jeudi 14 novembre 2013

De sang et de feu: 20 ème balade en vignes

Juste en images, dans ma très vieille vigne plus que centenaire...


















Allez donc faire un petit tour sur le blog de Nika (clic): les photos sont du même lieu...autrement, un autre regard...

lundi 11 novembre 2013

La Pedraforca: la pierre fourchue


24 heures séparent ces deux photos.
Rien que du banal, et pourtant....
Entre les deux, des émotions énormes ont été engrangées: j'y suis allée!
Et ce n'est pas rien, ce n'est pas une rando banale!

C'est la Pedraforca, une montagne étonnante située dans la Sierra del Cadi, en Espagne, une montagne mythique, très vieille formation géologique, au sommet de laquelle on trouve des fossiles; la faille entre les deux parties est constituée de matériau friable, véritable torrent d'éboulis.
J'ai eu un coup de foudre quand je l'ai vue et une obsession, depuis: y aller.(clic)
Situation géographique


Face nord, la Sierra est une succession de plissements à plus de 2600m d'altitude.

La Sierra del Cadi, face nord (hiver 2012)

Face sud, la Sierra est toute en douceur, avec des pentes, certes, mais plus douces; seule la Pedraforca s'élève comme un volcan.
En voyant  le profil de la randonnée, on comprendra tout de suite que ce fut un grand moment.



Alors, vous me suivez?

D'abord, au terme de 160 km et 3h de route, j'arrive dans un parking de montagne, perché comme un nid d'aigle, calme, avec la perspective d'une nuit sans lune, sans bruit, avec un de ces ciels étoilés comme on n'en voit qu'en montagne ou dans le désert.


Soleil du matin.
Le désert c'est un peu ici ; c'est ce désert que choisit un couple de français qui vient s'installer dans ce remarquable hôtel à ciel ouvert.

Je leur offre ce reportage car on a passé ensemble, le lendemain, des moments magiques: une belle rando, des paysages somptueux et une belle convivialité.






En ce matin frais du 7 novembre, depuis mon lit, je peux contempler, vêtu de rose, le massif que je vais découvrir; un dénivelé de 1000m nous séparent mais il n'y paraît pas.
En fait, plus on monte et plus la montagne grandit: je n'ai jamais vu cela!

Je pars seule, je ne connais pas encore Eric et Annick.




Un ravin jailli des cimes

Le sentier court dans les buis et les sapins, je marche d'un pas allègre dans le silence; seuls les chocs sourds du gardien du refuge qui fend du bois à la masse rythment ma marche. Je marche sous la muraille rocheuse et je croise de vertigineux éboulis jaillis des cimes et figés dans un monumental cataclysme . Impressionnant.
Comme la chaleur est vive, je mets la tenue d'été et Eric et Annick me rejoignent: on ne se quittera plus.

 L'automne saute au visage en vagues de feu.
L'horizon plissé et la mer de nuages s'amenuisent car on monte rude.

Toujours en longeant ces falaises calcaires nacrées.


Et on monte toujours: plus de 800m nous conduisent au col du Verdet, 2294m, au rythme de 365m à l'heure: pas mal!
On grimpe au dessus du monde

Arrivée au col

Gossol, alt 1400,  enroulé autour du château

La porte étant ouverte sur un vent fort et froid, la tenue chaude s'impose vite.
Et on attaque l'escalade.Une escalade simple, 200m de dénivelée à grimper dans la roche, avec les mains: il convient de suivre le tracé bien balisé, d'être attentif et de ne pas avoir le vertige: un vide de 1000m est sous nos pieds (avec des paliers quand même!). Cependant, en juillet dernier, un jeune homme s'y est tué.

J'adore grimper, mes compagnons aussi: le plus difficile à gérer pour moi, est... la nutrition. Je ne peux faire des efforts qu'à jeun mais je dois me nourrir juste au moment opportun, à la minute près, tant pis si c'est en pleine muraille! Et du salé, et du sucré! En alternance, pas simple!

Altitude 2300

Entourés de falaises
Et on avance: des vautours veillent au grain, au cas où...


Altitude 2506 : le sommet
El Pollego Superior

La montagne de Montserrat, près deBarcelone
flotte dans les nuages (côté sud)

En rouge, le parking où m'attend Lison
(côté nord)


Le ravin de tout à l'heure vu d'en haut
Au sommet, c'est repos, repas, plaisir des yeux, des papilles, et bonheur.

