jeudi 20 novembre 2014

Le massif des Albères 1ère partie

Mes pas m'ont conduite vers des montagnes lointaines, des sommets dénudés, des lacs, à des heures de route de chez moi. Pourtant il est une montagne au pied de laquelle je suis née, qui fait partie depuis des décennies de mon paysage quotidien : les Albères.

Les Albères, c'est l'extrémité orientale des Pyrénées, qui meurt doucement dans la Méditerranée et qui commence brutalement au Col du Perthus : 35 km de longueur, une altitude maximum
 de 1257 m mais la mer à ses pieds. 

Pyrénées Orientales

Le département et les Albères











Une muraille. Echancrée de cols, parsemée de pics, qui sépare la France de l'Espagne. Une frontière naturelle dont l'ascension  est très physique et brutale.

Les Albères dans leur ensemble


Albères : ce nom pourrait venir de "albus" (blanc) mais elle est de schiste brun. Pourrait venir de "alba" (aube), vu sa position orientale mais il n'en serait rien : plutôt de "alp", élevé.

Une véritable muraille 
C'est une montagne majestueuse.Que je n'ai gravie que 2 fois à pied.
En voiture, c'est différent. Une route ou des pistes malaisées gravissent la partie ouest et la partie est.
Je m'attacherai davantage dans ce portrait à la partie ouest, qui m'est proche.

Cette montagne a un aspect changeant à toute heure du jour et en toutes saisons : elle change sans cesse de teintes, de relief, de physionomie ce qui la rend extraordinaire et fabuleuse. Surtout lorsqu'elle s'habille de mauve...On pourrait la contempler pendant des heures. Vue de l'extérieur.

Piste dans la châtaigneraie


Les Albères ont un passé historique assez glorieux :présence de 40 dolmens, passage de Hannibal et ses éléphants, de légions romaines, présence de tours à signaux médiévales ou de chapelles et petits monastères, site majeur de la "Bataille du Boulou" (1794) inscrite sur l'Arc de Triomphe à Paris, lieu de passage pendant l'exode espagnol (1936/1939) et la seconde guerre Mondiale (1939/1945).
On pourrait presque dire "la vie ordinaire d'une montagne frontière".


Son passé économique est riche également, de la vie simple des montagnes laborieuses : des fours à chaux, des charbonnières, des chênes liège (suberaies), des bergeries, des mas, attestent d'un passé en ruines. Les grands incendies des années 60 détruisirent l'immense châtaigneraie et mirent à nu les murettes et terrasses qui gravissaient la montagne attestant d'anciennes cultures.

Aujourd'hui ? plus rien de tout cela, tout est enfoui dans une végétation de maquis méditerranéen, agressive et rendant la marche difficile.
Végétation de maquis





 C'est le terrain des amoureux de randonnées et de sports mécaniques, des chasseurs de sangliers ..Côté est, en bord de mer, quelques vignes en terrasse s'accrochent dans le crû Banyuls, et la plongée de la montagne en mer invite les plongeurs sous marins à un rendez vous noyé de bleu.

Le Canigou
J'ai gravi deux fois cette montagne, je n'ai aimé que la dureté du parcours et le paysage qui s'étalait hors de ma vue, dans mon dos : la plaine et la mer qui semblaient vues du ciel. Aussi randonnais je en regardant "dans le rétroviseur". L'arrivée au sommet est plus exaltante car la vue plonge en France, en Espagne, en mer, en plaine, avec le Canigou en toile de fond.

C'est une belle montée, régulière et ardue.
Nous l'entreprenons avec Serge qui découvre la région, bel itinéraire découverte. C'etait le 31 août.


Matin d'automne


Vue aérienne de la plaine du Roussillon

Fort de Bellegarde : le Perthus

La côte vers St Cyprien / Argelès

Le cap Creus, en Espagne : fin des Albères

Montesquieu : mon village natal ( 2-11-14)

Contreforts de la montagne et la plaine (2-11-14 )
Au sommet de la montagne, au Pic St Christophe (alt1015 m), on trouve les vestiges d'une chapelle, dans un paysage rocheux et de nombreux témoignages de la guerre de 1794.

