mardi 20 janvier 2015

Balade inédite en Haute Garrotxa

J'ai été invitée à une randonnée hors des sentiers battus et même hors de mes sentiers habituels par un groupe de randonneurs catalans, par le biais de ma nouvelle amie Françoise.
C'est un jour pas ordinaire car je ne sors jamais en groupe : saurai-je m'adapter à la vie en commun et saurai je avoir le rythme ?




Quelques renseignements : La Garrotxa (785 km2)est une région de la Catalogne espagnole (capitale Barcelone) dont un morceau se nomme Haute Garrotxe, limitrophe avec le département des Pyrénées Orientales. Garrotxe signifie région âpre, dure. C'est le royaume du maquis ou de la forêt dense de chênes verts.


Le groupe (Ph Françoise)
Nous sommes 9 dans un groupe allant de 38 ans à plus de 60 ans


Situation géographique

En bleu : La Garrotxa en Catalogne














Cette Alta Garrotxa a un relief tourmenté de collines fortement pentues, calcaires, où poussent les chênes verts et rouvres ainsi que les buis. Des sous bois assez propres, des pentes vertigineuses, un sentier balisé mais où se perdre est un jeu d'enfant, des ravins profonds, des falaises raides , un paysage angoissant si on y est tout seul, assurément, en font le menu de ce dimanche.



Cette région vécut longtemps de l'industrie du charbon de bois fait avec les chênes. S'il ne reste plus de charbonnières, leur emplacement est très visible : des plates formes circulaires au sol net et brûlé, où la terre noire est emplie à jamais du charbon de bois qui y vit le jour.





Le relief calcaire offre de grandes falaises percées de grottes autour desquelles tournoient des vautours.dans un lent vol silencieux et majestueux.




 Quand le sentier court à flanc de falaises, de belles ouvertures de paysage nous tendent les bras, mais...le vide est vertigineux. Regardons bien où on met les pieds !

Françoise en orange



Le groupe m'a concocté un superbe parcours découverte d'une région qui leur est chère : toute la rando se fera dans un climat de convivialité, de sympathie, dans un bain de langue catalane, ce que j'apprécie pour mon enrichissement personnel, toutefois ceux qui parlent français ont la gentillesse et le plaisir de converser dans ma langue : une belle journée d'échanges !
 Ce paysage de maquis touffu où la lumière entre avec parcimonie oscille entre 500 et 800m: nous y parcourrons en cette demi journée 15 km et 800 m de dénivelé. Tout en restant entre 500 et 800m d'altitude.

A l'heure de l'"esmorzar" (je ne traduis pas ?) un beau moment de convivialité : et ce n'est pas que le déjeuner du matin qu'on tire du sac ! Chaque catalan a toujours sa" bandera".

Sans commentaire ! Mais non sans joie !








Certes le paysage s'ouvre rarement sur des points de vue, mais nous sommes bien abrités du vent qui mugit dans les ravins, parfois on se demande si ce ne sont pas des chutes d'eau tant cela gronde..







Arbres fantasmagoriques
et soyeux



Ces ravins profonds, encombrés de gros rocs et dallés de calcaire ont eux aussi une drôle de vie : une vie souterraine.
Dans leurs environs les arbres sont couverts de longues écharpes de mousse : paysage un peu inquiétant !
Ces ravins entre lesquels nous allons "naviguer" se nomment "Les Valls" et "El Troll".

Saisissants ravins dallés de calcaire




Sous leur lit torrentueux, de l'eau coule souterraine, regagnant la surface lors des grosses pluies et vont rejoindre le Riu Beget lui aussi souterrain la plupart du temps. Toutes ces eaux se déversent dans l' étang de Banyoles près de Gérone, fort loin d'ici. A plus de 30 km à vol d'oiseau. En suivant un parcours secret de plusieurs semaines.

Grotte naturelle
Dans ce paysage on rencontre quelques abris sous roche qui servirent de cabanes de bergers depuis la nuit des temps. Quelques traces de foyers, des murettes demi effondrées, il y a beau temps que bergers et troupeaux ont disparu..


Chemin faisant on descend vers la vallée du Beget qui nous offre ses cadeaux : prairies glacées, jolis points de vue sur l' Alta Garrotxa , l'église de St  Miquel d' Hormoier (11 eme siècle) et les multicentenaires chênes "du roi" qui furent paraît il épargnés par le roi alors que les forêts étaient décimées pour les navires de l'Invincible Armada, au 16 eme siècle.

