vendredi 17 octobre 2014

Moi, Arsène, félin filou...






Personne encore ne me connaît, je n'appartiens pas à la Tribu du Sujet.
Ni à personne.
Je suis chat sans famille.

Mais non sans histoire..

Un jour, il y a au moins deux ans je suis arrivé chez Elle.
Elle m'a accueilli, nourri dans son jardin car ma sauvagerie m'interdisait de mettre un pied dans sa maison. Pas dans son jardin.

Elle m'a bien accueilli, mais pas ses chats.

Elle m'a appelé Arsène, m'a nourri et m'a parlé.

On ne m'avait pas habitué à ça, moi chat SDF.

J'étais un grand blessé à l'époque parce que derrière mes deux oreilles deux gros abcès coulaient.
Ah oui ! Me soigner ? Elle aurait bien voulu mais fallait pas m'approcher.
Plus tard j'ai su que son "véto" avait dit "Il mourra d'une septicémie, c'est classique".
Ouais... je ne suis pas classique.

Elle ne supportait pas ça : ces deux plaies qui saignaient. Quelle sensiblerie ! Un chat guerrier en a vu d'autres.


Sur cette photo je suis guéri. J'ai saigné pendant plus de 2 ans. Quand je guérissais, je me grattais et ça recommençait.
Que voulez vous ? ça grattait!

Elle et moi on s'aimait bien mais je suis un nomade.
Alors je suis parti chez Lui, plus bas dans la même rue.
C'était pire. Il paraît que si j'avais su compter j'en aurais trouvé entre quinze et vingt.
De quoi ? mais de chats, voyons.
Il m'a nourri, comme Elle, m'a hébergé et m'a si bien nourri (steaks) que j'ai guéri. Comme vous avez pu voir.
Pourtant j'ai été très malade....
Alors l'autre jour j'ai eu envie d'aller chez Elle car on ne s'est jamais oubliés.
Quand Lui s'en va en week end, c'est Elle qui s'occupe de nous. Et le contraire marche aussi bien.
Alors en ce matin, puisque vous savez tout, je suis chez Elle.
Sauf que ses chats ne sont QUE 6 et pas habitués au passage. Ou aux visites.
Alors voilà :
Je suis sur Sa terrasse, j'implore du regard, je demande juste à entrer.



Elle dit oui.
Mais....


Regardez celui là.




Moi, je suis Mathurin.
Cékiça ?
Ouste, file, ...et je suis poli !!!Grrrr




Bon, d'accord, t'as rien compris ?
Stratégie militaire : ça s'appelle combattre à front renversé...T'as rien vu ? je suis derrière toi et je t'attends au virage.




Je louche , ok , mais ça converge : et vers qui ?




Attends mon Matu, j'arrive : cékiça ? Ilfaitkoilà ? non mais...!!!(((


Elle, elle surveille, preuves en main. je l'implore du regard.


Mais je n'entre pas, car dans la salle à manger devinez quoi ? Blanche est là; avec de ces yeux !!!







le gauche...
le droit...
c'est pareil...
        et
c'est pas mieux!
Tandis que moi, comment peut on résister à ce regard là ?
Elle n'y résiste pas.



Tiens voilà l'autre, Farine et son grand appétit.
Elle me mangerait peut être ?
Vaut mieux filer doux....



Elle a les yeux jaunes du crocodile de Katerine Pancol. J'aime pas ça.



Et puis...y a l'autre, là bas, celle à qui Elle dit quand Elle s'en va : " Syrah, tu gardes la maison !"
Et qui obéit. Et qui garde. Et qui râle mais qui garde quand même.
Et qui est fière quand Elle dit "C'est bien Syrah, tu as bien gardé!".
Et qui malgré ça fait la gueule...

Ben cette Syrah, elle me tourne le dos.
Parce que...


Parce que s'il exagère, Arsène, je te le course au passage qu'il s'assomme entre les barreaux du portail.
Je GARDE, MOI !





Ben....mais...en manque un ...l'est où ?










Je suis là ...j'ai peur moi....Suis caché dans le noir, moi...Moi ? Mais oui, Blizzard !



Oh que j'ai peur !!!

mardi 14 octobre 2014

Du fond des bois...suite.

Nous en étions restés là...ou presque car j'y suis revenue, accompagnée cette fois, d'amateurs.


Tous était comme hier, calme et paisible... Enfin presque : un Canigou un rien "volcanique" veillait sur nous.



Mais on l'a vite oublié, cachés au fond des bois, rampant, avançant à quatre pattes, enfin, la routine.
La routine fut aussi une vaste cueillette, plus de 20 kg, je pense.




La chanson a changé à la maison : elle avait déjà entonné le 1er couplet ce matin avec les bolets de la veille.
De ramasseur, Lison -moi-, s'était muée en bricoleur.



Un cadre de moustiquaire que j'avais construit pour ma chambre a changé de destination et s'est mué en séchoir à champignons.



Quelques heures plus tard, après la cueillette, des perles de cèpes font de beaux colliers...



