dimanche 9 novembre 2014

La Barcelone de Gaudi

Sur mon second blog (clic)vous découvrirez, en parallèle, qui était l'architecte Catalan Antonio Gaudi).

Je vous avais promis , lors de mon premier article sur Barcelone (clic), en Avril dernier, 
de vous ramener à Barcelone.

Véro
En ce lundi 3 novembre, avec Véro, nous prenons la route pour Barcelone. A notre arrivée, ma voiture franchit allègrement les 300 000 km et un orage d'enfer s'abat sur la ville. Tout est noir, zébré d'éclairs, trempé d'averses brutales et notre projet de Barcelone à vélo se noie, ce sera métro. Je n'ai jamais pris le métro, j'entame une journée apprentissage. Quelle joie !

Propre et serein : le métro














Barcelone est en automne, les platanes pleurent leurs feuilles après l'orage, aussi courroucé que vite dissipé.



 Nous allons passer la journée à déambuler, soit sous terre (expérience étonnante pour moi), soit dans les rues à grands pas pressés.
La Sagrada Familia n'est pas plus accessible qu'en avril, et toujours en chantier, "ad vitam eternam", à n'en pas douter. C'est le chef d'oeuvre jamais achevé de Gaudi.
Lorsqu'en 1883 il accepte de continuer le chantier de cet édifice religieux alors en pleine campagne, il ne se doute pas que près d'un siècle après sa mort, l'édifice sera toujours en chantier. Mondialement connu, il est le plus visité d'Espagne. Voyez donc sur mon 2nd blog l'évolution, en images, de cet édifice  (photos anciennes).
Façade de la Nativité

Façade de la Passion

Groupe du Calvaire et de la Crucifixion
Sculpteur Josep Maria Subirachs (1927-2014)

Vue depuis le Parc Güell
Le tout premier chantier de Gaudi fut la Casa Vicens, en 1883.
Gaudi est diplômé de l' Ecole d' Architecture depuis 1878, son directeur a dit de lui :
" Nous avons accordé le diplôme à un fou ou à un génie, le temps nous le dira ".
Il s'est distingué à l' Exposition Universelle de Paris en 1878 et a été remarqué par un riche industriel Barcelonais qui deviendra son mécène : Eusebi Güell, dont je reparlerai.
Il débute inspiré par le style néogothique mais sa créativité et sa fantaisie balayeront vite ces préceptes et l'homme s'intègre à l' Art Nouveau, en vogue à ce moment, pour y loger sa fantaisie et son originalité.
La Casa Vicens ne se visite pas, elle est privée.





Gaudi mêle à son architecture des techniques qu'il maîtrisait à la perfection : céramiques, ferronnerie, verrerie, charpente et son célèbre "trencadis" (du catalan trencat = cassé), créations à base de tessons de céramiques ou de verre.


Parc Güell
Les "trencadis"
















Façade de la Casa Batllo






Gaudi ne créait pas seulement  un bâtiment dans son ensemble, mais dans ses moindres détails: ses réalisations ne possèdent quasi pas d'angle droit, mais des lignes ondoyantes et asymétriques, le tout inspiré par la Nature dont Gaudi est un fervent adepte.
Ainsi que ses trois autres passions : l'architecture, la religion et l'amour de sa Catalogne.


Aujourd'hui, 7 de ses oeuvres sont classées au Patrimoine de l' UNESCO.


La Casa Batllo construite entre 1904 et 1910, a une étonnante histoire que je vous conterai lorsque j'irai la visiter. Un prochain jour.


















Détail de façade









Détail d'ouverture
























La Casa Mila, construite à la même époque fut commandée par Mila, riche promoteur et entrepreneur, mais sa construction souleva beaucoup de polémiques de la part de la municipalité, auxquelles Gaudi répondit par une grande ironie. Cette maison, une des plus originales et fantasques de Gaudi, est de style inclassable. Moqueusement surnommée "la pedrera" (carrière de pierre).




Casa Mila : porte d'entrée

Balcons






















Le parc Güell, situé sur les hauteurs de la ville est un poumon vert de Barcelone : végétation méditerranéenne, demeures enfouies dans la verdure et vue imprenable sur la ville. Le lieu de paix par excellence. Et pourtant, les créations tourmentées et sereines à la fois de Gaudi y sont légion. Céramiques, balustrades ondoyantes et étonnantes galeries de pierre ocre qui serpentent , reposant sur des colonnes monumentales, inclinées et élégantes: un univers reptilien des plus étonnants.



