mardi 4 juin 2013

7 ème balade en vignes



Avant de vous conduire encore une fois dans mes vignes, je souhaite  camper le décor.
Dans ma commune, à plus de 100m d'altitude, où que l'on soit, on a un élément de ce décor somptueux, quand ce n'est pas tous les éléments à la fois.

Au sud, les Albères (1256 m) sont la fin de la chaîne Pyrénéenne avant qu'elle n'aille sombrer dans la Mediterranée.



La Méditerranée, à 20km, à l' Est, est visible : on peut apercevoir à l'oeil nu les gros bateaux, au télé, les voiliers.


A l' Ouest, je ne vous le présente plus: le Canigou 2784 m



Et au Nord, ce ne sont pas les corons mais les Corbières, massif calcaire,




 avec le majestueux et mythique Pic de Bugarach, celui qui est censé nous protéger de la fin du monde.



Avec pareil décor, on ne peut que travailler dans la sérénité !

Au 15 mai, quel que soit le temps, et quelque soit le moment où dames les vignes ont consenti à bourgeonner, elles ont chaque année la même longueur de pampres: c'est étonnant.
Je dis qu'elles sont "en boule".
Vigne en gobelet au 15 mai
Les vignes en espalier ont l'air de jolis écheveaux de laine comme on en voit dans les souks marocains.



C'est le moment de commencer les travaux importants de printemps.
Il est aussi une tradition, c'est qu'à Pentecôte le ciel nous gratifie d'une superbe tempête de vent.
Qui casse énormément de pampres dans les vignes.
Donc on essaie d'en atténuer les effets en raccourcissant les pampres; comme Pentecôte a été tôt cette année, les vignes n'avaient pas assez poussé pour faire ce travail. et la casse est importante.

Je m'y suis essayée sur une de mes parcelles, la plus développée: la vigne étant une liane, elle peut pousser indéfiniment jusque vers le 20 juillet et il faut toujours la réguler.
La première coupe, je la fais manuellement, ensuite la machine prendra le relais.

Il y a un vent puissant en ce 18 mai


et la vigne a déjà une jolie hauteur.
avant
Armée de l'outil indispensable et très polyvalent, un simple taille haies

pendant
 je raccourcis la crête ce qui offrira moins de prise au vent.

après

                 Cela sera une de mes occupations dans les jours à venir : musculation assurée!

Le  printemps est aussi le moment des grands travaux sur les espaliers qui demandent plus de soin que les gobelets : ébourgeonnage et surtout "mise en fils".
L'hiver, on tombe les fils au sol pour la taille et on les relève quand la végétation est assez longue afin de donner de la tenue à la vigne. Pour ce faire, on avance à pied dans la rangée, en tenant le fil de fer dans la main, on l'accroche aux piquets situés tous les 5 m environ et on clippe avec une petite agrafe en nylon


Avant
Après




L'agrafe



Dans mon village, la première machine releveuse vient de faire son apparition : 600 kg pour remplacer deux mains !


Il faut avoir beaucoup de superficie pour rentabiliser cette mécanique; ce n'est pas mon cas.
La voici au travail dans une très belle vigne:
Vue de dos


Pendant le travail

De face

Le travail impeccable dans la belle vigne

Mai est aussi le début des traitements de la vigne : fongicides ou insecticides, selon la prévention à faire.
Il se pratique de plus en plus une agriculture raisonnée.


Me voici au travail : cela ne peut se faire que par des jours sans vent ce qui est parfois très difficile, dans mon grand sud !

Avant de vous donner rendez vous rapidement pour une prochaine balade qui sera plus originale puisque j'ai innové avec une visite guidée dans une vigne, je voudrais vous offrir une note florale.

Le raisin fleurit, et oui !
Fleur discrète au parfum subtil, poivré et envoûtant...
Actuellement le raisin sauvage du plant américain (vous vous souvenez? le porte greffe, ou vigne sauvage) est en fleur.



Pour le "vrai" raisin, il faudra attendre encore quelques jours, selon la variété. 
Mais il sera tout autant parfumé.


dimanche 2 juin 2013

Plus au sud que le sud..

Voici Lamanère, petit village des Pyrénées Orientales, le plus au sud de la France, excepté la Corse.




Lamanère est un petit village du Haut Vallespir, situé à 770 m d'altitude et qui compte une cinquantaine d'habitants.
C'est aussi un bout du monde, au terme de 12 km de route sinueuse et prolongée de pistes de terre qui conduisent à des chapelles ou à des fermes au milieu des bois.

Il y a très longtemps que je n'étais venue ici et c'est le vent fou qui m'a chassée vers des vallées reculées où il s'engouffre quand même.

Ce village est particulier à bien des titres:

D'abord, il est le village français le plus au sud, excepté la Corse.


Cette particularité amuse les habitants qui ont érigé ces panneaux assez emblématiques, en  dérision.




Ensuite, c'est un ancien village minier (La manère = la minière); il y avait des mines de plomb, cuivre, houille mais surtout de fer, très exploitées au 19 ème siècle, époque où le village comptait le plus d'habitants: 816 en 1851.
La population travaillait aux mines ou à l'industrie sandalière importante dans les vallées du Haut Vallespir, à St Laurent de Cerdans, particulièrement.
La dernière mine a fermé en 1981.

Travail dans la mine

Ce bâtiment austère, dans le village, doit être, je le suppose, une survivance de ce passé minier.














Enfin, il est construit dans une pierre rouge gréseuse, ce qui est assez exceptionnel dans la région.


