mardi 15 novembre 2016

La Dent d' Orlu (ou Pic de Brasseil)

Je savais que j'irais davantage voir la blancheur de son émail qu'aller tutoyer son sommet au surnom pas si étonnant que cela.
Je savais donc qu'elle risquait de me passer sous le nez, ce qui est logique pour une dent.




La météo était prévue très maussade mais à cette saison j'ai toujours des envies d' Ariège, le département voisin que j'aime tant. J'ai souvenir de week ends pluvieux où je n'hésitais pas à faire 3 heures de route pour aller ...me reposer, paresser sous la pluie, lire, écrire et dormir. Et revenir reboostée au bout de 3 h de route supplémentaires.

Donc je pars, pour 3 jours, sachant que je ferai toujours quelque chose là bas. Et j'emmène cette fois deux compagnons, le Grand Mathu(rin) et la Petite Nina. Pas vraiment deux amis mais je ferai avec. J'adore l' Ariège. Ils ont intérêt à l'aimer faute de s'aimer.


Le menu est vite écrit : c'est la pluie à toutes les sauces. La pluie sur la longue route, la pluie sur Ax les Thermes, la pluie pendant la nuit.


Au matin, tout est calme, luisant, tapissé de feuilles et voilé de brume. Mes deux comparses ont composé un modus vivendi fort serein.


Je renonce donc à grimper à la Dent, oui grimper car c'est du sport!, mais pas à aller la contempler. D'Ax , elle est invisible. Je vais donc aller à sa rencontre.
Je suis vite édifiée : la voilà depuis la station de ski de Bonascre (1300m).




Je ne l'ai jamais vue ainsi et je dois avouer qu'elle m'impressionne !




Je sais que je ne grimperais pas à son sommet, même si le temps était resplendissant, car c'est risqué, mais au moins aller jusqu'à ses pieds, soit à ses "gencives", juste l'endroit où la pente deviendrait trop ardue. Si seulement la météo voulait bien ouvrir une fenêtre...







Alors je poursuis mon chemin à sa rencontre et je parcours la belle vallée de l' Oriège (Orlu). Proche d'Ax les Thermes. Le soleil se devine, la brume s'effiloche, des cascades brillent sur les pentes, c'est magnifique.


Monter à la Dent d' Orlu ne se fait pas par cette face, sinon par voies d'escalade. Le sentier qui y conduit part d'une autre vallée et on accède à la Dent par la face inclinée (sur la gauche de la photo)


Vallée de l' Oriège à Orgeix



Vallée de l' Oriège



La petite route, au delà des Forges d'Orlu, grimpe résolument dans la montagne vers le parking terminus ouvrant vers des sentiers de lointaines randonnées: Le Roc Blanc, En Beys et tous ces pics que j'ai gravis ces derniers mois.
Que de souvenirs je retrouve en ces lieux...







Détails de la Dent
Le ciel, d'un coup, s'habille de bleu. je pourrais...peut être...
Je remets au lendemain, il est déjà tard et il y a beaucoup de route pour accéder au départ du sentier...
Je ne sais pas encore que demain sera jour de pluie.
Côté sites d' Escalade



Pourtant, c'est décidé, je vais vous y conduire à la Dent d' Orlu. Et sans perdre de temps.


Pour cela il faut juste remonter le temps

.
On y va ?



                                                  ..............................................................
10 juillet 2010...
Je gare mon camion à "la poêle à frire", ce parking en a la forme. Il a bien plu en début de nuit...un gros orage.Décidément...Mais le temps est un peu dégagé  au matin.

La piste forestière. 6 km

Des jeunes gens bardés de cordes et de matériel d'escalade s'enfoncent dans les bois, la Dent est avant tout un site fort connu d'escalade. Lison m'accompagne et m'aide avec assurance à dénouer ce lacis de sentiers escarpés dans la hêtraie. Son orientation est sûre. De temps en temps elle me montre des écureuils discrets dans les arbres, rien ne lui échappe, c'est un régal!




















