mardi 10 février 2015

Le concours de taille de la vigne

C'est l'événement départemental ! Une fois l'an.
Cette année cela se jouait sur ma commune.


C'est une histoire festive et sans prétention: juste une journée de convivialité.
Le règlement intérieur en est solide et sans  concession.
Cependant cela reste un événement  festif.

Un jour gris et froid est prélude à la grande ouvrage.
Ils arrivent, une meute humaine, bardée d'outils barbares et tranchants à vous faire froid dans le dos.
L'uniforme est très hétéroclite malgré le règlement : tant pis, des points en moins.
La grande vigne requiert elle même un règlement très strict, qu'énonce le patron lui même candidat.


Chacun prend sa rangée, numérotée : 52 participants, 48 hommes et 4 femmes.
Parité où te caches tu ?


Frissonnante sous le froid humide, je vais de rangée en rangée , mon outil en main, ne perturbant en rien la concentration ambiante.
Ils sont là mes amis : José, Jean, François (le Picard) , et Michel, le patron, il y a même un de mes anciens élèves, heureux de me revoir, et puis les inconnus, anonymes, concentrés, appliqués , FR3, la radio locale, etc...

Le silence est Maître, la concentration Reine et seul le cliquetis des ciseaux électriques ou non et le "rac rac" des cisailles  sur les bras morts trouent le silence.
Il y a la journaliste, son micro à la main brandi vers ces bruits qu'elle engrange patiemment.
Il y a les badauds dont je suis, silencieux et mobiles comme des chats silencieux.



Regardez les positions de contorsionnistes : la taille est lente mais sportive.
Je vous assure, on en sort moulus après plusieurs heures !


José




Les bras morts ont un traitement spécial : l'extermination impitoyable, bonheur des grillades et feux de bois !

La scie traditionnelle pendue à la ceinture 
 


La cisaille modèle plus élaboré : modèle gros bras



La taille, l'essentiel de l'action se fait avec des ciseaux à main  nécessitant les deux bras




ou avec  les ciseaux électriques exemptant la force et l'action d'un bras : exit les tendinites !


 Le temps se grignote, l'écart se creuse : il y a les rapides qui foncent pour gagner quelques points.
Il y a les plus lents, s'appliquant pour...gagner quelques points.
Tous les moyens sont bons....
Concentration maximum : Jean
Ils filent vers l'horizon


Un homme
Michel le patron

Une femme

                                                          Même combat, même but

La solitude du tailleur

La petite heure impartie s'égrène sous un ciel  de début du monde.
Un peu allégorique...Mais la vigne c'est un peu ça, elle remonte au temps des Divinités Antiques...
Bacchus, Dyonisos se frottent les mains, n'en doutons pas...

Regardez ce cep chargé d' histoire...
Celle d'aujourd'hui s'inscrit en vert, avec ce drôle de regard

L'oeil du vin


la peau

Les yeux d'hier : ils en ont vu des histoires

Le secret de ce tailleur, je le connais ...il me l'a dit...
c'est "la rondelle".

Plus que secs...

La vendange 2014 nous contemple
Coursons vers le ciel

Un doigt vers le ciel

 Nimbés de lumière, l'homme et l'oeuvre...en route pour le millésime 2015.



Plus tard.. je ne suis plus là. Pour eux c'est le déjeuner paysan, la remise des prix, le repas Tajine, la fin d'une belle matinée.


Peu importe le vainqueur, les vainqueurs par catégorie, l'allégresse, la joie, la fierté, l'essentiel est la belle journée qui rassemble ces hommes et ces femmes au service d'une personnalité 
parfois plus vieille qu'eux : la Vigne.






samedi 7 février 2015

Nestor

Je suis Lison et je prends la plume pour vous griffouiller un billet.
Félin comme il se doit.




Je vais vous parler de Nestor dont on ne sait rien : facile de parler quand on ne sait rien ?
Nestor
Nestor est venu voir mon humaine il y a quelques années. Un chat des rues comme il se doit.
Il y avait aussi Arsène (clic) son jumeau, elle les confondait mais avec les plaies qu' Arsène s'est ramassées derrière les oreilles on ne pouvait pas se tromper. Bref les deux venaient au restau.

