mardi 15 juillet 2014

Une nuit sur le Mont Chauve

Non, je ne vais pas vous parler de Moussorgski, qui écrivit "Une nuit sur le Mont Chauve"(clic) (Lysoy Gorye) en 1867.
C'est une oeuvre musicale reprise par Rimski Korsakov, son ami, en 1886.
Le thème en est le sabbat des sorcières la nuit de la Saint Jean.
Le Mont chauve est un lieu où il ne fait pas bon passer la nuit, d'après la légende.
On en trouve un à Kiev, qui inspira Moussorgski, un en Pologne, Lysa Gora, station de ski.
Un autre en République Tchèque et  en Slovaquie.

Non, le Mont Chauve, en France, est un sommet mythique de Provence, le Mont Ventoux 1912 mètres.


Ainsi nommé car il est coiffé d'un grand chapeau de pierres calcaires d'un blanc vif, tellement battu du mistral que rien ne pousse.
Il n' y a pas de sabbat, de sorcières et autres maléfices, si ce n'est le Mistral, Dieu (ou Diable ? ) tout puissant.
Il y a une montagne à laquelle se mesurent les cyclistes sportifs avec une pente à 10%, et que les amoureux de sports mécaniques se plaisent aussi à gravir, pour sa pente et ses lacets.
Il y a une étape mythique du Tour de France avec ses douleurs, ses joies et ses drames.
Il y a, au sommet, un bâtiment observatoire de 40 m de hauteur et aussi une station de ski.
Il y a... il y avait ...mon projet d'aller passer la nuit sur le Mont Chauve.

Justement l'an passé, l'étape du Tour de France m'en avait interdit l'accès.
Alors, en ce soir du 10 juillet, je m'apprête à passer "Une nuit sur le Mont Chauve".
Je prends la route à Sault, à 19 h, 26 km me séparent du sommet; c'est le côté plus long et moins pentu.
Cependant je sais que ce ne sera pas forcément possible, mais l'espoir me tient.
Oui car le Mont Chauve est invisible, coiffé d'un épais chapeau de brume, collée là par le violent Mistral.




Passés les derniers champs de lavande,


Altitude 851 m

la route s'élance dans la forêt, la verdure, la fraîcheur les fleurs.
Un beau paysage de montagne.
Mais au fur et à mesure que je grimpe je vois la brume s'enrouler, se dérouler, s'étaler, se faufiler, bref, devenir envahissante.

Plonger vers moi.
Et voler dans le ciel, un peu sulfureuse, poussée par le Mistral, chevauchée fantastique au dessus d'une plaine resplendissante.


Moi, j'attaque : la grimpe, c'est sûr, mais aussi la purée de pois.
Je compte les piquets de mon champ visuel : 5, puis, 4, puis 3 et enfin 2, c'est dire si je n'y vois rien

Non, je ne dormirai pas sur le Mont Chauve !
Je vous avoue que c'est angoissant et que mon idée de nuit s'est envolée avec ces gros nuages.
Mais je veux arriver au sommet. Un blizzard de brume cingle furieusement la carrosserie.
Je distingue dans un brouillard visuel des amas de pierres plates et livides, une esquisse de station de ski, une stèle que je n'ai même pas le courage d'aller voir, je distingue...rien, en fait.
Je sais les distances pour arriver au sommet, elles sont écrites, et m'y voilà, enfin.
L'ébauche fantomatique d'un bâtiment, je ne risque pas de voir ses 40m de haut.
Bien sûr pas une âme, pas un véhicule.
Et surtout pas passer la nuit ici : j'ai l'impression d'être un panier à salade secoué en tous sens pour "faire l'eau"!
Alors je franchis le sommet et me retrouve de l'autre côté, terrifiée par cette purée de pois et surtout cette violence du vent ! Oui, j'ai peur, je l'avoue !
Car l'autre côté il est sacrément en pente : 10%.
Et là, miracle, je suis sous le vent, c'est grand calme dans la merveilleuse ouate qui cache tout.
Oui je sais...les gens du nord se moqueront mais nous dans le Sud, ça on ne connaît pas !!! Alors souriez...
Et qu'aurais je du voir ?


Le Mont pelé au milieu des lauzes calcaires immaculées, l'observatoire.

