ce soir de 27 septembre, me revoici à Queralbs, mon lieu de "campement".
J'ai installé mon petit camion sur la minuscule place haut perchée et je savoure le soir qui tombe.


Quéralbs compte une poignée d'habitants, c'est un village de pierre, accroché au flanc de la montagne....
Vous pourrez le visiter sur mon second blog..

La gare de Queralbs


Extrait de mon livre de bord : " Me voici à Queralbs, - (la pierre blanche)-dans un décor de montagnes découpées de gorges, tourmentées et blanches. Ecoutons siffler, gémir et se plainde le petit train. Son pathétique hululement se répercute d'écho en écho au fond de la vallée et à flanc de montagnes.






Le Cami Vell
Il siffle, pleure, geint et se plaint. Que doit-ce être les jours de neige, de pluie, d'hiver et de brouillard ? dramatique et lugubre...pourtant ce cri plaintif rythme la vie de la vallée : c'est par lui que vit la vallée jusque très haut dans la montagne, tous les jours, au fil des saisons et des ans."




Il a une bien longue histoire, ce petit train, que je vais vous conter.
Le sentier muletier
Nuria existe presque depuis la nuit des temps et le sanctuaire était au terme d'un long et ardu sentier, leCami Vell.


Près de 800m de dénivelé étaient à gravir, depuis Quéralbs,  pour les pèlerins toujours plus nombreux, mais aussi pour les premiers amateurs de sports d'hiver: autour du sanctuaire les pentes permettaient le ski.

Un des ponts du Cami Vell









Dès 1917, l'idée d'un funiculaire jaillit.
Pourtant le projet se mua en celui d'un train en 1924, approuvé par ordre Royal en 1926.


Le 24 mai 1928, les travaux commencèrent. Titanesques. La montagne est tourmentée, il y a de profondes gorges, un torrent tumultueux. Les travaux débutèrent à Nuria comme à Ribes, aux deux extrémités des 12,5 km de trajet.
800 hommes s'attaquèrent à l'ouvrage, puis 1000, ainsi que des mulets.
(Images d'une exposition)






Le train débute à Ribes de Freser, atteint Quéralbs et c'est au dessus de ce village que le terrain devient difficile.




Pourtant en 1930, les rails furent posés sur le tracé et ceci dans le sens ascendant seulement, ainsi au fur et à mesure on pouvait tester l'ouvrage et transporter le matériel et les hommes, économisant les bêtes.

Le 30 décembre 1930, le 1er voyage d'essai eut lieu, avec une locomotive à vapeur.
Le torrent que l'on suit
       
        Le 22 mars 1931, ce fut le voyage inaugural.

Cependant, les mauvaises conditions politiques, économiques, puis la Guerre Civile (1936 / 1939), mirent le circuit en sommeil. L'exploitation tournait au ralenti, des crues n'arrangèrent rien, beaucoup de dégats endommagèrent la ligne et ce n'est qu'à partir de 1960 que le circuit fut réhabilité.

Avec l'arrivée massive des sports d'hiver.
Montée à Nuria avant le train


En 1982, la ligne fut rénovée notamment au niveau matériel roulant car la station de ski fut également rénovée donc accueillait de plus en plus de monde.

Image internet





Le circuit initial différait un peu de l'actuel : il y avait un tunnel, assez long et étroit;et un tracé difficile aujourd'hui désaffecté.
Effectivement,  depuis 2005, ce trajet entrecoupé de tunnels, très fragile car dans une zone instable fut abandonné au profit d'un tunnel de 1.5 km, plus large que le 1er et surtout aménagé pour les croisements.


Cette photo montre l'entrée du tunnel récent,  de 2005







Sur la droite on devine le tracé de la voie ferrée avant 2005 : ce tracé était à flanc de montagne, franchissait quelques petits tunnels et devait être très impressionnant.






Aujourd'hui un grand nombre de trains circulent, environ tous les quart d'heures entre 7 h 50 du matin et 21 h 30 le soir. Un va et vient incessant, emprunté aussi par les ouvriers. Le train s'arrête en cours de trajet pour déposer hommes et matériel.
Ces trains que l'on entend siffler depuis les hauts sommets et les crêtes.


C'est un trajet à voie unique, voie métrique (1m de large), 12.5 km de long, 1059 m de dénivelé et 15 % de pente maximum. Des lieux de croisement sont aménagés et la crémaillère n'intervient qu'en aval de Quéralbs.
La crémaillère







Lorsqu'on prend le train pour la première fois on ne peut qu'être émerveillé : la pente impressionnante au départ, l'étroitesse de la voie, on a sans cesse l'impression qu'on va buter sur les pylônes, qu'on va verser dans les précipices ou heurter les parois du vieux tunnel! Voire tomber dans le torrent.


Les vues sur le sentier accroché à flanc de montagne sont magnifiques .
Le décor dans lequel on roule paraît irréel.
Le décor


L'ancien chemin et le lit du torrent


L'ambiance est festive : les catalans parlent haut et fort. Je ne l'ai jamais pris au coeur de l'hiver mais ce sera l'occasion d'aller faire une balade en raquettes sur les cimes ! Ce doit être grandiose!


(Images internet)





Et je ne manquerai pas de vous faire partager ce moment d'hiver...

En attendant,