Arsène


Puis aucun. Même que Nestor il a disparu des années : deux, trois ?
Elle et nous, on croyait Nestor mort.
Franchement, ça nous faisait ni chaud ni froid mais pas à Elle. Ces bipèdes sont d'une sensiblerie !

Et voilà que l'autre jour, un gros congénère noir et luisant, à la tête énorme et au corps étroit, comme un toréador, se pointe, l'oeil torve, à vous regarder comme un matamore, pas le truc séduisant quoi.
Elle, regard oblique braqué derrière les oreilles, s'écrie : "mais c'est Nestor !!!"
Arsène

Pfft, qu'est ce que ça nous fait ? Rien ! Pas un des six ne réagit.
L'autre, ce noiraud à grosse tête, le voilà en pays conquis.



Même Edmond qui fait la gueule.


Vous vous souvenez d' Edmond (clic)? il tenait son journal.
Et bien, il a fait du chemin depuis. Il va, il vient dans NOTRE jardin, il se loge dans ses bras, il s'est laissé ausculter les oreilles et les fesses, il paraît qu'il est tatoué et castré.




Du moment qu'il ne nous ennuie pas...Elle lui accorde le droit de venir au jardin mais pas de franchir la chatière. Elle croit qu'il lui obéit...MDR...il obéit à Grand Mathu, allias Big Mat, allias Mat Sup, bref Mathurin qui lui en a ôté les envies de passer par la chatière!
Donc castré, tatoué, mais surveillé de près il vient réclamer à manger parfois.

Sauf que ça commence à bien faire. Il y a Gaston, bon celui là, il ne rôde pas trop en hiver, il reste au chaud dans sa Gawa préférée.



Gawa et Gaston


Mais le Nestor, il "tape l'incruste" : Elle lui donne à manger, à boire et même il a trouvé l'hôtel.





Un air de propriétaire satisfait?
Même pas locataire...
La maison des chats


La "maison des chats" de Blizzard est devenue sienne, il y passe ces nuits glaciales de grand vent. On comprend quand même, nous on est au chaud.

Et Elle vous savez comment elle est ; elle est capable de faire 160 km pour aller sauver un chat en montagne...

Alors l'autre là, ce Nestor gras et dodu, il fait son ordinaire de nos repas et même de tout ce que nous dédaignons. Et se vautre dans la paille la nuit.
On lui pardonne, c'est vrai qu'il fait si froid...


Alors on a coupé la poire en deux : on s'est répartis les rôles dans la maison: guetteur, défenseur, etc...
Dans le jardin, on se toise, on se cottoie, on s'ignore d'un oeil en se surveillant de l'autre, et ça circule : du gros noir à grosse tête, du gros roux à grosse tête, c'est varié. Entre les végétaux déplumés. ça feule parfois, mais quand elle arrive, on fait semblant que tout va bien.
Elle aussi fait semblant qu'elle voit rien....
C'est la vie qui va....












Il pourrait quand même avoir l'air plus gracieux, non ?

Franchement...quel manque de reconnaissance....

lundi 2 février 2015

Castellfollit de la Roca : Balade en rue


Préambule :Suite à mon article sur La Roca, j'ai voulu me pencher sur Castellfollit de la Roca qui n'est pas son proche voisin cependant. S'il existe en France de nombreux villages nommés  La Roque  et dérivés, ce n'est pas le cas en Espagne mais le plus prisé est sans doute La Roca Village, ensemble construit pour héberger plus de 100 boutiques de marques à Barcelone.
Par contre il existe 2 autres Castellfollit en Catalogne, que j'irai rencontrer au gré de mes pérégrination

                                                               ...................................

Lorsque j'ai débuté mon blog en 2013, j'ai publié une série de 22  balades en vignes, pour évoquer ce qu'il y avait en amont du verre de vin.

Situation du village
J'aime partir à la découverte de villages, certains par pur hasard, au feeling. Ce n'est pas le cas pour celui-ci que je connais depuis longtemps.
Situé en Catalogne, près d'Olot, dans la Province de Gérone, au sein du Parc Régional Volcanique de la Garrotxa, il n'a de particulier que son site unique.

Des images valent mieux que les mots.


Castellfollit est construit sur deux coulées de lave superposées, qui ont été érodées par le Fluvia et le Toronell, deux rivières.

