mardi 9 juillet 2024

Aude : les murs d' Artozoul

 Ne cherchez pas Artozoul sur une carte IGN, ni sur la carte de Cassini. Pas davantage sur la carte d'état major. Alors ? Comment ai-je eu vent de Artozoul ? Par le site d' Eric Teulière et sa page consacrée à Artozoul. Saint Martin Lys, Aude.


St Martin Lys


Eric a débusqué le lieu par le biais de sa famille, mais aussi par ses recherches dans les vieux grimoires. Récemment, en souvenir de la lecture de cette page, j'ai essayé de trouver Artozoul, finalement j'étais à quelques dizaines de mètres de ce qu'il en reste. Je n'ai rien vu, même pas le tronc d'arbre qui m'a fait faire un joli vol plané parce que je scrutais les sous bois. L'atmosphère du lieu m'avait surprise, mélange de grand isolement et de profonde attirance. Le temps était maussade et l'air avait le parfum figé de la pluie



Le chemin de Planéses


Muret du chemin d' Artozoul
Mais j'ignorais que j'y étais
La source

Déçue, je pensais y revenir en prenant l'accès à l'envers, comme à chaque fois qu'un obstacle se présente.

Quand Eric me propose la sortie sur site je suis ravie d'avoir un guide. Et nous voilà partis, de Saint Martin Lys, par le sentier en lacets de Planèses. Non pas un sentier mais un ancien chemin muletier que celui de Planéses, large par places, équilibré dans sa montée, toute en sous bois, Planèses étant autrefois un site cultivé, à quelques km du village. Il reste une ruine, des vestiges de champs et plein d'autres choses. Mais Artozoul ? 

Chemin de Planéses taillé dans le roc

L'ancienne voie ferrée


Et son mystère... qui n'en est pas un : un pilier creux destiné à effondrer la voie en cas d'attaque !


Fabuleuse balade de 53 barreaux




A la verticale de la route



St Martin s'éloigne

                                                                                             
Le chemin 
Tronçon remarquable
















Bâti sur le vide, ce tronçon



Minutie de la construction


Et bien un non averti ne verra rien, d' Artozoul, en y parvenant, et pourtant je suis fureteuse !

Avec Eric je verrai ! Oh pas grand chose...De ce qui fut autrefois une église dédiée à St Michel (transformée plus tard en bergerie), il reste de hauts murs envahis de lierre, une meurtrière dans le mur, des traces de piliers, une petite construction toute proche, au milieu de ce qui fut champs, "le Camp Gran", envahis d'herbes style pâtures folles et de vestiges de fruitiers rendus à l'état sauvage. Un ravin un peu canalisé entre deux murs de pierre, un vestige de chemin traversant à gué le ravin, et puis, plus rien.


Le ravin emmuré

Petit bâtiment : ancienne maison ? 



LA ruine majeure d' Artozoul, ancienne église

Mure de séparation englobant l'assise d'un pilier



Mur extérieur

Le décor environnant



Anciennes cultures du Camp Gran

Années 60



Même lieu aujourd'hui


Il faut "com d'hab'" de l'imagination pour y recréer la vie, pour effacer les chênes verts et faire vivre des murs, des bergeries, des paysans affairés. Les bruits ordinaires de la vie agricole et du bétail. Il n'y a que nos voix, le vent léger et les oiseaux. Mais enfin je vois Artozoul dont le seul nom me plait.

Ensuite, nous allons tracer une diagonale pour retrouver le chemin encore existant. A travers les pentes de chênes verts  au sol propre et net. On trace sans mal cette diagonale, je n'ai pas de réseau pour accéder au plan cadastral et au GPS en surimpression.


En blanc le chemin qu'il fallait suivre et qu'on a un peu "perdu"


On va un peu "se perdre" (dit Eric), oui on atterrit dans les blancs pierriers et barres rocheuses préfigurant la crête de Cap de Fer. Je peste contre ma carte qui ne veut pas s'afficher, Eric se lamente de ne pas retrouver le chemin mais je suis parfaitement confiante.

Le décor de nos vagabondages et la crête de  Cap de Fer



Là c'est facile

Un peu plus malcommode


Quand nous décidons de revenir sur nos pas, à 20 m au dessous de nous se devine la ruine d'une bergerie, donc le chemin est là et effectivement nous allons le suivre, lisible, bien posé à plat entre des murs, revalorisé par les chasseurs, et bordé de bergeries...enfin ...ce qu'il en reste, soit presque rien.


Vestiges de bergeries






L'assiette du chemin, rectiligne, en dévers, bien marquée


Direction le Pas del Taïchou, nullement porté sur la carte, un petit col traversant la barrière de Cap de Fer, taillé à bras d'hommes dans le calcaire.



Le Pas del Taïchou 

 On se juche sur la barrière et le panorama s'ouvre, sublime : Saint Martin Lys, la vallée, les gorges, la vallée qui monte vers les Fanges, les anciennes vignes et cultures, quel paysage, quelle page de géographie! Secoués par le vent violent, on reste prudents, on a oublié le parapente !

Franchissement de la barrière



La vue explose



L'emplacement des vignes

A présent, descendons du Pas du Taichou : 150 m de dénivelé négatif nous attendent par un chemin abimé, en lacets, couvert d'éboulis ou de rocs, jusqu'à la rencontre avec le sentier balisé et aseptisé conduisant aux Fanges. Je me souvenais de ce croisement et de ma promesse de venir m'aventurer sur cet incertain chemin, voilà longtemps. Encore une promesse tenue, sur mes chemins d'évasion.


Le grand effondrement

Au fur et à mesure de la descente






Le départ du chemin d' Artozoul



Même lieu, promesse tenue, j'y suis revenue


Ce chemin que je parcours pour la ennième fois me rappelle mes souvenirs de recherches, de découvertes, de ce qui fut "la tira", chemin de débardage, les vignes, les fruitiers, mon immersion dans un lieu que 18 mois plus tard je trouve toujours aussi magique. Dont je n'épuiserai jamais le charme de cette aventure loin de chez moi.

Le chemin "normal" de St Martin aux Fanges

"Mon" arbre

Et nous voilà parvenus à St Martin, si joli vu d'en haut, une petite balade musclée d'une huitaine de km (évalués).

Et St Martin


D'autres aventures ont suivi, d'autres lieux, mais chacun garde le goût incomparable de la première fois, de la première approche, de l'appropriation sur la pointe des pieds et, du fond du regard, des rencontres au détour d'un sentier ou hors sentier.

Et je n'ai pas fini ! Je n'ai jamais fini. Les livres d'Histoire ont toujours une page oubliée...

Le trajet du jour emprunté au site d' Eric Teulière

Source : Eric Teulière rubrique Artozoul (clic)