San Miquel d' Hormoier


Un des 3 chênes ...et à eux 3
ils n'en font pas le tour !





















D'ici on a une vue fantastique de là d'où l'on vient.

Derrière le chêne le paysage d'où nous venons entaillé par les ravins dels Valls (à gauche)  et de Troll (à droite)


Un petit tour sur les cartes et vues aériennes montrent un relief tourmenté et un parcours enfoui sous la végétation :


Un relief extraordinaire qui n'a pas fini de me révéler les surprises ! La randonnée n'est pas loin de sa fin, mais....Ils ont plus d'un tour dans leur sac ces Catalans !
Les voilà qui me conduisent dans la rivière au cours souterrain. Où quelques flaques claires abritent des "locataires".


Dans le lit du Beget
Cependant on quitte vite le lit pour une séance d'escalade qui nous ôte le sommeil: dans le lit abrupt du ravin.
En un lieu nommé "escaladuix" (du mot échelles)





Les échelles
Françoise grimpe aux "escales"
Photo GMVC













 Ce sera le dernier acte du parcours, je l'attendais avec impatience et je crois que ça faisait partie du jeu 
de m'y conduire.


Je vous conterai dans mon prochain billet l'histoire d'une singulière rencontre dans ces bois...
Une trouvaille dira t'on...

dimanche 18 janvier 2015

Flash info chat



Les dernières news : sa maman humaine (pas moi, j'ai été juste convoyeur de chat en fourgon non blindé, bien que je transporte une Princesse) l'a emmenée chez le véto qui n'a eu de choix que de faire un traitement de choc sous anesthésie pour ôter cette fourrure qui n'en était plus une.

A plus tard pour d'autres news...


jeudi 15 janvier 2015

Abandon et sauvetage.

Ou "tout est bien qui finit bien"...

Rappelez vous, mon avant dernier billet était l'histoire de ce chat triste abandonné (clic) par ses maîtres.
Son histoire me hantait et ce joli chat triste avait trouvé, par mon blog une famille adoptante.
La famille de Pascale que je connais bien et qui a un coeur comme ça: un coeur soleil, un coeur généreux, un coeur d'amour qui chante comme celui que j'ai rencontré un jour dans les montagnes...


Donc , en ce soir de 15 janvier, j'arrive à la noire nuit à la station de ski de St Pierre  où j'ai oublié ma veste de montagne et où attend un chat abandonné. Dont le souvenir me hante depuis une semaine.
Je quitte la tiédeur de mon camion et m'enfonce entre les chalets balayés par un vent glacé et aigre venu du sud, chargé du froid des cimes et de l'humidité ambiante. Une boule de poils noirs, dans l'obscurité arpente un balcon. Je l'appelle et cette boule descend très vite et vient se frotter, ronronnante, contre moi. Le reste est un jeu d'enfant, faisant fi de l'artillerie lourde dont je suis munie : caisse SPA et comprimé" anesthésiant".
Cette boule noire me suit comme un chien et entre à ma suite dans le camion: je suis stupéfaite.
Soirée ensemble, repas devant le chauffage, ronrons à perte d'oreille, mon steak sauvé de justesse mais quand même partagé, le chat est affamé. Je comblerai les vides doucement au fil de la soirée.

Insatiable...

J'ai pris soin de laisser Lison à la maison et c'est avec allégresse qu'un gros chat noir va partager ma nuit.
En images:



Ce qui me surprend c'est la confiance ; on m'avait dit "il est sauvage" et voilà qu'une peluche confiante ronronne près de moi, pleure d'une petite voix rauque et voilée mais pas vraiment effrayée. Il veille contre la fenêtre, peut être gêné par cette chaleur subite.


Moi, c'est l'odeur qui me gêne : il pue littéralement. mais je ne le mettrai pas dehors pour autant ! A minuit, il pleure et insiste pour sortir. Une brassée de vent hurlant s'engouffre dans le zéro degré ambiant mais le chat reste devant la porte, refusant de rentrer, en miaulant.
A 4 h il saute sur le camion pour entrer et vient se pelotonner contre moi : il a compris .
Il ne me quittera plus.


Le matin est là, glacé sur un Cambre d' Ase encore plus dénudé.
Sans doute quelques courageux sont déjà aux commandes des parois et couloirs qui ,ce jour, ne me tentent pas. Ce sera pour une autre fois, j'ai "d'autres chats à fouetter" !"comme on dit.