Le village ressemble à un navire avec l'église en figure de proue, à 50 m au dessus du niveau du fleuve.
D'abord sa physionomie, à travers mes photos :

L'église qui fut détruite pendant la Guerre Civile fut reconstruite ailleurs mais ce bâtiment fut sauvegardé et sert de centre culturel.
On peut monter au sommet du clocher (60 marches) et le panorama d'étend sur ce qui fait un des charmes de Castellfollit.

En haut du clocher


Le village s'étire le long d'une rue unique et occupe une place restreinte sur la langue de lave. Une des plus petites communes d'Espagne avec 1 km2 de surface.
Côté village:

Rue du village et rio Fluvia


Côté promontoire:

 Cette place, devant l'église était un cimetière; à présent, on s'accoude au bastingage et on contemple...
Les petits jardins qui entourent le village en sont une des âmes; le fleuve et ses prises d'eau pour l'énergie électrique, autrefois, 50m en contrebas.



Fleuve de basalte












Le damier des jardins clos de murs de lave et les eaux noires du fleuve où se reflètent les arbres nus.
Tout est noir en hiver...
L'an passé j'ai visité Castellfollit un jour de pluie. Imaginez la pierre noire des rues luisantes comme autant de miroirs et ces murs noirs qui s'y reflétaient...Un rien déprimant...
L'averse vient de passer, ce matin, neigeuse et le soleil fait une entrée discrète. Mais appréciée.



Basalte en pavage, en murs et même en fondations
L'unique rue conduit à l'église dont l'intérieur sert de salle d'expositions et la partie détruite de la toiture reçoit le soleil par une vaste verrière.

Dans les rues, il n'y a quasi rien à voir.
Mais...si on lève les yeux, on découvre une curieuse architecture propre aux deux Catalognes, les briques sous les toits sont décorées. La plupart du temps le décor est fait de triangles cependant on peut trouver des motifs végétaux ou animaux.


Quant aux nids d'hirondelles il y en a plus que d'habitants :-))

Castellfollit ne vit que par son décor qui attire beaucoup de monde. Pour mieux en profiter je prends l'ancien chemin médiéval qui conduit aux jardins, à la rivière et au petit pont médiéval semi détruit qui enjambe le Toronell.


Ce qui permet de gagner le Fluvia et ses berges au pied de la coulée de lave.
C'est là que se trouve l'origine du nom Castellfollit.

Castell a pour source "château" bien que ne soit pas vraiment attestée l'existence d'un château mais plutôt cet éperon rocheux évoque un château.
Par contre "follit" provient de la structure de la roche : structure laminée du basalte qui fut autrefois confondu avec de l'ardoise. Au pied de la falaise, à la faveur d'un éboulis que j'ai escaladé, je suis allée vérifier ce phénomène. Il y avait des blocs et des dalles de lave.
La première coulée, la plus ancienne, date de 217 000 ans et avait une structure plutôt feuilletée.
La seconde coulée, venue d'un autre volcan, il y a 192 000 ans, a une structure en colonnes de basalte; c'est sur celle ci qu'est érigé le village, mentionné dans les textes au 12 ème siècle.

Les deux structures de lave, celle en dalles étant la plus ancienne
et la moins épaisse

En 1427 et 1428, le village, alors ceint de murailles fut détruit par des tremblements de terre.
Il ne connut pas toujours les jours paisibles qu'il coule aujourd'hui : plusieurs guerres et batailles contre les français ou les espagnols (17 ème siècle) le mirent à mal.Puis la Guerre Civile (1936/1939)
Son heure de gloire se situa dans la première moitié du 20 ème siècle, avec une population plus élevée qu'aujourd'hui et nombre d'entreprises dont les salaisons qui font la fierté de la région. Ainsi que des industries textiles et du cuir.
Un musée est consacré à l'industrie des salaisons, je ne l'ai pas visité.
Plus étonnant : un musée de la guerre du Vietnam ! Un des plus beaux d' Europe dit-on.

Que vous raconterai je de plus ? Je vous inviterai, lecteurs de proximité ...et autres... à aller le découvrir, il n'est qu'à 70 km du Boulou et très facile d'accès. (Le Boulou / Figueras / direction Olot).

Sachez que le printemps pousse déjà son nez tout blanc sur les berges du Fluvia.