vendredi 10 avril 2026

Aude, Cavirac, les "échelles" de la Pierrelys


Les échelles ? Oh non, pas de barreaux. La seule barrière du secteur est une série de falaises fascinantes et rébarbatives...un passage y existe, paraît il. Les Murailles du Diable sont proches, c'est très engageant tout ça. Et je les attends depuis des mois. Une sorte de crainte me retenait.

Teintées de rose un soir de juillet 2024


Secteur des échelles

 Voilà maintenant quelques années que je vais "visiter" le Défilé de la Pierrelys, entre Saint Martin et Quillan, ce petit goulet de1.4 km, enserré entre de très hautes et inhospitalières falaises calcaires, celles que l'Aude a rongées pendant des millions d'années, mettant à jour les gisements fossiles de rudistes. Apparus il y a 145 millions d'années et éteints il y a 64 Millions d'années, ces mollusques bivalves à coquille épaisse vivaient dans des eaux chaudes intertropicales et peu profondes, en solitaires ou en colonies. Eteints en même temps que les ammonites ou les dinosaures, leurs fossiles affleurent dans les falaises de la Pierrelys (entre autres lieux audois), plutôt vers la base des falaises actuelles et ne donnent ni envie d'en rencontrer ni regret de n'avoir pu les déguster!



Je les préfère en fossiles, sinon je m'enfuis
 (de la peur!)


Ce n'est pas eux que je recherche même si je les scrute en cette fin de journée mais c'est plutôt sur les hauteurs que j'ai voulu m'envoler au matin. Un chasseur, Jean Louis, m'a un jour parlé des échelles, en me les situant dans ce décor grandiose et inquiétant à la fois. Les échelles sont un sentier très escarpé, ainsi les nomme t'on en Ariège par exemple, il n'y a pas de barreaux, les mains peuvent aider toutefois. Ces échelles là sont situées à la sortie du défilé quand le paysage regarde plein nord; la montée se fera donc dans l'ombre et le couvert végétal épais. Ce couvert fut exploité par les bûcherons et des pistes étroites, rectilignes et escarpées permettaient aux troncs de descendre et aux humains une solide grimpette. Je les connais presque toutes, j'en essaie encore une ce matin de Pâques où le temps est magnifique, tiède, empli de fleurs, chants d'oiseaux et vols saccadés de papillons.



La piste que je ne connaissais pas

Les bruits des véhicules parviennent à moi tandis que j'arrive au bas de l'échelle, qui n'est autre qu'un cairn indiquant "c'est tout droit et c'est là haut". Tout droit et là haut campe une majestueuse falaise que je regarde toujours avec gourmandise - et crainte- , je me vois déjà me glissant entre ses dents, dans les couloirs d'éboulis.

Mais non! les chasseurs n'ont pas choisi cette aventure là et se sont contentés de contourner sur la gauche en longeant pied de falaises et barres rocheuses enfouies dans les chênes verts.

le sentier des échelles, en montée

Mon rêve, ma frustration

Le sentier, balisé de rose, uniquement dans le sens de la montée est bien lisible, très escarpé, au sein d'éboulis couverts de mousse et d'arbres tout aussi habillés. C'est le vert dense où règne le parfum dense des buis.

Départ



Mise en jambes facile


Pas d'erreur, on ne peut quitter le sentier


ça commence à me plaire























Je monte lentement, regardant s'élargir le paysage entre les branches : collines, Quillan, Belvianes et Cavirac, Ginoles, falaises, c'est beau.

Villages dans la vallée de l' Aude:
Belvianes, Cavirac et Quillan



Du buis sans discontinuer

Dès qu'il y a du caillou je suis bien














Soudain un bruit, mais quel animal est à mes trousses ? Euh un tee shirt rouge n'est pas du style sanglier et, à notre surprise réciproque, c'est un jeune homme qui est en reconnaissance d'un tronçon des 44 km de trail prochain. Petit échange sympathique et chacun reprend son rythme alors que le chemin s'engage résolument dans les reliefs calcaires. Je pose quelques balisages au cas où je devrais redescendre pas là car je ne connais aucun chemin de retour. 


Le trailer


J'adore !


