dimanche 18 décembre 2016

Ruines dans la brume ...2 eme ...Château d' Opoul

Ne cherchez pas le 1er, je ne l'ai pas rédigé il le sera ultérieurement, c'est le cas de le dire, ce sera Ultrera ...qui n'a rien à voir avec "ultérieur" si ce n'est la chronologie du récit :-))

Pourquoi d' abord Opoul ? Parce que j'en viens et que les sensations sont intactes.




Bien que tout fut dans la brume...Alors, imaginez...

2008 : environs d'Opoul / Périllos
Imaginez un paysage coiffé de ciel bleu , avec un moutonnement de pierres gris pâle et une végétation arbustive, alliant toutes les nuances de verts. Imaginez, nichées dans les creux une terre rouge ou blanche, plantée de vignes au vert éclatant. Le parfum de la garrigue vous enveloppe tandis que votre regard se perd, aux proches lointains entre étangs bleu pâle et mer bleu vif.. Sur tout cela flotte un puissant parfum de garrigue desséchée et vous imaginez l'été. L'été serait incomplet sans le chant des cigales par milliers, les cris perçants des hirondelles et martinets et même le craquement des graines dans les gousses surchauffées, mais oui, ce sont les bruits d'ici.
Cependant...l'été est enfui sous d'autres hémisphères, et si ce n'est pas l'hiver, cela lui ressemble tant que...mais oui, c'est dans 5 jours.

Donc, dans un après midi aux contours indéfinis, j'arrive aux pieds de la forteresse d'Opoul, un des derniers villages du département, sur sa frontière nord (avec l' Aude). C'st un promontoire rocheux et vaste, à 400 m d'altitude, surmonté de quelques ruines : le château.

J'y étais déjà allée, par le sentier, cette fois je choisis le "chemin des envahisseurs", soit le direct en roche, escalade brève et facile, toutefois, juste quelques mètres.

Du haut, la vue est époustouflante...par temps estival. La mer et les étangs.


Mais avant de parcourir ce vaste espace de 6 hectares, écoutons l'Histoire.



Qui ressemble beaucoup à celle d' Ultréra. Une occupation romaine est attestée par la découverte de monnaies; de toute manière le lieu est un oppidum qui a donné son nom à Opoul.
Erigé surtout à la période Wisigothique, 6 eme et 7 eme Siècles, ce château eut son temps fort de l'Histoire au XIII eme Siècle, car le Traité de Corbeil (11 mai 1258), en fixa la frontière du Royaume de France  en ces lieux. L'actuel département des Pyrénées Orientales devint espagnol jusqu'en 1659, Traité des Pyrénées. Jacques 1er Roi d' Aragon fit bâtir ce château, La Salveterra (la Sauve terre) pour fortifier la frontière Nord de son Royaume . Un village, l'ancien village d' Opoul fut bâti à ses côtés sur cet oppidum et y resta près de 4 siècles, jusqu'au moment où le manque d'eau devint crucial et obligea les villageois à "descendre" fonder un nouveau village, l'actuel Opoul. Le château survécut mais aux 16 eme et 17 eme siècles il fut 2 fois assiégé et après le Traité des Pyrénées, il n'eut plus de rôle stratégique; il  sombra alors vers son déclin.


Vu de l'intérieur



Vu de l'extérieur 

Comme toujours, devant ce type de relief, on ne sait de prime abord si ce sont des ruines d'édifice ou un relief ruiniforme. C'est dans ce secteur que je devais faire ma 3 eme séance d'escalade, annulée pour mauvais temps. Alors j'ai maintenu le projet initial de visite au château. Et je ne le regrette pas.

J'aborde directement "dans " le château par mon chemin de pierre. De vastes pans de mur bâtis en pierre calcaire taillée, donnant sur le vide, des meurtrières, des voûtes et salles, des murs épais en diable, un chemin de ronde, un fossé, ce n'est pas très grand, c'est pourtant imposant. Le lieu fut doublement fortifié, puisque l'oppidum en lui même le fut aussi. Entre les deux fortifications s'étendait le village dont il ne reste rien mais que je n'ai pas pris la peine de parcourir. J'ai juste fait tout le tour du site, qui ouvre par des à pics vertigineux sur le vide et la garrigue en bas.



Tour d'angle




















Sur la vaste esplanade de roche incrustée de fossiles (comme à Tautavel assez proche),se trouvent les vestiges de deux citernes accolées qui expliquent comment le village se fournissait en eau .


Les citernes creusées dans la roche

Sur le site on ne trouve aucun panneau explicatif, rien qui puisse expliquer quoi que ce soit au visiteur, dommage...
J'arpente longuement les lieux battus d'un vent d'Est fort humide, en prenant des précautions, en cette heure la roche est encore très glissante. Je me penche un peu sur le vide impressionnant pour regarder l'oeuvre des bâtisseurs qui ne devaient  craindre ni vide ni vertige...il y a 800 ans. Et qui bâtirent avec de petits moyens du solide. Et du beau. Preuve en est...





Les falaises sont crénelées
l'ouvrage a 8 siècles...


Le moindre interstice entre les roches a été bouché
 au prix de quelles difficultés !
Ouverture de la muraille sur
le grand vide


Comment ont ils construit cela ??





