mardi 21 janvier 2014

Le civet de sanglier

Il est de tradition, dans nos milieux agricoles, de laisser des terres incultes à disposition des chasseurs qui y font des cultures à gibier, soit des céréales. Du blé dans notre secteur. 
Les chasseurs ensemencent la terre qui nourrira les animaux de passage. En contrepartie, ils nous octroient des morceaux de sanglier de temps en temps, en période de chasse.
C'est ainsi que l'autre jour est arrivé en ma maison un lot de viande de sanglier.


Le sachet qui me fut attribué contenait des côtes, une omoplate bien pourvue en viande et un bon morceau de viande. Le sanglier nous parvient découpé et débarrassé de sa peau.
 Une bonne partie du travail nous est épargnée.


J'utilise une trilogie d'outils : le grand et vieux couteau appartenant à ma grand mère, le fusil de table pour aiguiser et un couteau à découper, usé jusqu'à la corde, venu de je ne sais où mais redoutablement efficace.

Et je me mets à l'ouvrage: moment difficile, s'il en est, du découpage. Maladroit, ce n'est pas ma spécialité .
Les morceaux de viande et les os vont mariner ensemble dans un récipient.










Je mets la viande à mariner dans un bon vin rouge, garni 
d'aromates : une carotte, des fanes de poireau, oignons et ail, thym, laurier, herbes de Provence, du gros sel et du poivre.



Et je laisse reposer au réfrigérateur environ 36 heures.




Ensuite vient le moment de la préparation.




Je dissocie la viande qui égoutte tranquillement du vin et aromates.
Puis je fais frire la viande quelques minutes en la retournant régulièrement dans
une cocotte en fonte.



Pendant ce temps, je prépare l'assaisonnement pour la sauce : ail, oignon, bouquet garni, carotte.
 Et cèpes frais congelés, ramenés de mes expéditions en montagne.


Lorsque toute la viande ( et les os aussi) a été ainsi précuite, je la refais "passer" avec
 ail et oignons hachés.
Je hache toujours avec la bonne vieille "mija lluna" (demi-lune) qui garde les saveurs 
mieux que le mixer.



Ma viande enfin rôtie, je la refais passer un instant avec l'ail et oignon mixé, dans la cocotte en fonte, avant de la mettre au feu pour une cuisson lente et douce sur la braise.







Car je cuisine ces mets-là au feu de bois, longuement, lentement, amoureusement.
La viande cuit au vin rouge exclusivement, puis j'ajoute de la farine délayée dans un peu d'eau froide pour obtenir la consistance désirée.
Avant d'ajouter enfin les cèpes qui donneront la touche finale.





Quand le temps de cuisson est terminé, il ne reste plus qu'à déguster, avec un bon vin rouge,




















ou à congeler pour d'ultérieurs festins...




A chacune sa manière...selon son éducation ou selon sa culture...
 Une autre méthode avec de la viande venue des mêmes chasseurs sous les mêmes cieux.

Et les os ?Pas question de les jeter: je les ronge avec un bonheur préhistorique ...bien assaisonnés de sauce cependant!



Post Scriptum: on peut l'accompagner avec des pâtes (fraîches) , des simples
 pommes de terre bouillies ou du riz.



dimanche 19 janvier 2014

Le chat lion, un an après...

Peluche, le "chat lion" (clic) de Pascale m'attendait au pied du premier cep de la vigne que j'allais commencer à tailler, devant chez lui. C'est à 15 km de chez moi, je ne l'avais pas prévenu car Pascale ne lui a pas encore offert de portable, j'étais avec une voiture qui ne m'appartient pas donc il ne connait pas le moteur et il m'attendait comme à un rendez vous.
Etonnant, non?
Content de me voir, bien qu'il n'ait plus qu'un oeil pour me regarder; un grave accident de la route lui a fait perdre un oeil; ses maîtres l'ont fait opérer et il est toujours aussi fringant.
Plus pelucheux que jamais !

Il m'accompagne dans les rangées et me montre sa joie à sa manière.
Moi, je me marre...
Regardez le !













jeudi 16 janvier 2014

70 ans bien sonnés.

C'est l'oranger familial planté par mon grand père en 1940 je ne sais plus combien...
C'est un Navel , variété espagnole au goût remarquable.
Il a traversé les hivers, d'abord enfermé dans une cabane en planches pour l'isoler du froid.
Ensuite, trop grand pour l'enfermement, c'est un éclairage électrique qui, par sa chaleur, le protège du gel.
Depuis le décès de mon père, je m'en occupe et il me donne du fil à retordre, l'animal : la cochenille et la mineuse le dévorent et je me bats -en vain- pour le protéger. A coups de traitements inutiles.
J'enrage ! Et lui, il jubile, fait de succulentes oranges...

Dont je profite: je le vaux bien, non ?








Je lui ai fait une coupe "à la zazou" : j'ai ôté un max de branches, de feuillage, bref je l'ai allégé...en vain!
On dirait qu'il veut me faire damner...
Oh, si j'écoutais mon frère, ce serait pire...mais le ferait-il ? Bref, on enrage!

Et il est délicieux, le sadique !










