mardi 13 août 2013

Il y a la mer, aussi...

Ce furent deux soirs à Port Vendres...
Port Vendres n'a pas le cachet de sa voisine Collioure, mais ce port a le charme discret des ports sans grande envergure, riches cependant d'un passé glorieux en pointillés.
 Fondé au 6 ème siècle av JC, Portus Veneris (le Port de Vénus), devait relier les mondes
 oriental et occidental...
Quoiqu'il en soit, qu'il fut abandonné, puis repris et achevé au 18 ème, 


Ce ne sont pas ces relents du passé que le promeneur ordinaire vient chercher.

Ce sont des couleurs, des lumières, une architecture et peut être encore, de manière plus dépouillée, une belle soirée.
Faite de couleurs, de lumière et même d'odeurs, si le vent le permet.



Un petit air tropézien de carte postale...

Les couleurs du midi presque provençal..



Et l'odeur un peu écoeurante des filets...


   



















C'est l'été et Port Vendres demeure LE port de pêche d'ici.







Mais pas uniquement....
C'est aussi un port de commerce, certes modeste!


Commerce avec l' Afrique entre autres...le rêve assuré devant ces navires au long cours..
Certes je rêve moins que devant les montagnes, moi, la presque maritime, mais je rêve quand même  aux horizons lointains qui m'attiraient tant en ma jeunesse.


Il fait chaud en ce soir de fin juillet sur Port Vendres, mais ce que nous cherchons, mon ami et moi, c'est tout bêtement les nourritures terrestres: 
Un blanc Collioure fruité

Dans le pied duquel se reflète la couleur

Et puis, classique...

Une marmite de moules marinières

Et un dessert d'ici, au Banyuls
Autour de nous, le port mène sa vie discrète.
Et qui sait aussi être luxueuse.



Port de plaisance simple ou sophistiqué...







Sur lequel dansent des reflets moirés

















Serpent de mer

Variant à l'infini des eaux grasses et étales



Les collines voisines, que le soir qui tombe dore, parlent aussi d'autrefois: du temps de la vigne en terrasses, avant que les maisons ne les dévorent, d'un casot en pierre survivant du passé paysan et inclus sans pitié dans un présent urbanisant...
Mais que c'est loin tout ça...
Le clocher de pierre égrène ses heures lentes, comme immobiles dans un soir d'été placide que la tramontane ne bouscule pas.


Et le soir descend lentement, presque en silence.

Port Vendres parle du passé, sans voix, par petites touches.
Pas du passé plaisir mais du passé labeur: ce fut le grand port de commerce avec l' Algérie, du temps où elle était française: heures de vie intense de ce port que seules de jolies photos, accrochées aux lampadaires disent...


Elles disent la foule, le bruit, les voitures et les attelages venus du fond du département

Elles disent les arrivées et les départs, les cris, la foule, les joies et les larmes

Elles disent les autos, les tonneaux et les ballots.

Elles disent les hommes de mon village, à 45 km de là, qui partaient dans la nuit noire au pas lent des chevaux pour chercher les céréales et repartaient dans la nuit suivante: les hommes dormaient et...les chevaux somnolaient...






Elles disent les voyageurs, qui faisaient sur l'eau les 658 km entre deux mondes d'un même pays.



Elles disent l'exil, l'exode, le chagrin, le déracinement, elles disent mais à qui?



Elles essaient de dire, de conter...
Sur ce même quai, bruit une autre vie, un présent: 



Et puis Port Vendres s'endort dans le clapotis minuscule des ports





où même les bateaux de commerce savent se montrer discrets..



Oui, un soir d'été à Port Vendres mérite d'être conté.



5 commentaires:

  1. merci pour cette belle soirée à Port de Vendres les photos sont bien jolies.
    bises

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    1. Port Vendres a aussi des lieux de baignade et de jolies excursions dans les environs: le sentier littoral par exemple. Bises

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  2. Un doux mélange de très belles images !
    J'aime particulièrement les maisons au bord de l'eau, et les filets, superbes !
    Et le pied du verre aussi, joliment bien vu. ♥

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    1. Il y avait beaucoup de douceur de vivre ce soir là et tout incitait à un certain regard.

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  3. tes photos sont très belles et tes textes
    sont remplis d'émotion. Nous reparlerons
    en septembre de tes ballades. Je ne suis
    pas à l'aise avec cet ordinateur. J'aurais
    beaucoup de choses à en dire. Tes
    ballades nous apportent beaucoup, Lison.
    Merci à toi. Bonnes vacances. Bises.
    ELZA

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