Et il y en a de belles, là où je suis allée: celle ci, je ne l'ai pas parcourue, mais entrevue de haut en montant au Col del Canto (1725 m). Inutile de dire qu'elle m'attire ! C'est la vallée du Sègre qui va rejoindre celles où je vous emmène. Car les rivières où je vous conduis sont des affluents du Sègre, indirectement ou directement, lequel Sègre se jette dans l' Ebre, grand fleuve espagnol qui rejoint la Méditerranée dans un vaste delta jumeau de la Camargue: le delta de l' Ebre, au sud de Tarragonne. Vous savez tout ou presque.
Alors grimpons à la rencontre de ces vaux.
| Monastere de Gerri de la Sal |
| Le pont médiéval |
| Matin joli |
L'Espagne a autant de" Noguera" que les Pyrénées Atlantiques de " Gave" ou les Pyrénées Centrales de "Neste". A croire que les baptiseurs furent à court d'idées !!!
La Noguera Pallaresa (154 km) sera celle que je cotoierai le plus : elle naît en Val d' Aran, a quelques dizaines de mètres de la Garonne, mais se tourne vers la Méditerranée alors que l'autre file vers l' Atlantique: à chacun ses choix!
Cette Noguera là est sympathique, souvent verte, vive, claire et chantante.
Elle sera un fil conducteur de ma route...mais...je lui ferai des infidélités.
Avec la Noguera de Tor ici présente:
| Bouillonnante et fraîche: un régal |
Celle là même qui me conduit au barrage deCavallers (1700 m)
| Etang et sommets mythiques |
Lequel est le départ des randonnées à + de 3000m: les pics de Besiberri, de Punta Alta, Comaloforno et autres qui me font rêver. Le temps n'est pas serein. Et brise mes rêves.
Je vais à la rencontre d'une autre vallée que je prendrai le temps de découvrir: la Vall Fosca (obscure). Moi, je la trouve sombre parce que la roche y est sombre, les versants encaissés et les bois obscurs: ça fait beaucoup déjà mais la vraie explication serait le manque d'ensoleillement hivernal. Le Flamissell se fraie un passage au fond, c'est lui que je rencontrerai en altitude dans ma balade des lacs.
| Capdella |
Une vallée étroite, aux roches rouge, rouille, ocre, sur tous les tons qui rendent l'été plus vert et l'hiver plus noir: brrr!
Village au fond de la vallée, Capdella (au bout de là bas) sera mon gîte pour deux nuits: paisible, quasi désert, doté d'une belle église romane où je ferai la pose dessin et aquarelle, et où je discuterai longuement (en français) de la condition féminine avec une algérienne mariée à un autochtone: pas triste, la soirée!
Capdella m'entraînera là bas, là haut vers ces beaux lacs.
Espui, son voisin me séduit pédagogiquement: il sera le théâtre d'une présentation architecturale:
Petit, le village se serre autour de son clocher.
Les ruelles sont étroites ou escaliers, les jardins en gradins
Et les murs portent leur date écrite en filigrane sur leur facture.
| Le mur authentique, de pierres inégales et brutes |
| Mur en pierres taillées plus récent |
| Mur récent décoratif |
Quoiqu'il en soit, il est INTERDIT de construire autrement qu'en pierre, pour l'unité. Que le mur soit en brique c'est classique mais recouvert de pierre, obligatoire !
Ainsi, tous les villages ont une heureuse harmonie et c'est bien.
Sur le toit, c'est pareil: couverture de toutes époques mais en tonalité identique:
| D'hier (barre à neige en bois) |
| écailles d'ardoise |
| Barre à neige en métal |
Sur les pentes de cette Vall Fosca, de petits villages "isolés" cherchent le soleil, la lumière et la chaleur: on ne peut que les approuver!
Un charmant réseau de sentiers anciens et remis -un peu- au goût du jour permet de suivre le chemin des anciens qui se frayaient un passage de village à village par des chemins clos de lassitude, au pas lent du bétail et de leur fatigue.
Jolis sentiers oubliés...entre des murets de pierre, jouent les jardins suspendus.
| Chemin clos |
| Jardin suspendu |
Une petite descente vers le sud m'emmène vite dans l' Espagne sèche, "tierra de secano" où on change de monde, de couleurs, de parfums, de bruits et de climat.
Son charme est certain: juste faut aimer!
| Une vigne incongrue |
| Terres sèches |
| Vue générale d'un paysage sec qui fait l'unité de l' Espagne, plus aride que verte |
| Un rio seco miniature, mini leçon de géographie, l' Espagne, en général, c'est ça. |
| Ravinements et gorges (miniatures) Au maghreb c'est les oueds, en espagne les rios secos |
J'arrive à une troisième Noguera, la Ribagorçana, 133 km, affluent du Sègre donc de l' Ebre aussi.
Plusieurs visages:
gonflée par les orages elle s'élance dans le Congost (défilé ou gorges) au méandre des loutres (introduites dans ce parc)
Sans transition, un peu plus haut, elle se heurte à un congosto dont elle franchira la porte étroite en ayant changé sa parure
Toute de bleu vêtue...
| Noguera Ribagorçana Barrage de Pont de Suert |
Je l'ai cependant quittée quelques instants, attirée par une vallée insolite, toute de rouge vêtue, terres rouges et ferriques, boues écarlates de la dernière crue: ici les rivières se nomment "Barrancs" autrement dit ravins.
Celui ci m'attire car il y a une piste de terre carrossable qui le longe, en garantit l'isolement et va ainsi favoriser mon projet: un bain de boue, fut elle rouge: j'adore !!!
Et ce sera le bain de boue, celui qui laisse la peau lisse....après l'avoir rincée dans les eaux vives du ravin: que du bonheur !
A demain pour d'autres vaux...