Le parc Güell devait à l'origine être une ville conçue par un milliardaire, Güell, mais le projet pharaonique financièrement ne fut pas achevé. Quelques maisons existent, dont celle de Gaudi, (2nd blog), une immense place de 3000 m2, et les colonnes de cette galerie qui imitent des troncs d'arbres (et qui, d'ailleurs, enserrent un caroubier multicentenaire).





Un caroubier fort ancien cherche la lumière à l'extérieur



Barcelone recèle encore des trésors de Gaudi, plus que nous n'en pouvions découvrir. Nous n'avons même pas eu le temps de visiter un édifice...mais j'ai fait mon choix.

Du Parc Güell, la vue porte jusqu'au port, en passant par l'étonnante Tour Agbar, conçue par l'architecte Jean Nouvel, entre 1999 et 2005, 142 m de haut et 34 étages. Illuminée de couleurs changeantes la nuit.


Tour Agbar (en fond, la mer)


Les jambes usées malgré le métro, nous avons découvert fugacement bien d'autres trésors, sur les façades.


Plus que toute autre ville, Barcelone se visite le nez en l'air, justement à cause de sa multitude de façades. La ville a une unité, largement inspirée de Gaudi, même dans les réalisations récentes qui se veulent originales et fâchées avec les lignes géométriques!

Cases Ramos : architecte Jaume Torres i Grau
1906 - 1908

Tous les styles, rien ne surprend...
Résolument moderne




C


Lampadaires art nouveau




















Même sur le pavage des larges trottoirs  un motif de Gaudi répété à l'infini.



Notre périple Barcelonais s'est quand même étoffé de quelques tapas, un peu de rosé, un petit repas restau dans un cadre douillet, on ne peut pas vivre le nez en l'air non ?



(Pensez avant de partir à aller rencontrer Gaudi sur mon 2nd blog)



jeudi 6 novembre 2014

La lune, le chêne et le roseau

Sans Jean de La Fontaine...
Juste à travers mon objectif.


C'était un soir de pleine lune, très précisément  ce soir.


Il faisait doux et le vent s'apaisait tout juste. Un figuier ciselait sa dentelle et le Canigou enneigé s'endormait d'un sommeil glacé.





Tout près de moi, presque à la saisir entre mes mains, la lune s'arrondissait avec l'ampleur
 d'une bulle de savon doré.
Alors j'ai joué avec la lune .
J'ai joué en la faisant glisser entre le chêne et le roseau....
Le chêne....

Impassible, le chêne, un peu austère, un peu figé, fier de jouer les photophores géants.






Jouer les photophores ou l'enserrer entre la coupe de ses feuilles dentelées. Et ses doigts griffus.




Et le roseau...

Le roseau qui bruissait et frémissait comme ravi de notre complicité...ou alors d'emprisonner la lune, de l'enserrer, de la zébrer ? Allez donc savoir...






C'est promis, la lune, le mois prochain, je reviendrai jouer avec toi, juste le soir de pleine lune...
Je te rendrai ta liberté moi qui aime tant la mienne...



mercredi 5 novembre 2014

Cimetière à Toussaint...autrement

Plutôt que de faire un lien sur mon billet que beaucoup ont vu
 et donc ne reliront pas, je vous invite à un voyage extraordinaire
qui m'a beaucoup émue :





                                         La Toussaint dans un cimetière de Varsovie


(cliquer ci-dessus)






dimanche 2 novembre 2014

Cimetières

(Les images qui accompagnent ce texte sont extraites d'albums argentiques pour la plupart,
d'où leur médiocre rendu)
Montalba le Château -66-
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Est ce avouable de dire qu'on aime les cimetières ?
Et bien, je l'avoue, du plus loin qu'il m'en souvienne.