Cambre d' Ase glacé...
Voici sur cette vue son ancienne résidence et sa nouvelle, tout un symbole de part et d'autre de la route : une nouvelle vie.


Je fais mes adieux à la station, certains sont informés que je pars avec le chat : ainsi tout est clair pour ceux qui ont eu la bonté de le nourrir. Et de se soucier de lui. Ce qui fut bien et généreux.


La route sera difficile : il hurle, se terre, se cache comme il peut. Finalement je le mettrai sur le siège à côté de moi, dans la grosse cage SPA recouverte d'une polaire et peu à peu, en roulant, j'ouvrirai la trappe : c'est un chat sécurisé qui finit le voyage de 2 heures. 



 Je suis tombée amoureuse de son museau, de sa tristesse et de sa confiance; de ses yeux aussi. Faut voir avec quelle confiance il a mis sa vie entre mes doigts, lui que les humains ont tant meurtri! Cela me stupéfie toujours cette faculté des animaux à ne pas faire d'amalgame entre tous les humains
Un amour me prend pour cette boule de poils .








Bientôt, je le sais ce regard s'ouvrira avec bonheur sur le quotidien.
Là, pendant la longue route, il est bien enfoui dans sa caisse , un peu stressé, beaucoup confiant.





Chemin faisant, nous voici à la maison. je vais le laisser le reste du jour dans le camion; il viendra à la vigne avec moi, restera au chaud et caché, pourquoi lui montrer mes 6 chats et le stresser ?





Ce gros matou est en fait une femelle enrobée dans un épais manteau de poils que la rue a agglutinés de façon sauvage, et qu'il faudra tondre un jour. Des poils immenses, malodorants et soyeux à la fois.

Cela deviendra bientôt une belle jeune fille  très séduisante et heureuse.

Car ce soir je l'ai remise à sa famille d'accueil, pardon , d'amour, entre les mains de Pascale et de sa petite tribu, mari, enfants, famille, animaux, qui l'attendaient avec de l'amour "grand comme ça".

Sur Facebook, Pascalina

Dans une maison chaude et chaleureuse où , à cette heure, elle dort dans sa panière, roulée en boule contre mon pull qui garde nos odeurs mêlées, comme en un rite de passage.

Chez elle























Moi, je suis partie, heureuse et triste à la fois car nous deux c'était déjà un bel amour.

Avant qu'on ne se sépare définitivement, elle s'est blottie contre moi, bien serrée, dans le camion, 
m'a donné sa patte et m'a dit dans un long monologue silencieux, des mots que je garde secrets; 
tout comme le sont les miens.
Un long échange plein de cette tendresse propre aux chats. Moi, je lui ai confié ce que serait sa nouvelle vie.

Mais je sais que dans quelques jours, quand j'irai tailler ma vigne, ce ne sera pas seulement Caline et Peluche qui viendront me saluer mais aussi mademoiselle...comment ?








dimanche 11 janvier 2015

Montagne : Le couloir du Bonheur



Ou initiation à l'alpinisme.

C'est l'histoire d'un improbable projet né en secret voilà un an et, patiemment, silencieusement et méthodiquement préparé pour le rendre envisageable, probable, réalisable et...réalisé.
C'est l'histoire d'une fascination que mon âge reléguait au rang d'utopie mais qui fut si forte que c'est mon âge qui fut relégué aux oubliettes.
C'est surtout l'histoire de belles rencontres humaines et minérales.

Pedraforca

Couloir de la Sierra au printemps


Je ne raconterai pas ces préludes qui rendraient trop long ce billet, mais c'est en juillet que j'ai commencé à comprendre que ce rêve deviendrait réalité: gravir un des couloirs de ce fascinant Cambre d' Ase.
J'ai parcouru le Cambre, j'ai grimpé un couloir de la Sierra du Cadi, et j'ai attendu l'hiver.
Puisque je voulais grimper en hivernale un couloir du Cambre d'Ase.

C'est Ludo,(clic) dont je parle parfois dans mon blog qui m'a donné envie d'un couloir, qui m'a ouvert les portes du rêve. Il y a un an tout juste. Et j'ai commencé à rêver. Mais pas à y croire. Et puis j'ai eu récemment l'idée de prendre un guide de montagne. Qui rendrait possible l'histoire.
Et je me suis préparée. Depuis longtemps je me prépare. Pas physiquement car j'entretiens ma forme presque au quotidien. Non, l'essentiel c'est le mental.


