| Quand on n'a pas les pieds sur terre... |
| Arrivée à Vallter 2000 |
| C'est Noël !! |
Il faisait plus de 20° dedans avec le chauffage, j'avais emmitouflé la batterie, la nature était figée dans le noir et le silence. J'étais bien. Les sapins recouverts d'une neige que nul vent n'avait secouée auraient du m'alerter. Les canons à neige battaient leur plein et vers minuit, le parking s'anima, les "vacanciers" du week end s'installaient, fait nouveau car d'habitude c'était désert. La dameuse prit du service à 2h du matin et le froid n'augmentait pas, curieusement. J'avais tout calfeutré avec des polaires mais en écartant les rideaux, la glace habillait intérieurement les vitres, je ne voyais rien. Nina, dans le lit, collée à moi, emmagasinait la chaleur tandis que la carrosserie, avec des craquements perdait ce qui lui restait de tiédeur.
Un matin étincelant m'accueillit, il faisait moins 5 dans la chambre et Nina trouva son eau gelée tandis que mon infusion était granitée. J'en avais vu d'autres, je logeai Nina bien au chaud dans son nid et je partis, crampons et piolets dans mon sac avec la ferme intention d'aller en découdre avec de la pente.
| Le nid de Nina |
A l'est une mer de nuages recouvrait les plaines, les collines et la mer, c'était beau.
Je montai bon train le long des pistes damées, tout ce qui n'était pas piste était une belle couche où mieux valait ne pas s'aventurer. Aïe...
Les skieurs montaient décrocher la lune mais rivés aux fesses, c'était une inutile quête.
Oui mais....c'est là que mon Dernier Jugement, celui du départ, fut fatal.La neige, hors des pistes était poudreuse à souhait et je m'enfonçai sans pitié.
Je pensais à ma dernière venue en ces lieux, une drôle de rando, dans un terrible blizzard...(clic)
| La série de Z dans la pente, qui devait être mon chemin |
Je ne pouvais monter donc je choisis de traverser tout le cirque, En direction du chemin du col de la Marrana toujours dans l'ombre, mais la poudreuse ne gèle pas, non ? Quelques 800 m dans une poudreuse épaisse et traîtresse où je m'enfonçais, trébuchais, chutais, me relevais et m'épuisais.
Dans un très beau décor toutefois..Avec une énergie sans égale, toute ma forme est revenue au centuple, c'est déjà un immense réconfort.
| Mon chemin de poudre, jusqu'aux genoux |
| Le soleil émerge du Gra de Fajol, la Marrane dans l'ombre et ma route lissée par les skieurs, dans laquelle je laisse des ornières d'ogre |
Arrivée au pied du col, un Catalan chaussé de crampons m'encouragea et je montai sans trop de mal le col dans une poudreuse foulée, écrasée, tassée mais très inconfortable. Les crampons n'avaient d'autre utilité que la décoration, je ne les chaussai pas; par contre le piolet assura mes derniers mètres fort verticaux.
| Montée au Col de la Marrane En fond le Géant, à droite du Géant le chemin prévu initialement |
Arrivée sur la ligne de crêtes, je m'aperçus que j'étais ...à jeûn, encore une fois! Tous ces efforts et ce dénivelé avec l'estomac vide depuis les 15 h d'hier après midi ??
Je me restaurai, affamée, au grand soleil, dans un décor peuplé d'une foule bigarrée et emmitouflée, cela avait des saveurs d'été et d'hiver mêlées, l'air était glacé. Plus de 2500 m d'altitude.
Je pris le chemin du Géant, chaussée des crampons cette fois car il y avait des plaques gelées, je fis quelques mètres et puis une immense flemme qui n'était pas de la fatigue, me submergea. D'autres fois j'eusse forcé, persévéré, "relevé le gant" comme on dit . Et bien non! Et pleine d'entrain, sans regrets, je pris le chemin du retour, chaussée de mes inutiles et confortables crampons. La descente très pentue du col, dans l'ombre bleue, la poudreuse où je m'enfouis devenaient plaisir. Je croisai le Ter nouveau né qui gazouillait presque en silence et respirait entre les cailloux.
| Le rio Ter et le sommet du Gra de Fajol petit |
La silhouette décharnée de la ruine du vieux chalet,(clic) fidèle au poste depuis des années n'a pas pris une ride. Quoique, au point où elle en est....
| El Xalet Vell |
Je retrouvai avec soulagement la piste de ski; sur les 10 km skiables on ne trouve pas de piste rouge ni noire. Seulement quelques tronçons de rouge, la géographie des lieux ne s'y prêtant pas, mais l'ambiance y est joyeuse et familiale. Avec des scènes cocasses, ce jour, un vrai spectacle ! Séquence comédie!
Séquence poésie...Les guirlandes de lumière faisaient scintiller les sapins sur les cimes; couverts de neige, ils ressemblaient aux sapins des Contes de Noël de l'enfance....
L'enfance, c'est celle de Nina, que je retrouvai endormie là où je l'avais laissée mais qui allait vite se réveiller et s'adonner à son tour aux joies des sports d'hiver :-))
Sacré petit personnage qui ressemble trait pour trait à Lison...Comme c'est étrange....
Et au grand soleil, les pieds et pattes dans la neige , nous laissâmes filer le temps jusqu'à ce que le soleil, plongeant derrière les sommets, nous invita gentiment et froidement à reprendre la route.
| Le Géant ou Bastiments, 2883 m |
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Le Géant m'attendra, je suis heureuse de ma journée , de cette promenade vivifiante et sportive : avec les 600 m (environ) de dénivelé cumulé, ma dépense d'énergie est celle d'un 1000 m, dans ces conditions, et je suis ravie d'avoir retrouvé toute mon énergie !
Alors, vivement...la montagne prochaine !
Quelques liens en mon blog, sur ces lieux pour un éventuel lecteur...
Altitude 2883 (clic) = ma première ascension au Géant
Le Gra de Fajol (clic), tout à côté
Le Géant (clic) en des conditions extrêmes