Un goût inimitable...

C'est juste au pied de la cascade mauve (clic)

Je rajoute que la  production est déjà largement entamée: au début décembre, c'était presque 
une cascade d'oranges.


mardi 14 janvier 2014

Vers les cimes: Puig de Pam, 2470 m

Allez, encore une fois - pas la dernière, j'ose l'espérer-, je "vous envole" vers là haut; 
 l'air vif des Pyrénées nous tend les bras.
C'est une première pour moi : le Capcir.

Pyrénées Orientales

Mon lieu de randonnée, en Capcir











C'est chez moi, dans mon département, et je ne suis jamais allée dans le ciel du Capcir.
Parce qu'on l'appelle la petite Sibérie et que j'ai eu peur de ce congélateur à ciel ouvert !
Et bien, en ce 12 janvier, à 2500 m il fera 15 °! C'est ça, la Sibérie ?

Si je suis arrivée hier au soir dans "la purée de pois", c'est une nuit lumineuse d'étoiles, lune et dameuses confondues, qui m'héberge, à près de 1800m, avec en prime, une température positive. Le paradis, en somme. Que j'aborde en pull mais je le quitte vite pour le tee shirt, jusqu'au retour.



Et je marche d'abord sur une piste de ski de fond, dans le silence immense d'avant les "touristes".
Sur l'autre rive, l'étang de Balcère, gelé
Version Capcinoise du chêne et du roseau : le sapin et le bouleau




Celui-ci a juste le boulot de se nourrir comme il peut : sacré boulot!




Sur le sentier, ensuite, je chausse "mon dentier", car la neige est gelée et je n'ai pas envie de "jouer les filles de l'air".
ya du mordant !


Dans un joli crissement de dents, je marche; même je marcherai sur l'eau (gelée) un peu plus tard. Sur l'étang de Balmette.


L'étang gelé de Balmette


















La rivière joue les miroirs d'eau. Et c'est beau.

Cependant j'avoue que j'aime quand disparaît la forêt et que s'ouvre le paysage; certes, j'aime les arbres, mais en montagne, ils ne me rassurent pas vraiment, je préfère les vastes horizons; et là, je suis gâtée.




Il y a une compétition de ski, une course catalane avec contrôle de passage ici, à plus de 2000 m; 
autre sport, autres sensations que je ne connais pas.Mais que j'observe un moment : séquence concentration 
chez les skieurs.
Je m'apprête à virer au nord, vers le Puig de Pam ( Puig = sommet).

Lac gelé des Bouillouses : 2000m

Les deux Péric Le grand, 2810 m et le petit, 2690 m

le Carlit : 2921 m, gravi un jour avec Lison




Les 2 Péric




Moi, qui n'ai pas froid, comme d'hab!
Il fait 15 °
A propos de Carlit, voici au télé une vue qui montre deux humains au sommet ; le sommet est à 9 km 
à vol d'oiseau (j'ai un super zoom); mes yeux n'y voient rien!

Deux humains au sommet : distance 9 km
Les sommets voisins, passés au crible du télé montrent aussi des "visiteurs".
 Mais aucun n'est aussi loin que le Carlit.

Et puis, de ce Pic, je vois à 360 ° : j'ai la chance de voir surgir un skieur pendant que je dessine; il me montre tous les sommets dans un flamboyant cours de géographie : la chance est au RDV.

Le Canigou, je l'ai identifié sans peine: 

Canigou : 2784 m


 Et puis, sur les conseils de ce visiteur éphémère, je me lance dans une vertigineuse descente en raquettes : je ne descends pas, je vole avec juste le bruit de boulettes de neige qui filent devant mes pointes de danseuse.

Cependant, quand j'aborde la forêt, c'est l'angoisse qui pointe son nez.
Je suis avec l'application d'un élève studieux les traces de skis : surtout ne pas se perdre; en fait je suis une grande anxieuse qui brave l'inconnu.





Avec une pointe d'humour en toile de fond...ou Jean de Lafontaine revisité, l'histoire du "chêne et du roseau" revisitée version Pin à crochets.

Petit, je plie et courbe l'échine :




Grand, je romps et je me casse.



C'est bien ce que font les humains, non ?


Trève de plaisanterie ! Il y a les autres, moins chanceux :

C'est la montagne en deuil


Allez, trève de plaisanterie, répétai - je!
Je m'extirpe de cette forêt qui me stresse, je retrouve le lac de Balcère gelé et pour finir, fatiguée, mon camion tout aussi gelé, une soupe chaude de légumes / maison et un bon verre de muscat non moins maison...enfin presque. Il n'y a que moi qui n'ai pas froid. Même Lison qui n'a pas voulu m'accompagner; et au lit, j'ai eu froid, sans ma bouillotte à 38 ° !


Pas un plan d'eau mais un plan de glace : Balcère 1770 m

Je viens d'en haut, par tous les chemins
En résumé, un petit dénivelé d'un peu moins de 800 m mais une balade de 16,5 km.


Avant la route pour la maison, le lac de Matemale, aux Angles, (gelé) , perle du Capcir


Ensuite ? Rien d'autre que près de 2 h de route : courte routine, cette fois...