C’était juste un week end de météo maussade qui m’éloigna de mes chères montagnes. Je
partis à la rencontre de lieux que j’aimais, que j’avais aimés et qui me manquaient
.
Des destinations bien précises ; seul le trajet restait au gré de mes
envies ou de mes coups de cœur. Perpignan, Narbonne, St Pons de Thomières, c’est
fou ce que le paysage change en si peu de temps. On quitte la mer, les étangs,
on traverse des vignobles et voilà que se précise la montée vers les hauteurs d’un
département dont on oublie qu’il n’est
pas que villes, mer et vignobles : l’Hérault.
Le département de l' Hérault |
Au gré de mes envies, disais je.
Ainsi je prends la clé des champs, soudain, faussant
compagnie à ma route et le code d’accès n’est autre que D14 E9.
Son poste favori |
Je roule dans un univers de verdure intense et les chants d'oiseaux couvrent le bruit du moteur au ralenti : je roule lentement, je prends le temps.
Rien à voir : du vert à l'endroit comme à l'envers du décor.
Vert espérance, vert reposant.
Un vert qui cependant vaut son pesant d'or : l'exploitation forestière bat son plein.
Juste quelques kilomètres sur lesquels je ne rencontrerai qu'une voiture et deux piétons. Je ne sais de nous tous qui est le plus incongru : je pense que ce sera ce troupeau de pintades en contrebas de la route qui se mettront à criailler (c'est le nom) à mon approche à grand vacarme . Les vaches sont plus paisibles en gardant leurs enfants qui gambadent et les moutons broutent avec gourmandise en silence, trop affairés à cela.
Quelques clairières dévoilent un paysage molletonné où il doit faire bon se rouler, lire, bronzer...mais ce juin maussade n'y invite guère.
Quelques clairières dévoilent un paysage molletonné où il doit faire bon se rouler, lire, bronzer...mais ce juin maussade n'y invite guère.
La route déroule son mince ruban duquel partent des impasses vers des fermes cachées dans les bois, des chemins bucoliques qui invitent à l'évasion, des ruisseaux bondissants vers une ou autre lointaine rivière. Il y a juste un village si petit (Lignières Hautes) que sitôt traversé j'ai le regret de ne pas l'avoir mieux rencontré. tant pis...je roule....
La route me raconte des histoires : celle de tous ces champs envahis d'herbes folles, avec de vieux fruitiers vermoulus et des clôtures de guingois, ces histoires d'autrefois où l'on vivait ici de peu en ayant de tout.
Ruisseau pétillant |
La route me raconte des histoires : celle de tous ces champs envahis d'herbes folles, avec de vieux fruitiers vermoulus et des clôtures de guingois, ces histoires d'autrefois où l'on vivait ici de peu en ayant de tout.
Je cherche à voir les fermes aux noms qui chantent : Vergnelongue, la Jasse de Rescol, Bessières, le seul à découvert...coiffé d'ardoises.
Et puis, il y a cette pluie de lumière verte, venue du ciel en rideaux, jaillie du sol en dentelles de fougères...
Lumière tamisée, feutrée, translucide, jouant de la transparence et des ombres dans tous les dégradés de vert, un paysage de couleurs. Et de parfums car chaque vert a son parfum!
Ma route s'habille -presque- de vert du sol au plafond.
Cependant il est d'autres couleurs, vives, gaies, qui attirent les insectes goulus et le regard curieux.
C'est juin et ça se voit: ma route est enchantée...Pourtant, il n'y a rien à voir, ou si peu que ça ressemble à rien.
La D14E9 égrène son compte à rebours, je sais qu'elle touche à sa fin: je rencontre l'Agout, au long cours de près de 200km, affluent du Tarn.
Puis la ferme de Cacavel qui marque le terminus de la clé des champs, enfin de celle ci car il y en a d'autres au nom de code plus simple!
Un peu plus loin, le village de Fraisse sur Agout offre au visiteur une bien jolie surprise, toute en vert, comme il se doit : un hêtre " millénaire", impressionnant, caverneux et majestueux.
Un monument ! que je ne peux que présenter.