Lorsque la forêt cède le pas aux clairières, c'st le choc : la Dent apparaît dans toute sa splendeur et son aridité. Une pyramide de pierre aux dures arêtes qu'il semble impossible de gravir.
J'en ai le souffle coupé!



Le tracé du sentier tout droit.
La photo écrase la pente
Sur cette face  monte le sentier vertical
sur 250 m de dénivelé

A cette époque, j'avais 6 ans de moins mais moins d'entraînement , d'énergie, voire d'endurance. Ce que je note alors dans mon cahier me fait sourire : "la troisième partie du trajet est indescriptible! Il faut la vivre ! C'est la Dent proprement dite; pas de sentier en lacets ni d'"échelles", la pente est raide et le sentier vertical. On trace droit dans le lit d'un ruisseau empierré que mes courtes jambes ont du mal à escalader. Cela glisse, est escarpé et épuisant. Je me sens même proche du malaise."

Quand je pense aux murs que je gravis aujourd'hui, cela m'amuse. Oui sourire...sourire...peut être ne sourirai-je pas autant lorsque j'y remonterai. Mais j'aimerais bien aller me confronter à ces souvenirs.






J'ajoute : "Au sommet c'était grandiose. Toute la montée j'ai savouré LE BONHEUR, le faisant partager à cette époustouflante Lison qui randonne bien même si elle manque encore d'entraînement. Elle se repose sur mon cou ou dans son petit sac; elle préfère mes bras".


Crêtes en prolongement de la Dent
 Me voilà parvenue au sommet, étroite plate forme hérissée de blocs dont une étrange dalle plate.


Au sommet 2222m

Lison se repose

Je note dans mon cahier mes impressions parmi lesquelles, concernant ces deux photos : "Sous la mer de nuages, dans un vertigineux à pic, se devinait la vallée de l'Oriège (Orlu) et montait sa rumeur de torrent sauvage". Cette même vallée que j'arpentais sur les premières photos de ce billet en contemplant la Dent blanche.

Logé dans son écrin l'immense barrage de Naguille, 1890 m





Au fond, vallée de l'Oriège

Site d'escalade
 En ce 10 juillet 2010, arrivée au sommet, à 2222 m je trouve...une dent ! Curieux symbole Une grande canine recourbée. Un renard m'a t'on dit. Il y a du monde au sommet, quelques randonneurs puis, comme des sioux, arrivent furtivement les grimpeurs, le nez au ras du sommet, dans un cliquetis de fers.
 Je savoure sans pouvoir m'en détacher cette paix que je trouve sur cette étroite plate forme . Je savoure ces paysages magnifiques et ces montagnes qui flottent sur un océan d'écume.






Plus tard, je note "la descente fut rude, le sol était très glissant et l'à-pic impressionnant, je tombai deux fois".
..........................................

C'est avec ces souvenirs bien ancrés en moi que je savais qu'aller caresser le blanc émail hivernal 
de la Dent serait chose trop risquée...


Alors, je me suis contentée, avec ravissement, de la contempler d'en bas...


Depuis la vallée d' Ax

Sous l'oeil indifférent des deux compères ayant enfin scellé leur amitié !

















23 commentaires:

  1. Encore un agréablemoment pour le lecteur ! Toujours aussi bon, Amédine. Bravo à toi. Ce site a l'air vraiment fabuleux.

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    1. Oui je ne comprends pas pourquoi je n'y suis pas retournée; mais j'avais tant à découvrir "chez nous"...

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  2. Merci pour ces récits, ces magnifiques photos et ce clin d'œil à Lison.
    Mathurin et Nina ont l'air très paisibles. Super !
    Gros bisous
    Chantaloup

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    1. Bon c'était ma petite séquence souvenirs, une façon aussi d'être moins frustrée de ne l'avoir pas gravie. Avec davantage de neige ce serait peut être plus aisé avec les piolets et crampons. Une façon aussi dans ce récit d'associer quelques uns de mes animaux. Bisous

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  3. Toujours copain Mathurin et Nina ...comme tu dis de bons compères et compagnons c'est sympa de partir avec eux ..

