mardi 5 mai 2015

Dégel...

Mon bivouac au bord du torrent
Porté Puymorens


La montagne s'ébroue comme un chien fou. De l'eau sourd de partout, en torrents impétueux dans la vallée, en flaques et chemins d'eau sur les sentiers, en cascades bondissantes ou en rideaux devant mon chemin.



Coulant le long des herbes sèches ou en rivières de diamants au cou des talus, jaillissant de sous la neige pour s'y re cacher aussitôt, joueuse et mutine.


Cache cache avec la neige


Rideaux de perles le long des herbes sèches


Perles cristallines




Sentier liquide



Parfois elle accroche de belles écharpes sur la roche des ruisseaux, bref elle est ma compagne du jour.
Bruyante, assourdissante mais vivante.

Echarpe d'eau

La montagne revit en ce printemps tardif des altitudes.
Les chants d'oiseaux arrivent à couvrir le chant de l'eau, parfois et au loin le coucou ponctue mes pas de son cri joyeux.





Des troupeaux de caprins en ce petit matin jalonnent mon parcours en bêlant, peu farouches et curieux.






C'est un joli matin plus gris que bleu mais combien plaisant.




La montagne s'éveille du long silence de l'hiver : c'est le dégel.

Moment fugace de l'année où elle montre ses rides, ses failles, ses plissés et ses drapés. Que l'hiver occulte sous un grand vêtement blanc et que l'été estompe sous un voile de brume bleutée.
La montagne se met à nu et elle n'en est que plus majestueuse.

Etang de Font Viva


Couloir
Plus loin, l'hiver retient son souffle : là ce sont de grandes langues de neige qui croisent mon chemin et que je dois traverser prudemment et rapidement....
Plus ou moins larges, plus ou moins longues celles qui m'inquiètent naissent très haut vers les cimes.

Traces de mon passage



Sur ma route

Car des avalanches ont eu lieu et encombrent la pente de débris noirâtres et de morceaux de pins odorants : le seul parfum de la montagne.

Avalanche sur mon chemin


Je passe, angoissée et ravie, tenant à pleine main le piolet qui me sauvera d'une belle glissade au retour : frein à main garanti (Merci Ludo qui m'a "ordonné" un jour de l'emmener)!


La montagne est silence, la montagne est dégel. La montagne est désert ce jour. Je suis toujours la seule dans ces lieux grandioses. Pourquoi donc ?
Le lac de barrage (Le Lanoux -66-) est encore bien glacé, surveillé farouchement par le puissant Pic Carlit (2921 m) cependant le dégel fait ses premiers pas.


Etang du Lanoux et pic de Castel Isard



 En blocs sur les rives qui émettent parfois un choc sourd, en fines rainures sur la glace qui ne craque pas encore avec ses bruits inquiétants, en flaques d'eau verte .



La digue du barrage, le Pic Carlit (2921 m) et les gros blocs qui cernent le lac
sur tout son pourtour

Néanmoins, si l'hiver retient son souffle, le printemps perce sous la neige, timide et éclatant.





Oui, c'est vraiment le dégel....



6 commentaires:

  1. Vraiment magnifique tu fais de joli reportage félicitations bisous.

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  2. J'ai un souvenir d'une rando en montagne avec un guide (on découvrait la flore), et d'un passage sur la glace. Le guide a rattrapé par son short une randonneuse qui partait en glissade :-) Et je ne me vante même pas de mes propres exploits qui feraient surement bondir une vraie montagnarde comme toi.
    C'est beau ces petites fleurs qui annoncent le retour des beaux jours.
    Bisous.

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    1. Oh ça m'a fait rire, j'imagine la scène !!! Bisous

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  3. Que c'est beau: ton art de la photo et ton art de l'écriture- Avons-nous le droit de t'envier? Envier tes talents et ta liberté!
    Merci de nous permettre de rêver!
    Fifi

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  4. J' adore ton paradis dans la nature sauvage ....
    Très très rare en Europe ...
    Merci ma chère Lison!
    Je t' embrasse fort!

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