Ma frustration: les falaises s'éloignent


Vu de loin, au zoom, le site un soir d'été 2024, sous les feux du couchant


Un autre jeune homme me rejoint et déplore le manque de cordes pour aider à la montée. La pente s'adoucit, les échelles voient la cime se profiler, entre chênes et hêtres remarquables; le soleil me salue et je franchis le dernier barreau après 182 m de dénivelé pour 700 m linéaires. 

arrivée presque en haut, en compagnie du soleil et d'un autre trailer


Un des superbes hêtres

Ici se sépare la route du trail de la mienne: je vais longer la crête (altitude 931 m), d'où la vue porte très loin et je reconnais "la muraille". Au terme d'une belle montée de 600 m.

Altitude 931 m

Cette muraille, orientée nord / sud,  est un long cordon de pierres sèches arrachées au sol et érigées en mur large à sa base, haut, dans lequel se trouverait un vestige de porte (visité il y a un an avec un archéologue). Un site vieux d'au moins 3000 ans.


Vue aérienne de la muraille (IGN)


Perspective sud


Perspective nord

Tout le reste de ce système défensif est bordé par...le vide et un cordon rocheux. Sur les 3.7 hectares du site, une grande partie est encombrée de rocs et de végétaux, impénétrables. par contre un grand morceau de terrain est propre et on peut y pénétrer. Ancien habitat ? J'aimerais bien faire parler ce site. Cette fois je m'y aventure après avoir parcouru la muraille sous un soleil de feu. Une vue sur le défilé, une autre sur les sommets enneigés, sur les sites du secteur que j'ai parcourus en tous sens et je vais m'installer sur un bastion rocheux pour contempler ma déception : ces belles falaises forteresses !

La surface et ses contours; à droite la muraille


Perspective sur la vallée de l' Aude


Nulle vie et nul bruit, humain ou animal. Un minuscule papillon insouciant me montre le chemin de survol des falaises...désolée...c'est pas pour moi.


Mes chères falaises


Belvianes, Quillan  et la falaise imprenable : mon décor de restaurant

Le sentier de chasseurs qui traverse le site absolument plat est balisé de bleu vif et de vert fluo. Je m'offre une chute sur le genou, la douleur est vive. Aïe...la descente le sera car ce chemin plonge sans pitié dans une effarante pente. Je vois en bas, tout petit, mon point supposé d'arrivée car il y a un sentier aussi, je le connais. J'hésite à peine et je me lance prudemment car mon genou lance aussi douloureusement. 



La palette de couleur des chasseurs



Le paysage ambiant, "légèrement" étouffant

La descente, en falaise habillée de végétal est ardue. Le balisage, vert fluo, ici aussi est seulement en sens unique donc ce sentier se descend et ne se remonte pas, c'est bon signe .


Plongée en falaises!

 Il va suivre une ligne de crêtes, en sous bois, offrant de rares vues. 


En rouge la montée en jaune la descente

Bien tracé, je l'agrémente un peu de quelques repères au cas où, puis le sol glaiseux devient une vraie patinoire pentue, c'est pas facile. Enfin, une grande flèche me pousse vers nulle part, je l'ignore et quelques vieilles marques jaunes prennent le relais du fluo pour me conduire à bon port, après 790 m (linéaires) de descente raide pour 242 m de dénivellation. 



La palette s'enrichit



Une petite ouverture en crête pour le point de vue à ne pas manquer

Le secteur que j'ai déjà exploré
L'ancienne "route" y passait
Le secteur où je n'irai jamais

















J'arrive juste à l'endroit supposé, il n'y a plus qu'à se reposer. Bain de soleil en crête de falaise, point de vue à détailler à l'envi, je scrute, je cherche, je savoure ces falaises et ces pentes qui me demeureront à jamais inconnues, c'est un moment de grâce . Le silence est troué par le chant des oiseaux, les bruits de la route et les ruades de l' Aude fort agitée.

Ce site est de loin l'endroit le plus beau . Altitude 703 m. Moment de contemplation...

La falaise à droite et en face : Belvédère du Diable




Les Murailles du Diable de part et d'autre de la pente
J'ai l'honneur d'être perchée dessus, tout le monde n'y va pas.


Détail de la Muraille du Diable


                                                                                  


Un des nombreux vautours














                                                                                      
Premier plan : le début de la Muraille du Diable qui plonge jusqu'à la route



Muraille du Diable (fragment) vue de la route

Plus tard, repue de contemplation, je vais terminer le parcours par la directissime de la piste de débardage nommée " LeTremplin". Vaut il mieux la monter ou la descendre ? Je ne saurais dire...

J'ai bien sué, sous le soleil pascal, j'ai bien noyé mon regard tous azimuts, j'ai "mangé" de la glaise, du roc et du végétal, j'ai "dégusté" mes rêves devenus réalités pour certains et surtout, à quelques détails près, j'ai bouclé ma phrase favorite : " j'ai fait tout ce que je voulais faire par ici".