Enfin, ce 8 janvier 2015, je suis passée du rêve à la réalité. 
Et je n'ai pas fait qu'arpenter un couloir.
Mon guide (suggéré par Ludo) s'appelle Guillaume et les premiers contacts, par écrit puis par téléphone me rassurent. Je pensais qu'il refuserait de piloter un senior (il y a des guides spécialisés), mais non, tout au contraire. C'est un jeune homme de 35 ans qui me rejoint sur le parking du départ, souriant, visage agréable, regard brun et pétillant. Je crois qu'on s'adopte immédiatement!



Un télésiège plus tard, c'est le grand départ à pied dans la poudreuse: la dernière piste de ski  à remonter, la longue moraine meringuée à longer, les éboulis nappés de chantilly à franchir et nous voici au coeur de "la chambre de l'anesse" (Le Cambre d'Asa).On a franchi 400m de dénivelé; Guillaume passe devant et me donne un rythme vraiment adapté à mes possibilités; on ne traîne pas et je ne me fatigue pas, contrairement à mes marches solo.



Je suis subjuguée car c'est la première fois que j'entre dans le coeur du Cambre. (Les couloirs sont ces saignées quasi verticales qui tranchent le cirque de montagnes  et les cônes de déjection ces langues de neige qui s'étoilent depuis les couloirs jusqu'au fond du cirque).
Autant paradoxalement je ne redoute pas de grimper dans le couloir, autant le cône de déjection avec sa forte pente m'effraie, parce que je sais que dans le couloir les piolets m'aideront. Les cônes de déjection sont des éboulis rocheux nés des couloirs et que recouvre la neige.
Guillaume Bernole
Guide de montagne Font Romeu



On commence à remonter le cône et je ne le trouve pas fatiguant: quelle chance, je m'en "faisais une montagne". Guillaume s'arrête pour préparer le matériel inconnu de moi, pendant ce temps je mange un peu car je suis quasi à jeun comme d'habitude. Repas frugal mais j'ai quelques réserves dans la poche. J'ai une gestion toute particulière de la nourriture et je dois m'y conformer à la lettre sous peine de ne plus avancer. Je mange très peu mais juste au bon moment. Je suis également peu vêtue, j'ai toujours chaud.

Me voilà équipée d'un baudrier, comme une culotte dont Guillaume m'habille et je ris : cela donne un avant goût de mes futures années "senior" !
Un casque, deux piolets , une corde qui nous relie et c'est parti vers le théâtre de nos opérations.


En guise de théâtre, le grand cirque en est un où se jouent des scènes entre des hommes araignées surpendus un peu partout dans la roche ou enfouis dans les couloirs: on les voit immobiles ou danser comme des marionnettes, on les entend : un monde nouveau pour moi, je suis au centre de ma fascination de ces derniers mois.
Guillaume m'a annoncé la couleur : "Je vais te faire faire autre chose qu'un couloir, on va faire du mixte et prendre une voie que j'ai ouverte". Ce n'est pas vraiment du langage connu mais je saisis à demi mot qu'on va faire de l'escalade. Parce que j'ai la pêche dit il et que je marche bien.
A moi, tout me sied, je suis venue pour aller au bout de mon rêve; si mon rêve prend d'autres couleurs, je veux bien le repeindre.
Et c'est parti. Je ne pose aucune question pour avoir le plaisir de découvrir. Je ne serai pas déçue!
La photo de près écrase le relief
300m env de hauteur
Voici le théâtre de nos opérations: dans ce cadre rocheux, on va -mais je l'ignore- à la fois escalader de la roche, grimper des pentes de neige et s'enfoncer dans un couloir. C'est cela le mixte: escalade et neige.

Le guide passe devant et s'éloigne irrémédiablement jusqu'à disparaître, jusqu'à ce que la corde soit bien tendue : alors je reste seule ; instant d'angoisse et de très grande solitude ! Je dois me débrouiller seule.
Je devrai m'y habituer il en sera toujours ainsi. Heureusement je l'ignore.
Dès le départ, 1ere difficulté, l'enjambée est trop haute pour mes petites jambes; ce sera une lutte mais je m'en sortirai ; avec les genoux! Et à la force des poignets avec la corde. Ai-je le choix ? Moment d'inquiétude. Parce que je ne vois pas le guide.


