vendredi 5 septembre 2014

Le sanctuaire de Nuria en Catalogne espagnole

C'est un sanctuaire situé en pleine montagne pyrénéenne, à 1960 m d' altitude. En Catalogne sud.





On y accède soit par un très long et dur  sentier "el cami vell" (le vieux chemin) , au terme de plus de 3h de marche et de près de 800m de dénivelé ou par un petit train bleu à crémaillère qui y conduit en 20 minutes dans un parcours fort pittoresque; je vous parlerai plus tard de ce train poétique, presque aussi poétique que notre train jaune à nous les catalans du nord.

Le train à Crémaillère de Ribes de Freser à Nuria

Le petit train depuis le sentier
25 février 2012


Le sentier vu du train



Je suis allée plusieurs fois en ces lieux, pour randonner : le train permet d'avancer du trajet, et donc à partir de Nuria de filer sur crêtes et cimes.
Aujourd'hui on s'arrêtera à Nuria.
Nuria est une station de ski fort prisée et le sanctuaire a donc des allures de cafétéria, refuge, hôtel, activités sportives en toutes saisons, c'est un lieu de villégiature avant tout, très fréquenté par catalans et français.

J'ai rencontré ce site en 2012, donc des images de mes archives étayeront ce reportage.

Ma première arrivée là bas me surprit beaucoup car je m'attendais à un site religieux, fait de recueillement et de silence et c'était un joyeux pêle mêle de skieurs, promeneurs, pique niqueurs . Des salles d'exposition, une boutique de souvenirs, une de location de matériel sportif, une vie intense consacrée au Dieu Tourisme.

Bien que cette année là, en 2012, la neige fut peu au rendez vous

Arrivée à Nuria par le sentier


Ce petit étang permet l'été pêche et canotage
Parlons un peu de Nuria dans le temps:
En l'an 700, arriva de Nîmes un évêque, Saint Gilles, fondateur d'un monastère.
Il vécut quatre ans à Nuria dans la pauvreté, partageant la vie des bergers. Il édifia une petite chapelle et sculpta, selon la légende, une statue de la vierge à l'enfant.
Lors de l'invasion arabe en Espagne, il enfouit dans le sol la cloche de la chapelle, la marmite en cuivre où il cuisait ses repas avec les bergers et la vierge. Puis partit.

Bien plus tard, en 1072, Amédée, (mon saint Patron soit dit en passant), pèlerin venu de Dalmatie, chercha ces objets, les retrouva 7 ans plus tard et édifia une chapelle plus élaborée.






La vierge de Nuria, telle qu'on peut la voir aujourd'hui est une statue polychrome du 12 eme ou 13 eme siècle, récemment restaurée. Elle est symbole de la fertilité et vénérée à ce titre.




Le 8 septembre a lieu LE pèlerinage annuel. Les femmes désireuses d'avoir un enfant enfouissent leur tête dans la marmite en agitant la cloche....
Plus prosaïquement elle est depuis ce 20 ème siècle Sainte Patronne des skieurs catalans !

Revenons à une petite page d'histoire...
Au XII ème siècle, en 1162, une auberge, refuge des bergers et hôpital vit le jour ici.
En 1428, un tremblement de terre rasa tous les édifices qui furent reconstruits progressivement, de plus en plus élaborés entre 1449 et 1648.
1728 vit des agrandissements : en fait ce monastère fut évolutif entre 1162 et le XXème siècle où il acquit sa version définitive. Avec la construction de logements pour les pèlerins au 19 ème siècle.

Dès le début du 20ème siècle, les amateurs de sports d'hiver investirent le site; cependant, à plusieurs heures de marche, ce n'était guère accessible et dès 1931, le petit train à crémaillère vit le jour. Il fonctionne depuis et plusieurs fois par jour.
1936 : la guerre Civile éclate et la statue de la vierge fut cachée en France (un chemin de Nuria existe aussi dans le voisin département des Pyrénées Orientales), puis en Suisse et revint définitivement en 1941.



Nuria aujourd'hui est un grand bâtiment sagement géométrique, et offre le contraste d'une grande débauche d'activités sportives d'été, d'hiver, des jeux pour les enfants, dans un assez grand vacarme propre aux populations espagnoles qui crient haut et fort leur joie, couvrant l'appel de la cloche, joie juste supplantée par les sifflements plaintifs des trains qui éructent leur cargaison humaine, les plus pressés étant les randonneurs appelés par les cimes.
Le marcheur pressé s'éloigne à grandes enjambées

Dont je fus ce jour là de cette année.


Arrivée au 1er train du matin
Au retour de randonnée, juste en son coeur.
Si grand que ses bras enserrent le sud,
invisibles

Je me retrouvai quelques heures plus tard sur les sommets avec ce remarquable point de vue sur le sanctuaire...le silence en prime !!!

Depuis le Pic des Neufonts, 2861 m
(au télé)

(Je vous ferai partager cette balade ainsi que l'histoire de ce petit train siffleur)

En attendant je vous invite dans un petit village d' Aragon (Espagne) clic sur mon 2nd blog

7 commentaires:

  1. Un superbe reportage que j'ai beaucoup aimé , une belle page d' Histoire . Tu es une conteuse extraordinaire .Merci de tes visites qui me font plaisir , je m'étais éloignée un peu de l'ordi!
    Douce soirée, bon dimanche ,bises Lison

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    1. Moi aussi un peu éloignée des blogs, mais je ne les quitte pas , ceux des autres je veux dire, je me régale. Bisous

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    2. Moi aussi un peu éloignée des blogs amis, mais pas question de les quitter je les aime trop; bisous

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  2. LISON bonsoir
    merci pour toutes tes lignes c'est passionnant et j'ai hâte oui de connaitre l'histoire de ce petit train siffleur
    je vois qu'il y a beaucoup de marche mais quand tu es sur place le décor est si beau car je vois bien tes belles photos
    LA nature se regarde chez toi très simplement et elle est grandiose
    des endroits qu'il faut préserver c'est certain
    Je repasse demain LISON je ferme mon petit ordi et je vais me reposer
    gros bisous

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    1. Et bien si ça te plait tant mieux, j'aime raconter ce que j'ai aimé; ah le petit train siffleur, il est extraordinaire. Bisous France

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  3. Merci pour ce beau reportage. Je n'ai pu contempler Nuria que depuis le col d'Eyne après avoir fait la longue et magnifique vallée des fleurs ! Je ne vais pas manquer d'y arriver en empruntant le petit train siffleur. Le parcours à l'air magnifique.

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    1. La 1ere fois où j'y suis allée il y avait une remarquable expo sur le train; malheureusement je n'avais pas pris de notes

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