mardi 12 avril 2016

Là où le temps s'est arrêté : 2 eme partie

Le Relais de l' Infante

Donc, en 1929, l'établissement thermal de Canaveilles ferma ses portes . Supplanté par Thuès les Bains ? Sans doute puisque ces derniers sont créés en 1851, avec 6 baignoires. Je n'ai aucun autre renseignement car les bains originels de Thuès n'étaient pas ceux-ci mais ceux de Thuès Entre Valls. Et St Thomas les Bains ? Cet établissement remis au goût du jour pour des activités ludiques vit le jour en 1842 avec non seulement quelques baignoires mais aussi quelques chambres. A cette époque on supposait que l'établissement aurait peu d'avenir, supplanté par ceux implantés le long de la Têt.

Mais quittons les bains et rendons nous sur la seconde et même
 la troisième vie de ceux de Canaveilles.

Archives Web
En 1941, l'établissement thermal, désaffecté depuis 12 ans est vendu à un banquier Perpignanais qui le transforme en auberge de style Renaissance Espagnole . On en voit encore les effets dans les ruines actuelles , au niveau architectural.


















Il est relié à la route allant de Perpignan à Mont Louis par une petite route, celle qui existait déjà et qui est en ruines aujourd'hui. La circulation se faisait à sens unique, soit montant, soit descendant, par des feux alternés. Un minuscule parking suspendu dans le vide comme un balcon permettait peu de place pour se garer et manoeuvrer.

Vestiges de quelques acrobaties (récentes; motos)

Revendu en 1978, un hôtel est aménagé, " Le Relais de l' Infante", pour compléter le restaurant. Hôtellerie de luxe dont on dit aussi, pour la petite histoire,  qu'elle servait surtout à dissimuler les amours clandestines, par sa situation vraiment discrète. Invisible de partout.

Image webb

Version été actuellement

 Ph Bruno Barboteu
 Version automne

Version hiver




Cette Hôtellerie , durera jusqu'à l'extinction des feux de l'établissement (sans jeu de mots...),puisque il fut ravagé en 1984 par un incendie. Dont on voit encore les restes. Franchissons donc cette porte prétentieuse et inutile...vestige de cette clinquante épopée.




 Et faufilons nous dans le dédale des ruines.







Que reste t'il donc de tout cela ? Un tas de ruines de styles très mélangés, une inutile et vaste piscine qui servit à l'hôtellerie, des vestiges de jardinières où poussent encore tulipes et autres iris.





Des pans de murs écroulés, des moquettes suspendues dans le vide, des sanitaires accrochés aux pans de murs, des placards vides ouverts sur le vide, des poutres calcinées, des ferrailles tordues par le feu...



Des ouvertures aveugles, des balcons incongrus, une installation électrique désuète en verre, une chaudière et des radiateurs dévastés, l'emplacement de l'ancienne cheminée du restaurant, des baignoires gisant dans les gravats....et une singulière atmosphère.

Chaudière et radiateur








Moquettes au fil du vent


















Oui, il reste une atmosphère surtout, où l'on devine des fastes passés et révolus, comme emportés au fil des eaux grondantes et tumultueuses du fleuve qui sait parfois monter si haut.



Il reste des graffitis colorés qui s'enrichissent au fil du temps, il reste ce que l'imaginaire peut nous suggérer et cette petite pointe d'appréhension qui serre la gorge et fait battre le coeur lorsqu'on erre de coins en recoins, de zones d'ombre jusqu'en plein de lumière. Surtout quand on est seul.



Et puis ce que le fil des saisons sait y faire naître : la nostalgie en automne, un semblant d'éveil au printemps, le flamboiement vert de l'été qui habille les ruines et la désolation hivernale.
Il ne reste plus que ce que chacun de nous est apte à y poser le temps d'un instant.
Avant que de remonter les marches envahies de végétaux


Et de pousser la porte imaginaire pour remonter à la surface et à la vie.






11 commentaires:

  1. Quel dommage de laisser en ruine un ensemble tel que celui-ci!!!!

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    1. je crois qu'il fut mis en vente mais ne trouva pas de repreneur
      D'ailleurs avec les risques de crues y aurait il un permis de construire autorisé ? La législation a tellement changé...

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  2. Chére Amédine surtout n arrêtez pas de Nous amener Là où Le Temps S est arrêté
    C est Si Bien Raconté ...

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    1. Merci; j'en ai d'autres des "comme ça"...plein mes souvenirs et ma curiosité à venir

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  3. Bonjour,
    J'avoue que je viens souvent lire et oublie de commenter... c'est pas bien !
    J'adore ces deux billets. Une histoire fascinante.
    Les lieux en ruine me fascinent. Leur mystère m’ensorcellent ...
    Après lecture du premier billet, je voulais tellement savoir que j'ai même chercher sur le web. Mais je suis restée frustrée, sur ma faim.
    Il suffisait d'attendre ton deuxième épisode.
    Ton récit donne envie d'aller se perdre dans cet étrange endroit.
    Merci du voyage.
    Douce soirée
    Nat à Chat

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  4. Bonsoir ... Quel superbe édifice ... dommage qu'il ne soit plus que ruine :(
    Douce soirée, Bisous, sans oublier les Câlins aux Félins ;)

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  5. Triste fin… On peut laisser aller son imagination… Mais on ne s’attarde pas. Par contre j’aime bien la première partie jusqu’à « … elle servait surtout à dissimuler les amours clandestines, ». J’y aurais bien rendu visite à l’époque ♥

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  6. J'adorerais aller là, c'est superbe ! Tu m'emmènes ? :)

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  7. C'est étrange de voir ce bâtiment maintenant en ruines alors qu'il y a dû y avoir tant de "beau" monde à une époque.
    Merci pour toutes ces explications, Lison. Bisous.

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  8. Tu as été courageuse d'y aller seule ! Pour ma part j'ai été saisie par une sorte d'angoisse qui m'a empêchée de suivre Claude dans certains recoins. Cet un endroit qui permet de rêver et d'imaginer tant de choses qu'il ne peut pas laisser indifférant. J'adore.
    Toutes tes précisions sur ce lieu me sont précieuses.

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