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  4. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  5. Chère Amédine :) Magnifique Pyrénées La Vallée de L Oriége à Orgeix Un Bijou :) Merci pour Les Photos de Lison qui Vous a accompagnée Là où aucun Chat n est allé :) Mathurin Nina sont Adorables Ils en ont des choses à raconter à La Fratrie sédentaire au pied de La Montagne :) Calinous aux Minous Bisous à Vous Pensées Pour Lison :)

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    1. justement ils ont prévu un billet sur l'Ariège qu'ils ont adorée, faut leur laisser le temps de le "griffer"; bisous

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  6. et bien en voilà une région que je ne connais pas du tout mais avec votre reportage, cela me donne envie d'aller y jeter un oeil...un jour.

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    1. Oh si vous y jetez un oeil jetez en deux et jetez vous sur les sentiers, il y en a pour tous les goûts c'est magnifique: d'eau, de végétaux, de roche..rien ne manque

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    2. Cette réponse est de moi, Lison mais faite d'un autre ordi d'où ce nom bizarre

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  7. Ah j'aime l'idée de ce reportage mêlant hier et aujourd'hui, été et automne, ainsi que la continuité dans cette si belle relation avec Lison, Mathurin et Nina. Merci Amédine, bises.

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    1. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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    2. je le fais parfois en mêlant des images de plusieurs saisons sur un même lieu. Bises, Martine; oui c'est moi qui ai répondu mais pas de mon ordi alors je rectifie

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  8. Bonsoir ... Merci pour ces magnifiques photos ... c'est magnique, féérique ... j'adore ... et tes petits compagnons aussi ... même s'ils ne te le montrent pas ... Lison était une grimpeuse, une vraie ;)
    Douce soirée, Bisous et Câlins à tes Félins

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    1. Oui franchement c'était super beau. Ah Lison...un grand regret dans ma vie...Bisous

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  9. Il valait mieux ne pas t'y risquer, Amédine, tu as été prudente. Et puis la contempler de loin, ce n'est pas mal non plus ? :-)
    Merci pour ce retour en arrière, et toutes ces jolies photos.
    Bonne soirée à toi, Amédine, et une douce nuit.
    Et caresses à tous tes félins. :-)

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    1. Et bien il paraît que je pouvais le faire, dixit un connaisseur. Ce sera pour une autre fois...Je t'embrasse

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  10. Comme d'habitude c'est très beau si tu n'as pas le vertige c'est bon fonce bb

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    1. Et oui cher BB tu sais que je ne demande que ça : foncer! Bisous

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  11. Pour des raisons de technique ( difficile de passer sur les
    blogs-amis ) je viens trop rarement chez toi. Mais quand j'y
    arrive... c'est un voyage formidable. Et là, c'est le cas.
    Tes reportages sont passionnants et les photos toujours très
    belles. Alors, désormais tu voyages avec deux compagnons-félins ?
    Ils n'ont pas l'air de s'en plaindre. Et ils s'habituent l'un à
    l'autre. Oui... c'est un bonheur de venir chez toi. Je t'embrasse.
    ELZA

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  12. Pour des raisons de technique ( difficile de passer sur les
    blogs-amis ) je viens trop rarement chez toi. Mais quand j'y
    arrive... c'est un voyage formidable. Et là, c'est le cas.
    Tes reportages sont passionnants et les photos toujours très
    belles. Alors, désormais tu voyages avec deux compagnons-félins ?
    Ils n'ont pas l'air de s'en plaindre. Et ils s'habituent l'un à
    l'autre. Oui... c'est un bonheur de venir chez toi. Je t'embrasse.
    ELZA

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