C'est un point final que je pose, en gardant quelques parenthèses à approfondir ou quelques points de suspension ayant pour nom poétique "rêves". Ou plus pragmatiques : vérifications...

En chiffres

Distance : 8.1 km

Dénivelé : environ 750 m

Le trajet : en rouge la montée,  en bleu la descente


En archives du blog, la balade à la muraille : (clic)




samedi 4 avril 2026

Alta Garrotxa (Catalunya) : la vallée de Sant Aniol d' Aguja

 C'est au delà de la frontière que j'emmène mes lecteurs : sur le versant sud des Pyrénées, dans la Alta Garrotxa catalane,  faible altitude et forts paysages. Des falaises calcaires, des vallées encaissées , des gorges aux eaux vertes, des chênaies épaisses, des chemins muletiers, des passages frontaliers chargés d'histoire(s) et  la magie est à chaque pas.

Sant Aniol : el gorg blau

Pour y accéder, on franchit la frontière au Perthus, on prend la route rapide Figuères / Olot ou bien on musarde sur des routes buissonnières et, à Argelaguer, on file direction Tortellà et Sadernes, dernier village de la vallée de Lierca.

La surprise sera pour la vagabonde que je suis, navigant toujours sous le signe de la liberté, de se trouver devant l'obligation d'avoir réservé à l'avance (et par internet!) le parking. Mais il existe des personnes sympathiques et le gardien du parking suppléera à mes carences. Un grand merci...

J'ai, la veille de ma rando, commencé à "dégrossir" le trajet, il est tard, il fait un temps gris et je vais parcourir 7 km à pied, pour commencer à reconnaître les lieux. Je croise des cohortes de randonneurs. Le lendemain, nantie de ma réservation, je vais pouvoir tracer ma route, j'ai déjà décortiqué un bon morceau car ma curiosité n'a ni frontières ni heures

C'est une autre chanson, le lendemain, la tempête de vent du nord que j'ai fuie en France a su me retrouver, je vais très vite sur la petite route, surveillant les arbres qui se tordent. Et devant mon camion, à l'entrée de Sadernes, un gros arbre vient juste de s'effondrer sur la route! Je file chercher de l'aide et pendant que l'arbre se fait tronçonner de main de maître, je surveille ceux qui surplombent mon camion et qui se tordent. Me voici enfin garée à l'abri du ciel, au milieu du parking. Le gardien me déconseille la rando, mais j'y vais. La tramontane violente, je connais, mais, avec autant d'arbres, va falloir randonner les pieds sur terre et les yeux au ciel ! 

Finalement, j'adore. La montagne hurle, mugit, rugit, se plaint, se tord, mais tient bon. La rivière est devenue muette, hier elle grondait. J'ai l'impression de longer un aéroport militaire, pourquoi pas le pont du Clémenceau ? 

Les grandes orgues de la montagne qui mugit !


Je marche sur la piste qui dessert une partie de la vallée. Cette piste remplace un chemin muletier escarpé qui, dans les gorges, ne devait pas manquer d'air!

Aujourd'hui : entrée du défilé de
" Passant d'en Roca"


Du temps du chemin muletier


La piste



Défilé de Passant d'en Roca



Même lieu : le chemin muletier


Et toujours la beauté des vasques


Des randonneurs m'ont doublée, je les croise, ils m'incitent au demi tour, mais je poursuis. Forte de leur conseil: il n'y a pas que des branches, des pierres tombent aussi. Mais la chance est avec moi, malgré les tourbillons de poussière dans les gorges. Je retrouve les lieux de la veille sous un autre ciel. Ces gorges sont un passage pittoresque, assurément. Des façades de pierre percées de grottes, des arbres cramponnés comme des grimpeurs, des falaises d'escalade, je suis fascinée. Un ancien poste de garde, nommé "Castell de Sespasa" les surplombait autrefois, 

A la vitesse d'un cheval au galop la 
poussière vient m'assaillir


Il n'y a presque personne sur la piste, cela me convient. Malgré la tempête, c'est un délassement de marcher sur un chemin et de n'avoir pas à fureter pour chercher un passage dans mes pentes habituelles, entre glissades et escalades.  Un site sans nom indique une ancienne carrière; une autre se trouve dans les montagnes. Cette région est un livre de lecture géologique, calcaire, granit, dalles et autres roches très compactes.

