jeudi 28 août 2025

St Martin / Quirbajou (Aude) : le "chemin des danseurs"...fin.

 Ce chemin que je surnomme ainsi non par dérision mais par admiration pour ces très anciens jeunes gens qui allaient danser à Quirbajou,  est dénommé sur les plans anciens "Chemin de Quirbajou à Quillan". Il rejoignait jadis celui que j'ai dénommé (et pour cause), l'ancêtre de la route (clic), désaffecté depuis si longtemps...

Récit ici 

La semaine passée, avec Eric Teulière, nous avons retrouvé sans trop de mal ce chemin "des danseurs", balisé et nettoyé par les chasseurs, sauf qu'à un certain endroit, emporté par un glissement de terrain, il nous a donné un peu de fil à retordre et a tordu le cou au chemin originel en filant droit dans la pente dans une déclivité peu compatible avec un ancien chemin. Cette fin m'avait laissée sur ma faim.



Entre temps, sur le site d' Eric , j'ai trouvé un extrait de carte IGN ancienne,  mais incomplète, portant un morceau de ce chemin, la suite de notre parcours, alors j'ai décidé de le retrouver. Hélas sans la présence d' Eric, cette fois. Ce plan ci-dessous sera très précieux.

Le voici, en bleu et blanc

Mon guide : le plan extrait du site d' Eric Teulière 

Je pars donc en solo avec une corde, sécateurs et cisailles et une seconde corde destinée à un aller simple 😁😂...si tout va bien. Sur mon téléphone se trouve la photo de cet extrait de plan. Le GPS sera d'un grand secours pour affiner mon trajet car le chemin n'étant pas sur la carte de Géoportail, ce sera de la navigation fine aux courbes de niveau et parcelles cadastrales. Ah je ne ferai pas de la vitesse ! Surtout si je dois débroussailler !

Et c'est parti : le sentier au dessus du tunnel, le vieux chemin sont une formalité, je les connais par coeur. Puis j'oblique vers l'inconnu,  sur la gauche, à l'entrée de la combe qui mène au Roc des Brouyères. Un petit tas de pierres est là sur ma gauche et juste au-dessus se trouve un chemin. Les cisailles vont mordre du bois, les sécateurs des lianes et je progresse. 

Je débroussaille

L'indispensable outil



Chemin 

Ravin et chemin à la fois



Je frôle le balisage rouge des chasseurs mais je lui tourne le dos, le ravin qui fut chemin va me conduire vers ...rien. Là où devait se trouver le chemin, plus rien n'est visible, c'est du dévers dans la pente, j'y vais et j'y progresse sans problème en suivant la cohérence des courbes de niveau. Surprise, je croise un chemin bien tracé! Mais qui c'est celui là ? Vers l'amont, il conduit à d'anciennes parcelles, sylvicoles peut être ? Demi tour, il s'arrête là, ancien chemin d'exploitation, assez ample pour avoir été muletier.


Dans le dévers le sol est propre


Le mur du beau chemin transversal















La partie aval, je la garde pour mon retour, je reprends la courbe de niveau dans le dévers de la pente, je traverse la jungle de la ligne électrique, peu agréable car le sol est aussi tourmenté que caché.

Et s'il y avait des serpents ? 



La jungle de la ligne














 

Toujours en me guidant au GPS et courbes de niveau je parviens au chemin vraiment marqué, au pied des falaises. 

L'emprise du chemin enfin lisible


Toujours en dévers













C'est la joie ! Là aussi de l'effondrement a sévi, mais une récente averse a rendu le sol plus porteur. Rapidement j'arrive à la jonction de l'autre jour et je suis ravie. Je franchis le tronçon qui nous avait posé problème, le sol est plus porteur et, surtout, j'installe une corde fixe qui fera rire les chasseurs mais qui permet à d'éventuels "randonneurs" de traverser en sécurité et qui assure la mienne car je vais revoir le tronçon taillé dans la roche. Il en faut peu pour être heureux non ? 

Mise en sécurité du passage très glissant, avec la corde que je laisse sur place 

Le chemin dans son meilleur passage, en quelques images : au pied des falaises











Le temps est superbe, étincelant et les rares trouées du paysage sont d'une parfaite netteté, dans le silence énorme des lieux navigue le bruit des moteurs sur la route, un ou autre coup de claxon. 

Le décor vu d'en haut


Et l'inverse


Je reviens par le même chemin, il n'y a guère de choix dans ces fourrés, jusqu'au moment où je parviens au chemin d'exploitation, bien tracé mais absent de la carte; alors je l'emprunte, il pique droit en aval dans la pente, peuplé d'arbustes que je finis par renoncer à cisailler et je vais suivre le trajet des animaux, sur le bord, un peu courbée en deux. Il se faufile entre des parcelles bien denses en végétation et me voici enfin en des "lieux civilisés", sur ce très vieux chemin qui paraît à présent une vaste avenue !

Parfois c'est mieux
Il faut vraiment être dans le décor
pour voir que c'est un chemin















Pour moi, pari tenu, j'ai retrouvé l'intégralité du chemin, j'eusse bien partagé ce moment avec Eric.

Inutile de dire qu'après ces brèves et denses séances s'imposent rafraichissement dans l' Aude, repas et sieste. Je ne sais pas, de mon corps ou de mon cerveau qui est le plus mis à rude épreuve. La difficulté avec ces chemins est qu'ils n'existent pas sur les cartes, il faut donc les retrouver avec des moyens se superposant, à partir de faibles indices : parcelles cadastrées, courbes de niveau, intuition, cohérence du terrain et GPS pour savoir où on est. Un vrai puzzle dont j'ai fait ma passion...Usant, certes, mais....

Pourtant ....j'ai d'autres chemins encore qui m'attendent. 

Le trajet :

En rouge, les points GPS
Rouge et noir, le point d'arrêt de la dernière fois
En bleu le chemin d'exploitation transversal
En noir, la descente de la fois précédente


En résumé, le chemin sur le cadastre napoléonien de Quirbajou (en pointillés rouges)




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