Entre les pierres, de petits tessons de brique étaient destinés à extraire l'humidité des murs;


 c'est typique de l'architecture catalane, de même que "l'esquixe calces" (litt. déchire pantalons).




La place du village avec son grand platane face à l'église



Un encadrement de grés, une date gravée dans la pierre 

Ces éléments architecturaux font l'unité du village qui s'est développé après 1850.


Les rues sont de petites ruelles, escaliers qui se perdent dans les sous bois et découvrent au promeneur curieux de jolies choses:






Et plein de petits détails .


La population, qui a atteint son apogée au milieu du  19ème, a ensuite commencé à décliner. A la veille de la 1ère guerre mondiale, il y avait 500 habitants qui ont payé un lourd tribut à la guerre, comme dans bon nombre de petits villages français.


Au dessus du village, loin sur les cimes, se trouve le château de Cabrens, datant des 12 ème et 13ème siècles, classé Monument Historique et flanqué de tours, haut lieu de randonnées.
Lamanère est entouré de bois épais et profonds, il est noyé dans la verdure et se trouve au confluent de deux rivières : le Taix et Lamanère.
Le Taix
Pourtant il y a longtemps, le village était bien loin des bois et les cultures s'étageaient très haut sur les pentes.
Le village entouré de cultures aujourd'hui disparues


vue prise depuis le village et pont sur la rivière Lamanère
Aujourd'hui, le paysage a quelque peu changé, le petit pont (daté lui aussi) est enfoui dans la verdure.

C'est justement près du petit pont que je vais pique niquer.


Mathurin fait partie du voyage, aujourd'hui et franchement, je ne saurais dire si c'est moi qui sors avec mon chat ou Mathurin qui sort avec le sien, tellement il est content et me lèche le bras!
En tous les cas, c'est une chaleureuse compagnie: avec un chat, on n'est jamais seul.
Mathurin n'en est qu'à sa seconde sortie, mais il adore !


J'en profite pour écrire, dessiner, colorier alors que Mathu essaie en vain de bronzer.


Un joli escalier moussu conduit à la rivière




Je m'installe sur un gros rocher, ce n'est pas encore le temps des baignades, n'est ce pas...


Et je dessine! Bien sûr...
Dans mon carnet.



samedi 1 juin 2013

Mes carnets

J'étais partie pour vous donner des nouvelles de mes jardins malmenés par un vent à plus de 100 à l'heure, ce vent du nord appelé ici Tramontane qui nous secoue sans ménagement et a fait trembler la maison comme un navire en plein océan cette nuit.

Et voilà que j'ai envie de faire connaître mes cahiers d'écolière ni sage ni appliquée.


J'ai toujours aimé écrire; autrefois ce furent des carnets à spirale soigneusement numérotés, puis des feuilles de couleur, toujours remplis, les uns et les autres, d'une écriture fine et penchée, à l'encre verte quand l'étais étudiante, puis à l'encre violette et à la plume.
A présent je n'écris qu'au crayon.


Voici le premier de mes cahiers "de retraite".
J'ai recommencé à écrire en 2006 quand j'ai changé de vie.
Ce cahier m'a été offert par un ami et il est tellement ancien que la carte de France qui se trouve à l'intérieur ne comporte ni l' Alsace ni la Lorraine!



Il a une jolie couverture cartonnée, une tranche chamarrée et ses feuilles, lignées, sont douces au toucher et à l'écriture...
Après lui, je ne pouvais plus écrire sur du papier ordinaire.
J'ai eu la chance de découvrir cette collection en papeterie dont voici quelques spécimens:




Celui-ci est celui du moment: c'est le "cahier MichelAnge".

La couverture façon cuir de chacun d'entre eux porte un fac similé de l'écriture ou de l'oeuvre du personnage qui l'a inspiré ainsi que sa signature: ainsi j'ai le cahier Léonard de Vinci, Balzac, Chopin, Rousseau, Frida, Rodin, Beethoven, Freud, Darwin...
L'intérieur, en beau papier où court allègrement mon crayon, est uni ou ligné.

Et qu'y a t'il dans ces carnets ?

Et bien, de tout et de rien : ma vie, mes réflexions, mes rencontres, mes joies, mes peines, mes colères, sorte de journal intime.
Mais pas uniquement : ce sont mes notes de balades, les observations sur mon entourage et mon environnement ; les paysages et sensations de montagne, mes lectures, mes projets. Ces carnets voyagent avec moi au restaurant, au café,




en balade à vélo, 



en montagne au fond de mon sac à dos









à la tombée du soir au bivouac



et même au jardin ou dans les vignes.


Mais j'aime beaucoup écrire au café : lorsque j'étais ado, j'étais fascinée par Simone de Beauvoir qui écrivait au Flore. Dans mon éducation, le café était un lieu pas fréquentable !

Il n'y a pas que moi qui écris !!!
Lison vient juste de refermer la page du jour!




 Depuis quelques temps, je dessine "in situ" les paysages qui m'enchantent et à la maison, avec mes aquarelles, je colorise, j'enjolive. Losque le gel mord mes doigts, en montagne, je prends la photo et je dessine bien au chaud dans un café ou chez moi.


Mes projets de bricolage, plans, conception, montage et mesures y figurent aussi.


Comme je suis aussi bricoleur, j'ai construit un petit meuble sur mesure pour loger ma collection, en bonne place dans ma chambre.




Je crois avoir dix huit ou dix neuf carnets, je ne sais plus, tout est daté et numéroté et j'espère agrandir ma collection.

Cela signifiera que j'ai "la vie devant moi".