Les ingénieurs du cadastre napoléonien ont fait des relevés bien plus scientifiques et si j'ai parfois relevé des erreurs criantes sur le terrain, la cohérence reste de mise.
D'ailleurs le cadastre actuel a repris leur tracé et ainsi je peux naviguer au cadastre sur le terrain avec mon écran, à quelques mètres près je suis sur la bonne voie. Sur le site IGN. Qui fera peut être rire dans un siècle.
Le chemin que je vais présenter dans cet article n'est cadastré qu'en partie et rectifié par rapport à la carte d'état major, inspirée sans doute de levés antérieurs. Voir ci-dessous.
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| Un peu, beaucoup, de fantaisie |
Par contre ce chemin ne figure pas sur la carte du 18 eme de Roussel et La Blottière.
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| Le chemin devrait se trouver entre le I et le E |
Mais que leurs cartes étaient belles...Ci-dessous le Défilé de Pierrelys (Aude).
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| En vertu de cette carte, j'ai retrouvé deux chemins (un peu fantaisistes dans leur parcours sur carte) |
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Pas de date mais une échelle en toises 1 toise = 1.949 m |
Ce ci dit, j'ai découvert le chemin en question après
ma visite au funiculaire d'Axat (clic ici), en novembre dernier. J'ai épluché la carte exempte de funiculaire, évidemment, vu sa date de construction (début 20 eme"), mais sur la carte d'état major se dessinait un chemin "en tortillons" soit en forme de lombric se tortillant au sortir de terre. Comme le paysage est empli de falaises, je me voyais déjà le retrouvant, semi ruiné, et dansant sur le vide, entre précipices et murailles calcaires.
Lors de notre sortie suivante sur site, avec Eric Teulière, après avoir épluché voie du funiculaire, tires (chemins de débardages), sous bois et reliefs, on rencontre, au retour, un sentier nettoyé et balisé par les chasseurs, plutôt confortable et plein de lacets. Alors je comprends : c'est le fameux ancien chemin "en tortillons". Sur sa partie inférieure, en 17 lacets exactement. Une visite de la carte m'apprend que nous avons aussi parcouru la partie supérieure, squattée par la voie du funiculaire.
Finalement, aujourd'hui, je peux dire qu'en 4 visites, je l'ai parcouru en entier de la route actuelle D117 au col de Bouich. Soit sur plus de 4 km. Il a été récupéré et modifié par des utilisations ultérieures à son dessin sur carte.
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| La flèche amène vers le col de Bouich |
J'ai cru que c'était un chemin de communication entre Axat et Salvezines, entre la vallée de l' Aude et celle de la Boulzane.
Mais il m'a parlé ce chemin. Il m'a davantage parlé dans les lieux où je ne l'ai pas retrouvé. J'ai arpenté le site de sa partie médiane (en jaune ci dessous)
et là, sur site, en voyant où on l'avait logé, en voyant le relief, m'a frappée l'impossibilité qu'il fut une voie de communication, et j'ai compris que c'était un chemin de bûcherons, permettant d'exploiter la forêt, de se rendre sur les lieux de travail, c'est tellement évident...
Qu'en reste t'il aujourd'hui ? De part et d'autre du ravin de Resclause, sur des pentes ardues emplies d'arbres, il reste une trace rectiligne, sûrement revue et corrigée après le 18 eme siècle. Les arbres furent abattus, le chemin se perdit dans les affres du temps, la voie ferrée et sa construction modifièrent son usage, son cours ...et sa poésie sur carte !
Il a été utilisé, rectifié, et deux tronçons (la partie jaune) se sont perdus.
A présent, de la route D117 au col du Bouich, quelques images de ce chemin ainsi que la carte pour se repérer avec la numérotation des photos.
Rive gauche: de la route au ravin de Resclause
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| 1-Un des 17 lacets restants |
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2-Rectitude
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| 3-Et arrivée au funiculaire |

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| Vestiges |
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| 14-Arrivée du chemin au niveau de la voie |
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| 14 a- même lieu |
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| 15- Un tronçon creusé en falaise |
Du grand tunnel au Col de Bouich |
| 16-Le chemin d'origine entre falaise et voie |
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| 16 a- Même lieu |
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| 17- "colonisé" par la voie |
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| 18-La piste actuelle qui conduit au Col de Bouich s'est substituée au chemin |
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| 19- Mais parfois le chemin subsiste, au-dessus de la piste |
Je l'ai donc vu, j'ai respiré son air ancien, je n'ai pas dansé sur les falaises, je me suis tordu les pieds dans les éboulis, j'ai éprouvé le silence immense et l'obscurité des lieux toujours dans l'ombre, j'ai frissonné de solitude et vibré de la joie de la découverte.
J'ai trouvé 17 lacets, j'ai trouvé le petit passage à gué sur le ravin de Resclause, et plus secret encore, dans une côte après le ravin, sous l'humus, un vestige de calade, de pavage. J'ai trouvé dans le silence immense, avec mon imagination, les bûcherons, les boeufs ou les mulets, le chant des scies, le grondement des troncs, les pleurs de l'arbre s'abattant au sol, l'écho sur les falaises de cette vie disparue depuis des lustres. J'étais riche de tout ça dans cette solitude impressionnante.
Et, terminant ma recherche, j'ai pu dire j'ai trouvé la clef ! Ce n'est pas une blague, j'ai vraiment trouvé ce vestige.
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| Insolite ! Trouvé là où j'ai tout compris |
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