Départ dans un étroit passage en roche

Ensuite cela va tout seul; la montée va être aisée pour moi, bien que ce soit nouveau. Je n'ai ni froid ni faim, ni le vertige (il y aura jusqu'à 300m de vide), ni peur, ni fatigue; juste des instants d'angoisse quand je vois disparaître Guillaume mais en contrepartie une grande joie lorsqu'il regagne mon champ visuel ! Un vrai cadeau du ciel!
Guillaume s'éloigne











J'adore cette montée, ce type de terrain, c'est au delà de mon rêve. J'ai l'impression d'avoir grimpé toute ma vie; les piolets me sont familiers alors que c'est la 1ere fois, je monte avec aisance et je savoure chaque instant tout en restant très concentrée et attentive à ma tâche. Ma tâche consiste à décrocher le mousqueton ou le coinceur (le friend), à veiller à la tension et à l'axe de la corde. Et à rejoindre le guide bien sûr.
En suivant ses traces ce qui rend la tâche aisée.
Je grimpe avec énergie 


Et surtout à me débrouiller seule.
L'avancée sur la neige me va, je la préfère bien dure car les piolets mordent et s'agrippent férocement.
L'escalade en rocs, facile il est vrai, me demande de l'attention car des crampons d'acier sur la roche n'ont aucune adhérence. De plus, en roche, on monte avec les mains donc il faut poser les piolets et veiller à ce qu'ils ne dégringolent pas dans le vide: c'est mon obsession.

Les armes à la main

 Je ne perdrai jamais de vue mon bonheur! Je le savoure précieusement. je ne regarde pas beaucoup le paysage, trop concentrée sur mon avancée mais je prends le temps pour quelques prises de vue. Comme j'ai pris 2 appareils photos, nous en avons un chacun et nous nous photographions mutuellement. C'est sympa : il y a une belle entente, une connivence. je me sens bien, rassurée, confiante.



Selfie de Guillaume

 On a l'air aussi heureux l'un que l'autre!Non ?

Que du bonheur !






La pente vue par moi

Et par Guillaume


 A cet endroit, j'aurai la seule difficulté du trajet mais je suis bien obligée de me débrouiller : il y a un passage en roche délicat, la corde s'est mal positionnée,  je réussis à la remettre en place et surtout je dois franchir cette roche au dessus d'un vide qui m'angoisse mais que je feins d'ignorer. Ouf, c'est fait !
J'ai eu un peu peur...même un peu plus que ça.
La fin du trajet est une langue de neige au dessus de laquelle se profilent Guillaume, le ciel bleu, le soleil et la crête. Je suis contente d'arriver mais j'aurais bien continué encore un peu. Altitude 2720, on ne peut aller plus haut. On a mis 1h 50, on a grimpé plus de 250m, je ne me suis pas trop traînée...Bien sûr, mon guide aurait mis bien moins que celà !



On vient de tout en bas, là bas...Et on va y retourner....


Au sommet, instant détente, grignotage (je n'ai pas faim Guillaume non plus), le paysage est superbe, je l'admire. Guillaume aussi bien qu'il y vienne presque tous les jours. Mais on ne peut s'en lasser...
Guillaume Bernole

Paysage des crêtes: au fond Pic d' Eyne
 Et la descente ? Et bien on se lance dans le Grand Couloir, large, pentu, sans obstacle. Cette fois le guide est derrière au cas où je me prendrais pour le Capitaine Haddock mais je reste sagement sur la neige ferme car...mes cuisses...je sais ce qui m'attend plus tard ! (Pendant trois jours je serai vraiment plus que senior : impotente).


Le Grand Couloir ou Grande Cheminée (descente)

Oui, je pourrais courir comme mon guide m'y invite...si je n'avais pas utilisé les jambes à la montée.!
Revenir au parking sera un jeu d'enfant. Pour l'heure on va à pied jusqu'en bas, au fond, à la dernière tache de neige où notre taxi nous envolera dans les airs.

Et vous savez quoi ? J'ai dit à Guillaume que je recommencerai , au printemps.
"Quelque chose d'un peu plus compliqué" m'a t'il dit en me faisant ce beau cadeau : "Je suis fier de toi"!
Je ne dis pas cela par forfanterie ou prétention. Plus qu'un compliment, si cela m'a mis les larmes aux yeux, c'est juste parce que j'avais vraiment raison d'y croire.

Je dédie ce billet à ces deux hommes jeunes qui ont cru en moi et m'ont aidée : Ludo et Guillaume.
Merci à vous deux....





"Mesure tes forces par rapport aux projets et pas les projets par rapport à tes forces"
                                                                                                                Adam Mickiewicz
(Poète romantique Polonais)