28 m de haut , âgé au moins de 600 ans (âge garanti par le Ministère de l' Environnement), une circonférence de 9m, il a eu un accident de parcours connu : en 1875 un terrible et meurtrier orage faillit l'abattre. Un glissement de terrain mit à nu ses racines, dégageant une véritable cavité où un humain peut se tenir assis!
Bessières |
Fougères. |
Lumière tamisée, feutrée, translucide, jouant de la transparence et des ombres dans tous les dégradés de vert, un paysage de couleurs. Et de parfums car chaque vert a son parfum!
Ma route s'habille -presque- de vert du sol au plafond.
Cependant il est d'autres couleurs, vives, gaies, qui attirent les insectes goulus et le regard curieux.
C'est juin et ça se voit: ma route est enchantée...Pourtant, il n'y a rien à voir, ou si peu que ça ressemble à rien.
La D14E9 égrène son compte à rebours, je sais qu'elle touche à sa fin: je rencontre l'Agout, au long cours de près de 200km, affluent du Tarn.
Puis la ferme de Cacavel qui marque le terminus de la clé des champs, enfin de celle ci car il y en a d'autres au nom de code plus simple!
Cacavel entre La Salvetat et Fraisse |
Un peu plus loin, le village de Fraisse sur Agout offre au visiteur une bien jolie surprise, toute en vert, comme il se doit : un hêtre " millénaire", impressionnant, caverneux et majestueux.
Un monument ! que je ne peux que présenter.
Entre ces 2 photos il manque encore une grande partie de l'arbre ! |
28 m de haut , âgé au moins de 600 ans (âge garanti par le Ministère de l' Environnement), une circonférence de 9m, il a eu un accident de parcours connu : en 1875 un terrible et meurtrier orage faillit l'abattre. Un glissement de terrain mit à nu ses racines, dégageant une véritable cavité où un humain peut se tenir assis!
Au coeur des racines ! |
C'est à Fraisse sur Agoût un des beaux villages fleuris de France, dans un écrin...tout en velours vert.
Comme il se doit...
Bonjour Lison,
RépondreSupprimerune belle balade avec de belles photos et des textes intéressants. Je ne connais pas le massif de l'Espinouse pourtant je me suis arrêté 2 fois chez un ami habitant Courniou à côté de St Pons. Mais cela me rappelle les 2 fois où j'ai failli me perdre dans le massif de l'Aigoual, très ressemblant : la 1ère fois à pied à l'âge de 20 ans, la 2ème fois en 1981 en voiture avec ma famille tahitienne. Nostalgie....
J'ai pensé à toi en parcourant cette route et j'ai fait ce billet à ton intention, pour te remémorer des lieux familiers ou non, mais c'est vrai que les Cévennes en plus rudes y ressemblent. J'ai eu parcouru l'Aigoual et j'y ai dormi avec un vent de fou une nuit d'été glacée. De beaux souvenirs ; je veux y retourner aussi. Quelques séquences nostalgie pour moi également.
SupprimerUne balade joliment et poétiquement décrite. Je relève plus particulièrement la phrase "où on vivait ici de peu en ayant de tout". A méditer.
RépondreSupprimerOui c'est ce que j'ai ressenti devant les clôtures affaissées et les pommiers vermoulus aisément remplacés par les magasins des proches villages
SupprimerUne balade dans un environnement superbe et apaisant.J'aime beaucoup cette région.
RépondreSupprimerBelle soirée, bises Lison
C'est simple, bucolique, terre à terre, des endroits comme il en existe partout en France dès qu'on sort "de la civilisation de consommation". Bisous
SupprimerEncore une fois, c'est un vrai plaisir de te suivre sur cette petite route.
RépondreSupprimerL'endroit est magnifique, tes photos très belles et ta façon d'en parler donne vraiment envie d'y aller.
Gros bisous Lison.
Câlins à la Tribu du Sujet.
Douce nuit
Avec des mots on peut donner vie au banal et tuer le quotidien ou l'encenser : c'est juste le regard qui fait tout; l'émotion suit, la plume fait le reste...ce sont les émotions qui me guident. Bisous Mireille
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