Mais...j'attends la descente, parce que le retour, ce sera ça!

L'enforcadura et la descente
L'enforcadura, c'est la fourche entre les deux crêtes rocheuses.elle a une pente phénoménale et c'est un couloir d'éboulis à pic.J'attends la découverte avec impatience.

D'abord, on descend une muraille rocheuse de 150m à pic, mais sans les mains, juste bien appuyés sur les bâtons.

Puis les portes s'ouvrent sur le couloir de la "fourche".



On entame la périlleuse et glissante descente sous le regard amusé de cet isard solitaire qui rit de ces humains en perpétuelles acrobaties d'équilibristes!


On se lance dans une descente magique!
Il semble qu'on pourrait aussi bien s'envoler...



Une hauteur de 500m en ligne droite, à peine brisée par les méandres d'un sentier où les petits cailloux semblent des billes et prennent un malin plaisir à me faire tomber: je ne suis jamais autant tombée! Faut dire que j'ai les jambes molles!

Mais au final, après un retour dans la forêt qui embaume le buis et les conifères, le Pedraforca nous offre encore un dernier cadeau:

Là haut, à 2500m...j'y étais

Lison aussi contemple

 Un autre cadeau: le feu du soir qui tombe


Le lendemain, un dernier regard:
Face sud, depuis Gossol
                                                                                                     
Mon repas face au sommet du Pollego






Il faut dire que ces longues falaises lisses sont des murs d'escalade (il y a 3 sites).

Pendant mon repas, j'entends les voix des grimpeurs.
Mur d'escalade







Je lève mon verre (avec mes ongles cassés par la grimpe) à cette montagne où j'ai envie de revenir.

Il me reste le Pollego Inferior( 2445m), à droite de la fourche, plus difficile d'accès, semble t'il.

Eric et Annick partageront peut être cela avec moi?








mardi 5 novembre 2013

Le luxe

Le luxe, c'est peut être cela, aller à la rencontre de ce ciel, sous un grand vent tiède, en dégustant des grains de muscat oubliés...

Le Canigou chapeauté


lundi 4 novembre 2013

Petit cimetière du grand sud

Le petit cimetière de mon village de l'extrême sud de la France me plait beaucoup; il est le 3ème, voire le 4 ème de la série.
Le premier fut au pied de l'église, aujourd'hui c'est une des 3 places du village.
Le second fut en périphérie du village, il a été avalé par le boulodrome puis par une résidence.
Le 3ème était très à l'écart et le 4 ème lui fut récemment accolé mais l'école, le city stade et un domaine viticole l'enserrent déjà en leurs murs...

Sur fond de Canigou
Les grands cyprès qui veillent sur les défunts ont été plantés au début du XX ème siècle par mon arrière grand père Laurent.
 


Les tombeaux typiques d 'ici












Il reste encore dans ce cimetière les tombes désuètes d'antan, et pourtant fleuries, pour certaines.


Cependant, pour d'autres, c'est l'oubli; ce bébé n'a plus qu'un pot de mauvaises herbes...



J'aime beaucoup ces traces personnalisées du passé: petits coeurs, photos délavées, 
christ en croix, portraits jaunis....
J'ai voulu, dans un autre cimetière d'un village encore plus au sud, une photo 
sur la tombe de mon père.


Les couronnes de perles s'effritent au fil des ans, tous les cimetières ont encore dans leurs flancs des modèles uniques défiant les ans, mais se délitant perle à perle...




A côté de ces cimetières où veille l'âme des défunts, se trouvent les cimetières modernes.
Je n'aime pas les cimetières d'aujourd'hui, nus, impersonnels, sans âme.
Il me semble que les morts y meurent plus vite au souvenir des vivants....
Mon village n'y échappe pas; mais au moins sur celui-ci, je ne verrai ni un boulodrome, ni une résidence!
Pas de mon vivant veux-je dire...


Plus au sud, dans un petit cimetière au pied d'une belle église romane, dort mon père....

Tombeau en hauteur
















Dans le tombeau à côté dort mon père.

Sur sa photo en couleurs, il sourit pour l'éternité...


Mon billet a inspiré ceci à mon amie Jackie (clic),vous le découvrirez sur mon 2nd blog, si vous voulez...