Site de "la pedrera"

Les dalles de la carrière













Le moulin de Sadernes, (0.3 km) rénové est barricadé; son canal d'amenée, original et invisible, que j'ai débusqué hier dans les falaises et les gorges est suspendu, aérien ou creusé, il longe la piste, bien au dessus de la rivière (la Lierca) étonnant quelquefois . Sa prise d'eau demeure un mystère, un jour j'irai voir, si je ne me noie pas !


Canal suspendu

Au dessus des vasques


Le canal suspendu non loin de sa prise d'eau dans les gorges
Site "Portell d'en Roca"


Les ponts : celui dit "de ferro" (de fer) (1.75 km) cache sous son tablier les vestiges remarquables de son ancien visage. Celui de Valenti (2.95 km) très vieux fut utilisé par les muletiers "traginers" (soit les transporteurs d'antan, avec mulets ou boeufs). Ce pont si étroit ne permettait que le passage d'un seul animal. Ce qui n'empêchait les transports de denrées, de bois, de charbon, de farine. Et encore moins les contrebandiers. Voire les Trabucaïres, bandits des grands chemins.


El pont de ferro aujourd'hui et les falaises d'escalade


Autrefois


Pont de Valentí et l'Hostal de Ca la Bruta



Médiéval



La pile et son renfort côté amont

J'ai quitté la piste (2.9 km) en haut du pont de Valenti. En bas se trouve une imposante demeure restaurée : c'était un gîte d'étape du temps des traginers, Ca la Bruta (=femme sale). Ensuite on retrouve l'ancien chemin, dit "chemin des valenciens" qui se démarque de la piste. Le vent secoue et fait hurler la montagne mais je suis à l'abri, bientôt il ne sera plus qu'un murmure, je ne m'en apercevrai qu'en réentendant le chant de l'eau de vasque en vasque.


Ancien chemin

Passage en calade













Ce chemin muletier traverse d'anciennes charbonnières et une bifurcation (3.57 km) mène vers Talaixa. Des passages en calades (pavage) aidaient les mules.

Parlons en de cette rivière: le Lierca est né du mariage de la Riera de Sant Aniol et de la Riera d'Escales, deux ravins de montagne. Pour moi c'est cap au nord, le Sant Aniol.

Le sentier muletier frôle une immense forge absolument invisible, mais la piste la traverse; d'immenses bâtisses écroulées, entre chemin et rivière sont envahies de ronces. C'est "la Farga" (3.6 km). Que je vais regarder de plus près. On y travaillait le fer, donc mines de fer !

La forge ou farga (fragment)

Au bord du chemin, dans un tas de ronces, se devine un mur que les promeneurs ne regardent même pas : mes coups de sécateurs me mènent au coeur d'un moulin, le Moli del Riu, (4.68 km),au ras de la rivière. 


Moli del riu














Bien que le chemin soit en général bien au dessus de la rivière, il y a des passages très bas, même sur l'ancien chemin muletier et le parcours est irréalisable en période de crues. Il faut même traverser trois fois la rivière à pied sec...ou non.

Passage piéton!

Il est très beau ce chemin, mais il prend toute sa valeur au terminus de la piste (5 km). Là commence le dernier tronçon, époustouflant de beauté : beauté du cours d'eau encaissé, que l'on rejoint parfois, beauté des sous bois et des falaises et surtout beauté du chemin taillé dans la falaise, empierré par places, pour aider les mules, mais ciselé dans le roc, suspendu sur le vide, nimbé de la verdure des sous bois et du chant de l'eau.


Le chemin taillé dans le roc




Au ras de l'eau



Ou très suspendu




 









Ce lieu fut choisi par certains pour quitter la voie et la vie . Dans les beaux miroirs émeraude dont certains ont une histoire bien sinistre. Dans l'un se noya un homme, en 1917, en voulant sauver sa vache, dans un autre périt une fillette, c'est "El Gorg de la Nina". Une jeune mariée de 23 ans,  se noya un jour de 1890. Dans la "Bassa d'en Sobi" (5.4 km) en 1932, se suicida un homme. 20 ans plus tard sa fille en fit de même dans une "bassa" voisine, celle d'en Germanell. Bien sûr tout cela n'est pas conté sur le parcours, on ne voit que plans d'eau superbes, transparents, invitant au plongeon, à la baignade. Mais...je suis fureteuse, n'est ce pas ? Je l'ignore en montant, je le sais en redescendant.