Et puis il y a la méthode moderne : le séchoir électrique de Nika.
Au bout de quelques heures, ils sont prêts à filer aux civets.



La méthode ancestrale d'ici est toujours...la moustiquaire : midi et moustiques obligent.
Il m'en reste une de vieille, donnée autrefois par mon père : la voici bien remplie, un joli design...




Et ce soir, un entêtant parfum de cèpe emplit la maison du garage jusqu'aux étages.
Croirez vous ? Je n'ai pas fini : un plein seau m'attend encore.
Quant aux girolles leur destin n'est pas encore scellé.
On avisera demain!


dimanche 12 octobre 2014

Dans les bois.

Je ne suis pas toujours à la montagne. Ni à la mer. Il y a aussi les bois.


Chez moi, les bois sont un fouillis de végétaux méditerranéens, chênes, bruyères et autres. Epais, rabougris, inextricables.

Cet après midi, j'ai voulu aller voir si je trouvais quelques champignons.
La montagne proche coiffée de gros nuages indiquant le vent du sud m'ouvrait ses bras.


Plus loin, dans d'autres départements pas si lointains, ce même vent apporte de gros nuages chargés d'eau qui s'écrasent sur les contreforts des Cévennes. Ainsi le Gard et l' Hérault sont en vigilance rouge, s'inondent désespérément tandis qu'ici , il fait chaud et beau, avec ce maudit vent du sud qui décoiffe.



Mais ce temps est propice aux champignons ce qui n'est pas souvent le cas dans cet extrême sud.
Me voilà donc sur les petites routes de montagne, au milieu des bois.














Je n'ai pas beaucoup d'espoir, juste celui d'une petite poêlée...
Au hasard et au feeling, je m'arrête et m'enfonce dans le bois.
Quelques ravins, encore nantis de flaques créent une atmosphère paisible et assez délicieuse.






Nulle vie et nul bruit, sinon celui de mes pas et des branches que je bouscule.
Pourtant très vite ils sont là...
Colorés, chapeautés, élégants ou sombres, vifs ou ternes : les champignons.

Et surtout, je trouve cèpes et girolles, bien plus que je n'en espérais ! Oh ce ne sera pas une petite poêlée me disent les sous bois...

Girolle



Enfant , avec mon père, nous parcourions des bois semblables, proches de la maison, aujourd'hui lottis; il m'a initiée et la même passion nous animait, aussi, cet après midi, profitant du silence des sous bois, je lui parle et je me plais à croire qu'il guide mes pas. Qu'il cherche avec moi et qu'en plus, il se régale.
Sauf qu'on les mangera sans lui...Lui qui aimait tant, ensuite, les nettoyer et les faire sécher en fines lamelles,  sur des grilles.

Une princesse chapeautée


Je n'aime pas brutaliser les champignons : je ne détruis jamais un champignon inconnu ou pas comestible.

Quand j'ai un doute , pour un sosie de cèpe, je passe délicatement les doigts sous le chapeau pour identifier.
Cèpe

Celui ci, hélas, ressemblait tellement à un vrai que je l'ai arraché.

faux cèpe

Coulemelle

Girolle
 Ces bois assez touffus étaient autrefois, dans la nuit des temps, cultivés ; je rencontre quelques murettes qui me parlent du passé.






Je marche, je rampe, je glisse aussi, et je savoure le calme, les parfums du sous bois.
Même pas peur de me perdre, mais...j'ai mes repères et la boussole !


Cependant  la récolte bat son plein; mon petit seau se remplit et je fais des voyages à la voiture , ce qui rend la balade fatigante car dans ces sous bois, ça griffe, ça gratte, ça pique...C'est très touffu. Je progresse beaucoup à quatre pattes et c'est très amusant car je suis au même niveau que les champignons. Du coup ils ont un autre relief. Si j'avais l'odorat de mes chats, je n'aurais même pas besoin de regarder.
Mais c'est tellement beau, à ras du sol, dans une pelouse de mousses et de lichens.









Dirait on que ce ne sont pas des arbres ? Juste des bruyères au pied desquelles je suis en train de ramper.
Alors le paysage devient surprenant sur la photo  (ci dessous) : il est comme je ne l'ai pas vu.



Les cèpes sont tout jeunes, à peine éclos, j'en laisse beaucoup pour demain. Jamais, dans ma vie de chercheuse je n'avais rencontré autant de jeunes cèpes et surtout je n'en avais jamais abandonné un !
Et bien là, c'est des quantités.
Je sais je ne devrais pas le dire ....mais ne vous précipitez pas demain, vous ne les trouverez pas !



Au bout du voyage et de quelques dons, je ramène une jolie récolte...


Que je m'emploie à nettoyer, sous le regard attentif de six chats, dont aucun ne donne son avis, cependant.





Et pour terminer, ce sera une petite poêlée persillée : j'attends mes convives, l'estomac creux.



Epilogue....les convives se sont ré-ga-lés !

En doutez-vous ?