J'ai une prédilection pour cette région et en particulier pour le secteur Villefranche et Fuilla, car souvent on attribue à Villefranche ce qui appartient à Fuilla. Notre Dame de Vie fait partie de cela.
| ND de vie |
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| Le décor de Notre Dame de Vie |
Logé au pied d'une falaise ocre, cet ancien petit ermitage nommé alors Sanctus Petrus de Rocha, au 11 ème Siècle, abrita un ou plusieurs ermites jusqu'à son abandon au 17 ème S. Puis reprend vie et deviendra Notre Dame de Vie en 1752, à cause de l'installation de l'autel ND de Vie. Abandonné en 1790, il sera plus tard restauré, habité par un ermite au 20 eme S et définitivement vidé d'occupant; sa dernière restauration date de 1993. Il n'y a plus de messes mais des "aplecs" soit des célébrations à un moment précis de l'année. Seul un chemin muletier y conduit.
| L'ermitage et sa grotte |
| Un étage plus haut |
Ce joli petit ermitage est adossé à des falaises calcaires et surmonté d'une très grande grotte qui ouvre sur la vallée de la Rotja et Fuilla, dans un magnifique bain de lumière. très prisée des visiteurs même si l'accès sécurisé est un peu vertigineux.
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| Dans l'ombre l'église, au soleil, la grotte juste au-dessus |
Ici, dans ce secteur, c'est un immense cirque de falaises percées de grottes (anciens lits d'eau), falaises verticales peuplées de vautours, saignées de ravins vertigineux et, dès le pied des falaises, c'est comme une robe verte et grise qui s'étale, en pente abrupte vers la route et la vallée de la Têt. Tout le secteur se nomme Sant Père (Saint Pierre). Cette pente couverte de chênes verts et buissons épineux paraît austère et inabordable. Pourtant...
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| Vu de loin, le site |
Pourtant je l'ai parcourue en tous sens, sur des km qui n'ont rien de plat, un terrain qui vous fait les jambes en béton, et le fessier bleu en cas de chute. Les bras rayés de stries sanglantes et, parfois, le pantalon ou le tee shirt en loques. On n'y rencontre aucun randonneur et on s'y déplace à la faveur des sentes animales menant à l'abreuvoir local : la Têt .
Moi quand je m'aventure dans ce taudis rocheux et végétal, j'ai la tête dans les étoiles, et le bonheur en étendard.
Ainsi, un jour de décembre, mon regard fureteur découvrit un mur là où on l'attendait le moins. Je ne l'avais jamais vu et pourtant il n'a pas poussé tout seul. Poussée par la curiosité j'ai escaladé un talus et découvert des gradins de murettes montant jusqu'à la falaise, mais que Diable faisaient elles ici? Poussant la galère dans ce terrain ingrat, je découvris avec stupéfaction au delà des murettes Notre Dame de Vie; et j'en conclus que je foulais les Vignes du Seigneur.
Le cadastre napoléonien, plus pragmatique, érigé en 1810, nomme l'occupation des sols en la belle écriture de ce 19 eme Siècle.
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| Vigne dit-il |
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| Vignes et friche répète t'il |
Je savais qu'en dessous de la chapelle se trouvait un véritable vignoble en escaliers, mais autour et au dessus de la chapelle, je ne l'eusse jamais imaginé.
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| Les terrasses en dessousde la chapelle |
Alors j'ai visité le coin afférent à la chapelle, visite difficile car tout glisse, s'éboule, est hérissé de piquants et ce n'est pas une promenade de santé. Mais j'y reviendrai, au plus près des falaises. Tout près des multiples touristes qui montent à l'ermitage, on est vraiment hors du monde et pas en absolue sécurité.
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| La partie en jaune est le site de vignes autour de la chapelle (rouge) surmontée de la grotte (blanc). J'ai visité la partie jaune sur la gauche |
Les murettes semi effondrées soutenaient des parcelles dont la terre avait du faire un beau et pénible voyage à dos de mule avant que d'aller se poser là pour l'éternité.
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| Ils avaient bâti des murettes jusqu'au pied des falaises |
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| En rangs serrés et écroulés |


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| Le chemin de ND de Vie nommé aussi de Sant Père |
Mais que le paysage devait être beau avec cet écrin de falaises orangées, ces blocs de marbre fleur de pêcher ou de marbre griotte entourant les ceps, et cette chevelure de vignes allant du vert tendre et luisant au printemps au flamboiement de l'automne. Quant à l'hiver, ces moignons noirs et pitoyables implorant le ciel alors que des feux de sarments répandaient leur flamme vive et leur fumée odorante nimbant le site, Dieu quelle beauté.
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| La chapelle et la grotte |
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| Sur la droite de la chapelle, un couloir étroit d'anciennes vignes |
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| Jusqu'au bout du possible |
Ah si je savais peindre....
Aujourd'hui, personne ne pense à cela, personne ne visite ces trésors cachés, et mon âme de paysanne ne peut le conter qu'en ces lignes. Personne hormis quelques passionnés comme moi. Michel Prats en fait partie. Il sera un prochain visiteur .
Relevant d'un méchant virus, j'ai opté pour ce site escarpé pour ma première sortie et le miracle eut lieu: j'ai réussi, toussant et ronflant comme une vieille locomotive, à me faufiler dans les vestiges de ces vignes, à arpenter ces escarpés chemins muletiers, à me pencher sur des ravins sans nom, dans le cadre d'un paysage sans fin ouvrant sur des confins drapés de blanc.
J'ai réussi à passer un après midi de rêve au pays où le virus se voulait roi mais où Saint Pierre et Notre Dame de Vie ont conjugué leurs efforts pour le remiser sans pour autant m'offrir le moindre verre de vin. Il y a si longtemps que le sang de la vigne s'est tari ici.
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| En jaune le site visité, en orange, non visité |




















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