 Certes pas le Tour de France mais de courageux cyclistes concentrés dans l'effort en attaquant cela

Le Tour








Impressionnante déclivité
Cependant je redescends vers des cieux plus cléments qui se déchirent et me gratifient d'un paysage magique.
Finalement cela valait bien d'être allée "là haut" pour mieux admirer "en bas".



Dentelles de Montmirail


Et me croirez vous ?
Ma nuit ne fut pas tellement plus sereine !
Je dus déménager à 2 h du matin pour cause de Mistral trop secouant. Oui, en bas !
J'avais tellement peur de m'envoler..

Couchant sur le Ventoux

Moussorgski n'était pas là mais...quelle musique !

15 commentaires:

  1. la nuit n'a pas dû être très reposante.
    bravo, et les photo sont superbes.
    bisous

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    1. Oh que non, pas reposante ! Mais un si beau décor pendant 3 jours...Bisous

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  2. Bonjour Lison. Quelle aventure !! tes photos
    sont magnifiques . La dernière avec ce
    nuage flamboyant. C'est tout simplement
    magique . Merci de nous faire partager
    tes émotions. Bises et bonne fin de
    semaine . ELZA

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    1. Merci Elza, la Provence que je ne connais que très peu est séduisante dans tous ses états. je t'embrasse

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  3. Je t'ai mis un grand commentaire. Ça a planté, donc j'attends demain pour le refaire .... Snifff .....
    Bisous
    Chantal

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    1. D'accord, si tu as le courage car les comm qui s'envolent c'est super frustrant; bisous

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  4. Obrigada por compartilhar essas belas imagens, o lugar é muito bonito.
    beijos

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    1. Obrigada Pretinha (e amigos); gosto muito de gatos e de Portugal tambem

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  5. Quelle aventure ! Je te trouve bien courageuse de conduire dans une telle purée de pois. Mais tout ça doit te laisser de supers souvenirs ! Merci de partager avec nous. Bisous

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    1. Courageuse pas toujours mais j'essaie de me dépasser, et puis rien n'est impossible avec un peu de sang froid. les peurs viennent parfois après. Bisous

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  6. Quelle grimpeuse tu fais ! Bravo ça valait le coup vraiment ! Magnifique petite Lison ! Merci pour le partage ... Bisous

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    1. Bisous Anne près de l'eau de moi près du ciel !

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  7. Coucou Lison.
    Et d'abord merci de prendre des nouvelles, et aussi pour tes petits mots.
    Je fais aller,le temps fait son ouvrage et le manque se ressent moins.
    Je connais bien le Ventoux, pour l'avoir côtoyer à cheval pendant de très nombreuses années.
    Quant a son capeù, je ne le connais qu'en voiture et il est assez souvent dans le brouillard.
    Mais tu te rapproches, de chez moi, quand viens-tu faire un tour dans le Mercantour ?
    Tu nous a fait de belle photos et tu sais raconter tes aventures à merveille.
    Gros bisous Lison.
    Belle soirée

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    1. Et oui, tu étais cavalière...Ce devait être beau de découvrir un lieu au pas des chevaux...ça je ne connais pas. Ah tu es dans le Mercantour que je ne connais pas et qui doit être si beau ? Oh tu sais je suis mobile, on ne sait jamais où je peux être, une vraie nomade épisodique ! je t'embrasse, à bientôt pour de prochaines aventures et au moins pour mon 3 eme volet provençal...

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  8. Je disais donc avant de me faire jeter par une erreur lorsque j'ai voulu poster mon com .... Qu'il était écrit que tu ne dormirais pas en haute du Mont Ventoux cette fois-ci. Mais te connaissant, ce n'est que partie remise !
    Je t'écrivais aussi qu'il y a trèèèèèèèès longtemps, j'insiste sur le trèèèèèèèèèès, lorsque j'avais 13 ans à peu près, j'étais en camps d'adolescentes à Malaucène donc pratiquement au pieds du Monsieur Ventoux. Et bien, on nous l'a fait faire A PIEDS l'escalade !
    Parties le matin, pique-nique et retour fin de journée.
    Je ne me rappelle pas de trop avoir souffert de cette "ballade". Mais c'est normal, car hormis le jeune âge, à la place de l'observatoire, à l'époque, il y avait une caserne de militaires !!!! Donc pleins de jeunes et beaux mecs. Ça aide !!!!
    Ton reportage et tes photos son sublimes comme toujours.
    Bisous
    Chantaloup

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