Du village je ne vois rien mais je devine avec tous ces débris de tuiles  et briques. Quelques pauvres maisons, petites, étroites, serrées les unes contre les autres. Et une vie grouillante sur ce promontoire exigu et vertigineux.



Des maisons construites en ce calcaire incrusté de fossiles qui parle de la mer, jadis. Cette mer que l'on voit depuis tout l'oppidum
Falaises abruptes de l'oppidum

calcaire fossilifère


















Mais que ça glisse !

Le chemin d'accès qui aboutissait à la porte de l'oppidum...sans doute
Au fond le village d' Opoul



C'est pourquoi je reviens par le chemin d'accès et sa porte démolie, avant que d'aller explorer un peu le pied de la citadelle, muraille de roche naturelle creusée de grottes.
Il me semble entendre alors que je marche dans une parfaite solitude au milieu de buissons épineux, la vie grouillante d'en haut. J'imagine...je ne sais plus en quel siècle je chemine !





Une des grottes des falaises

L'oppidum face ouest et la végétation typique des lieux
Un navire dans la garrigue


Par temps triste et gris, bousculée par le vent de la pluie, ce parcours a quelque chose d'angoissant, certes, mais d'envoûtant à la fois. Sous un soleil livide et neurasthénique...
Tandis que Mathurin et Nina, patients, m'attendent dans le camion . De bons petits compagnons...




 Je m'arrache difficilement à ces ruines, avant d'aller, au bout d'une longue, mince et déserte route, ajouter encore un peu de drôle d'atmosphère en arpentant le village désert et semi ruiné de Périllos. mais c'est une autre histoire qui rejoint la précédente : le château ruiné de Périllos était un poste avancé du château Saveterra dont je viens de vous conter la visite.

Château de Périllos

Peut être aurai-je le temps de vous emmener à Périllos ? Un peu plus tard.



15 commentaires:

  1. Je ne connais pas du tout ce site (ni d'ailleurs le nord du département) que j'irais visiter sans doute par une belle journée de janvier, lorsque je serai dans la région. Tes commentaires sur cette visite sont anxiogènes mais incitatifs. Tu as encore réussi ton coup. Bravo Amédine

    RépondreSupprimer
    Réponses

    1. Le nord du département me plait beaucoup à cause de la morphologie des Corbières; de toujours, même jeune, j'aimais ces paysages dénudés. La pierre se confond souvent avec la forteresse, on le voit bien plus "au nord" avec les reliefs ruiniformes du Causse. Par contre si j'étais allée en randonnée avec un groupe de 15 personnes, tout le côté mystérieux, angoissant n'aurait pas été et mon reportage aurait été très différent. La solitude dans de nombreux lieux fausse les données. Si j'étais journaliste je serais aussi très neutre. J'aime au contraire livrer brutes mes émotions dans mes balades. Tu m'as fait prendre conscience de cet état de faits avec ton commentaire. merci pour ta visite virtuelle avant la vraie Amitiés

      Supprimer
  2. Amédine Périllos était Le Village que Mon Père portait dans Son Cœur du coup J ai pris La Relève Il est pour moi un peu Mon Village Bien que Je n Y vive pas :) Merci Amédine :) Calinous aux Minous Bisous à Vous Pensées pour Lison :)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tiens donc, et bien ça me fait plaisir d'y être allée; je ne sais si vous avez facebook, j'ai publié des photos de Périllos. Bisous

      Supprimer
    2. Oui Amédine J irais voir :)

      Supprimer
  3. Coucou ... Quel dommange que ce Château que l'on devine magnifique en son temps ne soit plus qu'une ruine :(
    En tout cas, très belle balade ;) MERCI !!!
    Douce soirée, douce semaine, bisous et câlins à tous tes Félins

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Dans notre région il y en a beaucoup, d'époques différentes, notamment les châteaux dits Cathares, des sites extraordinaires ! Bisous

      Supprimer
  4. J'aime beaucoup ces marques du temps.
    J'ai visité il y a maintenant quelques années les restes de châteaux Cathares. Ces ruines se ressemblent un peu même si ce n'est pas la même histoire.
    On se demande comment tout cela a pu à l'époque être construit ... Combien de vies sont parties ...
    Gros bisous
    Chantaloup

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Une histoire différente mais un riche passé et surtout de fabuleux décors dessinés par dame Nature. Il y a de quoi faire en balades patrimoniales , trop pour une seule vie... je t'embrasse

      Supprimer
  5. Toujours de belles photos et de bons commentaires MERCI AMEDINE un régal de te suivre

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. A la suivante, Barthélémy, elle t'attend !

      Supprimer
  6. Que c'est bien contè !
    On veut connaitre le 1ier chapitre d'Ulltrera :-)

    RépondreSupprimer
  7. Quelle belle visite qui donne une fois de plus l'envie d'y aller voir de plus près! J'aime ces châteaux désolés, témoins d'un temps si rude, où d'ailleurs je ne me serai pas vu vivre, mais qui nous questionnent sur leurs capacités de bâtisseurs, leur ténacité, sur toute leur vie en fait ! Quel travail ! Merci Amédine pour cette intéressante page, bises.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. ce n'est pas ce qui manque par ici, dans des décors que les grands pays du Nord pourraient nous envier par leur côté austère, grandiose et mystérieux. Bisous

      Supprimer