Je n'ai que l'embarras du choix, les cimetières sont en chaque ville,chaque village et même bien des fois, au delà de tout, dans un coin perdu de campagne, ou de montagne, au milieu de nulle part.
Montesquieu -66-


Je les aime pour diverses raisons:
Pour le silence, le calme, la quiétude, le recueillement.
Pour la poésie qui émane de bien des tombes.
Pour les pages de lecture et les photos, les noms et les dates.
Pour l'architecture des tombes, des simples tertres ou des caveaux.
Pour les histoires qui sont esquissées et celles que l'on peut imaginer.
Pour les rancoeurs qui sont exhalées.("Pourquoi tant de haine" ai je lu sur une tombe)
Pour les croix penchées, maladroitement forgées, qui évoquent les gestes de qui les a créées.
Pour...Pour...il n'y a pas de limites à mon amour...

Du plus loin qu'il m'en souvienne, au cours de mes balades ou de mes voyages, j'ai poussé la porte d'un cimetière et j'ai fait un voyage dans le voyage, un voyage dans le temps.


On ne revient pas indemne d'un cimetière, il y tant de mots qui émergent du silence, tant d'histoires entrevues, dont on se saura jamais...
Palairac - Aude-
cimetière et son pêcher fleur

Je n'ai qu'un regret, dans toute cette histoire : être trop âgée pour rencontrer des témoins du passé qui m'auraient raconté...On m'en a raconté, je n'ai pas noté, j'ai oublié...


Trilla -66-
Sans doute le premier mort
de la guerre de 14 (Novemebre 1914)

J'ai souvent dormi, au cours de mes pérégrinations depuis que je vis seule, dans de petits villages, aux portes d'un cimetière (enfin dans mon camion!) et goûté au silence de la nuit que nul voisin ne trouble.
J'ai même visité un cimetière de village la nuit...






100 ans séparent ces deux morts, tout à côté
l'un de l'autre dans le cimetière
Un bébé et un homme illustre

émaux

Plaque de cuivre gravée
Croix forgée et décorée

Très ancienne couronne de perles





Je n'ai pas le goût du morbide, ni de la mort : j'aime tant la vie !
De tous "mes morts", il en est un seul qui me soit proche : mon père.

J'entretiens sa tombe par goût de la vie, cette vie dans laquelle il mordait à belles dents malgré ses 86 ans.
Cette vie dans laquelle je mords avec les mêmes dents.
J'ai fait de sa tombe un lieu de vie où il ferait bon s'asseoir, avec un livre, un verre de vin, au milieu des fleurs et des plantes vertes, où il ferait bon converser ou dessiner, peindre peut être aussi, écrire...
Mais mon père, ce n'est pas dans ce jardin que je le retrouve. C'est en montagne que je lui parle.



C'est en montagne que je lui raconte la vie d'"en bas"; il m'a longtemps répondu.
Pendant plus de deux ans il m'a accompagnée.Et il m'a répondu. A la façon dont répondent les morts, par signes. Comme un infirme qui n'a que son regard pour s'exprimer et qu'il faut savoir lire...
A présent il est singulièrement silencieux.
Alors je lui pose souvent une question dont lui seul a la réponse, celle qu'à mon tour j'aurai un jour.

" Pendant combien de temps les morts accompagnent ils les vivants, avant de partir
 pour d'autres cieux, ou une autre vie ?"


Petit cimetière et église sous la lune
Cirès (Haute Garonne)
Cirès la nuit

Cirès le jour

Prats Balaguer -66-

En Auvergne

Dans mon département existe une région nommée Hautes Aspres, altière, isolée, sauvage, 
dans laquelle de nombreuses chapelles et leur petit cimetière envahi d'herbes et d'iris racontent 
qu'autrefois, la vie, n'est ce pas, ...


Mais il  existe aussi les cimetières d'ailleurs, d'un ailleurs si différent d'ici. je pourrais en citer mille, je ne retiendrai que les fascinants cimetières marins, Sète, ou Luarca sur la côte Atlantique espagnole.

Luarca

Et l'inoubliable cimetière de Ouessant , fabuleuse île Bretonne, où aux approches de Toussaint, on nettoie et on cire, oui, on cire au cirage noir, les tombes, en attendant les fleurs venues du continent...et le sable ! Ce sable fin que l'on répand et ratisse entre les tombes. Un cimetière où les disparus en mer sont plus nombreux que les défunts.
Alors une petite tombe rappelle leur souvenir, la "proella" (= pour l'au delà), à laquelle est attaché tout un rituel que je ne vous conterai pas.



Allez, on se quitte sur un sourire ?
Nos défunts qui aimaient la vie autant que nous le valent bien....

Puylarroque (Quercy- France)