Au dessus de la bassa d'en Sobi


La Bassa d'en Sobi

Sur un peu plus d'1 km, c'est féérique. Ensuite le paysage s'ouvre sur un cirque de falaises, une grande prairie que je vais visiter, au bout de laquelle se trouvent les ruines d'un immense moulin (7 km).


A proximité de Saint Aniol

 Le canal d'amenée se termine par un grand bassin, où les femmes faisaient la lessive, avant qu'il ne plonge dans l'antre du moulin, invisible. Il s'y moulait le blé, l'orge, l'avoine et le maïs produits autour de Sant Aniol. Mais aussi, après le travail sur les grains, on y avait adjoint un moulin de sciage du bois, bois de châtaignier peu prisé mais découpé en planches tout de même. Le moulin logeait les transporteurs (8 personnes avec le meunier) et leurs bêtes, un lit rouillé suspendu en plein ciel en atteste encore. Ce moulin cessa de fonctionner en 1960. Et  si les chemins de la vallée d'Aniol se nomment "des valenciens" c'est que la main d'oeuvre provenait de la région de Valence.


La prairie du moulin


Le moulin 



                                                                                  
Vestiges d'une roue
    




Un lit en fer suspendu 

                                                                                          
Il fut très grand ce moulin




Le canal


Arrivée à St Aniol, au terme de plus de 8 km, la rivière se franchit une dernière fois de façon ludique par un "pont de singe" .

Mais qu'était donc St Aniol ? Un monastère fondé en l'an 859 par les moines de l' Abbaye d' Arles sur Tech, en Vallespir, de l'autre côté des Pyrénées, fuyant l'invasion normande. Le monastère fut incendié lors de la guerre civile, la petite église fut restaurée et le grand bâtiment voisin, restauré ces dernières années est devenu un refuge où l'on  peut se restaurer et dormir. Et glaner des infos (en catalan) sur un gros livre ! D'où mes anecdotes...Saint Aniol ne fut pas un village, mais une ferme, dans les environs on en trouve encore 3 , à une certaine distance.


1906 et 2012



Refuge de St Aniol, inauguré en juin 2025. 36 places tout confort (voir le site sur google), 2 salles à manger, Wifi. Le randonneur peut aussi consommer .
A droite la chapelle vestige du monastère.


Autre visage du refuge


Le site est plaisant; j'y retrouve des compatriotes et je suis surprise d'être reconnue et appelée par mon nom. Un peu plus tard, on se retrouve dans les anciennes prairies du site, devenues forêts, à la rencontre du Gorg Blau, un joyau dans son écrin. Mais nous sommes incapables d'aller voir la cascade du Salt del Brull, le chemin est introuvable. Et pour cause : cette fois il faudrait jouer des pieds, des mains et même du bain forcé pour rejoindre ce site. En effet, il n'y a pas de chemin, juste la débrouillardise en falaise et rochers. Mais je sais où il faut passer. Dommage.

Gorg Blau

Le retour peut se faire en partie par une boucle passant sur les falaises, au Saut de la Nuvia où une pauvre jeune fille préféra se jeter dans le vide que d'être contrainte à un mariage forcé ....

Décidément  ces lieux idylliques sont pleins de larmes et de drames...

Je reviens sur mes pas, préférant revoir le chemin à l'envers, j'aime toujours autant découvrir les nouvelles images d'un chemin à l'envers, en jouant un peu de la nouveauté grâce à la piste. Et puis, maintenant, j'en sais les drames! Quel dommage d'aller mourir ici bas...





Je sais que je reviendrai, j'irai à Saint Aniol par le Saut de la Nuvia, j'irai à la rencontre du Salt del Brull, j'irai poursuivre mon débroussaillage du moulin, et surtout, plan en main, à la rencontre des trésors au pieds des falaises : grottes, fours à chaux. Oh! j'ai envie d'écouter ce que ce site voudra bien me conter !

Et puis, ce n'est pas un mystère ! Les eaux vertes des rivières de Alta Garrotxa s'en vont, par des chemins souterrains, alimenter les eaux bleues du superbe étang de Banyoles, à quelques dizaines de km mais par quels tours et détours y parviennent elles ? Là est le mystère...




En chiffres 

Dénivelé positif cumulé : 500 m environ

Distance aller retour : 17 km

Liens

sur l'hébergement (clic)

Sur le refuge (clic) histoire d'une rénovation / fêtes etc

Cartes (du plan large au plan rapproché)


Le point rouge est Sant Aniol



Accès depuis la route à 4 voies N 260



De Sadernes (parking) à Sant Aniol (à pied, 17 km AR)