vendredi 1 juin 2018

Un souvenir de montagne avec Camille : le mur (de neige) !

Ah Camille !
Un poème que cet homme là...
Je l'ai décrit ici (clic), pour ceux qui ne le connaissent pas, cela mérite lecture.
Sinon le mur ne serait pas le mur...

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 Ah, le mur...
C'était un jour de juillet 2013; je connaissais Camille depuis 4 mois à peine, nous ne nous étions pas revus depuis notre rencontre en mars.
Voilà qu'il me proposa une randonnée en montagne, la première que nous allions faire ensemble.
Deux parfaits inconnus.
Faut dire que randonner avec Camille sans le connaître (et il y a une première fois à tout) est un risque qu'on prend à la légère, revêtu de la méconnaissance du personnage !
Camille, c'était : ou on prend la main et on sauve sa peau, ou on la lui laisse et on est en péril !
Je ne savais rien de tout cela...Je lui laissai la main...

Nous avions rendez vous en plein coeur des montagnes ariégeoises, sur un parking au bout d'une piste. Nous n'étions même pas sûrs de nous reconnaître et c'est moi, la non physionomiste (infirme devrais je dire) qui reconnus le petit homme sec et son véhicule "gourbi".
Mais nous étions ravis de nous revoir.
Il devait être mon guide le lendemain et j'étais confiante devant ce vétéran des montagnes...
Ah...j'ignorais que mon Destin ne devrait sa course qu'à la Bonne Etoile mais certes pas à l'homme...
N'anticipons donc pas...

Je regarde mes photos de ce jour là, dont je ne mettrai qu'une infime partie sur ce blog : c'est une profusion de fleurs !
Botaniste émérite et modeste, il me les présenta toutes et je me souviens de ce crayon et  ce bout de papier où je notai, en élève studieuse, les noms correspondant aux photos jusqu'au moment du savant mélange qui me fit perdre le crayon...et la tête.!!
Qu'importe, mon album est coloré ...je joindrai un pêle mêle ...muet.
Mais venons au fait !
Après une nuit sereine devant le petit refuge habité, je laissai Lison, camion et inquiétudes.
En route pour le Laurenti, un des bijoux ariégeois, un lac.

Montée au Laurenti
Chemin facile au milieu des bois et des fleurs dans un vertige de cascades : la neige fond.

Camille dans son élément

Le Laurenti est là, limpide, parfait.




Par contre le sentier qui mène au Roc Blanc est trop enneigé et impraticable.

Tout au bout du Laurenti, le décor

Le vétéran connait une déviation et nous filons, moi en short dans la neige, lui, torse nu.
Quel bel ensemble !!

Là il est encore habillé


























On grimpe par une vallée enneigée et je prends des notes  avant que de perdre le crayon dans la neige.
Qu'importe, restent les couleurs...


Et cette méconnaissance capitale : Camille respecte les Fleurs, pas les Femmes...
Des vaches blanches nous regardent grimper...Meuh !!...Euh...réponds-je...dubitative.




Le Laurenti vu d'en haut

Des ponts de neige, des cascades, des champs de neige...balade enchanteresse et facile.
Quand soudain...LE MUR !
Le mur de neige , 150 m de dénivelé bien raide (Alt 2257 m)

Un immense champ de neige vertical se dresse devant nous, nu, blanc, effrayant. Aujourd'hui, je dirais un large couloir, autrefois je ne disais rien , juste je découvrais...
Camille découvrit que ce mur, il fallait le monter. Il avait ses crampons, il savait la montagne.
Moi je ne savais rien, simplement que j'avais laissé mes crampons au camion et que dans mon sac se trouvaient des talonnettes, plus rassurantes qu'utiles.


Talons non aiguilles
Camille en bon égoïste que je ne connaissais pas me dit "Débrouille toi avec ça, de toute façon si tu tombes, il n'y a pas de rochers, tu ne feras que glisser, c'est un tobbogan". Il feignit de ne pas voir le seul rocher de la pente, mortel au cas où...Je feignis de ne pas le voir et chaussée de mes talons non aiguilles, j'attaquai la pente avec sérénité et courage. Non : inconscience serait le mot juste. Camille zigzaguait, moi je faisais un tout droit inconscient, téméraire et efficace puisque j'arrivai en haut intacte et fort en avance. J'étais jeune , en ce temps là...63 ans !


On monte 

Je ne savais pas que Camille éprouvait une certaine volupté à mettre les femmes à l'épreuve en montagne. J'appris plus tard comment il traitait ses étudiantes...je n'en dirai pas davantage.
Ainsi le Col du Laurenti s'ouvrit à nous, avec ses 2450 m et son panorama magique. J'y étais montée un jour, sans neige, tout était changé.

Col du Laurenti  2410 m


Vallée d' Orlu

Dent d' Orlu


Etang de Baxouillade et coulée de neige



Le petit étang au pied du mur

Un panorama superbe, les fiers sommets ariégeois, les coulées de neige semblables à une partition musicale et le petit homme sec qui respectait les Fleurs et non les Femmes. Attachant toutefois. Mais...plus tard j'appris de lui l'avarice, l'égoïsme et une forme de perversité misogyne. Je sus prendre des leçons , je sus rendre la pareille...Tout s'apprend dans la vie, même la perversité.

Pelouse des cimes


Sentier du Roc Blanc

Le névé qui arrêta Camille

Ce jour là, je ne compris pas pourquoi après m'avoir fait grimper ce mur, un ridicule névé, certes long mais contournable l'arrêta.Il ne m'arrêtait point mais, polie, je restai avec Camille aux portes de ce ridicule enfer blanc . J'ignorais que l'Homme avait un vertige fou et que la roche "n'était pas son truc". Il suffisait de contourner dans le pierrier et le Roc Blanc eut été à nous.






Bref, on redescendit.
Retrouvant le Mur de neige et son redoutable rocher échoué, la vallée enneigée et tumultueuse au sortir des ponts de neige.




Le rocher vagabond















Lac du Laurenti

Camille était avare mais ne boudait point le bien d'autrui et ce groupe de roussillonnais festifs et gais nous régala de grillades inoubliables que seule Lison bouda : son ennemi légendaire était là...





Il y a des chiens !!
Plus tard, progressant dans la connaissance Camillesque, ma mentalité changea.
Paradoxalement, mon attachement à l'homme grandit, ce qui fait que je le regrette depuis....



6 commentaires:

  1. Tout un programme Camille ! Très beau le lac du Laurenti, dommage pour le Roc Blanc ! Ton récit est très agréable et tes photo de fleurs sont fort belles. Camille méritait sans doute à être connu c’était quand même un drôle de personnage, attachant certainement.
    Bises Amédine, caresses à ta tribu qui doit être tristounette...

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    1. Je n'ai pas été vraiment frustrée du Roc Blanc car j'y étais montée en solo sans neige . Mais c'est un lieu où j'ai envie de revenir. Et le Pic de la Musique me tente fort. La tribu n'est pas triste, les chats sont solitaires et ont rarement de la peine à en voir partir un. Moi oui. Bises

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    2. Joli nom « pic de la musique » Il se trouve où ?

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    3. Oh j'avais pas vu ton comm : vers le roc Blanc

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  2. CC... un personnage haut en couleurs ce Camille !
    Magnifiques photos de la flore montagnarde.
    Douce soirée, doux we, bisous, câlins à tes Félins

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    1. je n'avais pas vu ton commentaire; effectivement, haut en couleurs comme ses fleurs adorées

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