Banquettes de tir de canons de 1794

Tour près de la chapelle

La chapelle et la tour

Serge

Et moi


Nous suivons les crêtes un moment avant de rallier la longue piste forestière qui conduit au lieu de convivialité prisé des autochtones et des touristes : le Col de l'Ouillat.

Voyage en crêtes

En piste pour la forêt

Au Col de l'Ouillat, on trouve une aire de pique nique très appréciée pour échapper à la vaste chaleur d'"en bas", un chalet restaurant-bar et le point de départ de balades en forêt.


Nous cinq, Serge,Michèle, France, Jacotte et moi, on commence par un muscat !
Evidemment...bien frais.
Les marcheurs l'apprécient!

Ensuite on a de la visite...sans muscat


Sinon, ce ne serait plus du jeu mais du sérieux!
A présent, pause repas. On se retrouve pour la suite...été comme hiver . Ah ?

Allons, un dernier regard avant la suite:

Aurore sur les Albères





11 commentaires:

  1. Quand je te suis dans tes montagnes frontières, j'ai aussi l'impression d'être dans les miennes.
    Elles se ressemblent tant et ont même Hannibal en commun !-o)
    Il est vrai que la vue des caps et de la mer est si belle et la montagne qui finie dans la Méditerranée est toujours un spectacle merveilleux.
    Et puis il y a le pique-nique avec les amis et ça c'est réjouissant aussi.
    J'attends les épisodes suivants et tes belles photos.
    Gros bisous Lison.
    Câlins à la Tribu du Sujet.
    Belle journée

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    1. Tu les connais je crois ? Les Alpes maritimes qui se jettent dans la mer sont tellement plus grandioses, mais les épousailles de la terre et de la mer, quand la roche s'en mêle sont toujours belles. Bisous du grand sud Mireille.

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  2. Les Albères sont magnifiques (mais je n'oublie pas mes Corbières) et comme toi je m'émerveille de les voir changer de couleur selon les moments de la journée, de l'année, de voir les nuages qui débordent des sommets comme le lait débordant de la casserole (je sais l'image n'est pas poétique mais dans mon enfance j'avais mission de surveillance du lait à bouillir....); pour les balades il y a le choix: du physique pour les muscles et le souffle en suivant les sentiers, ou bien plus tranquille, juste pour se dégourdir les jambes, en suivant la piste et toujours la pause pour admirer le paysage
    Tu as oublié de citer les puits à neige, tu devrais en parler pour faire découvrir cette particularité à tes amis "forasters"
    A bientôt
    Nicole

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    1. Espera una miqueta, guapa, he dit "a suivre "...
      C'est prévu, avec schéma à l'appui, na ! Et l'usage ! Bisous

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  3. Tu as un bien beau paysage quotidien :-) Quelle belle randonnée et quelle magnifique vue de là-haut ! Hannibal et ses éléphants. On apprend ça à l'école. Un exploit nous dit-on. Et c'est vrai. Sauf que ça se solde par la mort de beaucoup d'hommes et beaucoup d'éléphants. Beaucoup de souffrance. Et tout ça pour quoi ? Encore pour la guerre, la "gloire" et les conquêtes... ah, si seulement les hommes se contentaient d'un p'tit verre de muscat (bien frais) ;-) Bonne soirée. Bisous.

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    1. J'adhère totalement ! A l'idée sur les guerres comme au petit muscat bien frais! Bisous

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  4. Une balade que je connais bien et que tu me fais faire une nouvelle fois, ce qui m'enchante, en ce petit matin de novembre encore gris chez nous.
    Voilà qui va éclairer ma journée !
    Je t'embrasse, Lison !

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  5. Une balade superbe en ta compagnie , détente au pique nique entre visiteur et muscat , c'est tellement agréable .
    J'aime les montagnes , les rochers qui se jettent dans la mer , un aspect particulier merveilleux.
    Je t'attends pour la suite!
    Belle soirée, bises Lison

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  6. O alvorecer sobre as montanhas é de tirar o fôlego!
    beijos
    Adri

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  7. Magnifique paysage, magnifiques photos ! Je vais vite lire la suite... :-)

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  8. C'est toujours un plaisir de te suivre. De belles photos et de l'humour...

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