samedi 10 mai 2014

Cardona, ville "du sel".

Cardona est une ville dont le passé est puissamment lié à l'industrie du sel. (cf précédent billet)
Des vestiges de peuplement ibérique y ont été trouvés mais c'est surtout au 10 eme siècle que la ville naquit  en dessous de sa puissante forteresse du 8 ème siècle, une de ces forteresses construites par les Chrétiens pour lutter contre l' Islam.

Ajouter une légende

Cette forteresse eut un passé luxueux avec l'établissement des Seigneurs du sel appelés Rois sans couronne à cause de leur prodigieuse richesse.
Pus tard ce furent des militaires qui l'occupèrent et elle subit un relooking façon Vauban; aujourd'hui, elle a un présent de prestige en étant devenue Parador Nacional, fleuron de l'hôtellerie de luxe espagnole.

La ville n'a pas un présent luxueux : elle fut cependant le berceau de deux industrialisations successives, dont aucune ne subsiste.
Les filatures occupaient les berges du fleuve Cardoner et une nombreuse population de migrants y travailla.
Ces ouvriers étaient des paysans ruinés par la crise viticole du phylloxéra, fin 19 ème siècle.
Lorsque au début du 20 ème siècle l'extraction de potasse supplanta celle du sel, de façon industrielle, Cardona changea de visage.
Les phosphates et la grande extraction demandèrent une importante main d'oeuvre et les populations pauvres d' Andalousie et d' Extrémadure vinrent s'établir à Cardona.
Les hommes arrivèrent d'abord, après un très très long chemin souvent fait à pied. Plus tard les familles les rejoignirent. Histoire banalement classique d'une immigration.
Rien n'était fait pour les accueillir et des baraquements faits de pierres et d'argile virent le jour, souvent des abris paysans dans les terres.
Ne parlons pas des sordides et hélas banales conditions de vie, d'hygiène : la précarité.
Mais c'est là que ces femmes de Cardona  -auxquelles une exposition est consacrée- prirent le devant de la scène.
Mères courage qui s'embauchèrent comme couturières, femmes de ménage ou aux abattoirs . Pendant que les unes travaillaient, les autres mettaient en commun les enfants et les nourrissaient.
Les patrons de la mine, sous la pression de cette foule courageuse construisirent des "colonies", baraquements chichement  équipés d'eau, d'électricité, villages en périphérie de la ville qui se développèrent avec épiceries, dispensaire, boutiques et même écoles.
Une nouvelle vie s'était organisée ; il y eut des fêtes, des deuils, des mariages.
Mais le maître mot qui ressort de l'histoire fut une immense solidarité.
Cardona aujourd'hui ne garde aucune trace de ce passé où fleurirent deux industries successives.
La troisième est la très banale industrie du tourisme.


Alors je me promène dans Cardona à l'heure où les ombres s'allongent, la chaleur décroit et la vie renaît.
Car l'Espagne est -partout- un immense désert entre 14 et 16 heures.

Bâtie à flanc de colline, la ville a le charme désuet de celle qui eut un passé ardent et qui s'est endormie. Elle s'éteint de cette mort lente des petites cités de province à l'écart des grands axes. Qui se soucie de Cardona, de sa mine, de son sel ? Quelques touristes en mal de curiosité?

 Les murs sont de grés rougeâtre, lie de vin plutôt, corrodés et rongés par les ans.
On y trouve en cherchant bien quelques originalités:



Heurtoir de porte : maison de maître


Etrange porte murée qui accueille avec un salut poli 

La plus petite des maisons


Passage couvert

Ancien foirail: toujours le coeur de vie ( ou de ville)


Le foirail qui grouillait de vie autrefois est devenu une jolie promenade ombragée, haut perchée sur laquelle il fait bon flâner. Le tout Cardona s'y promène avec une exubérance propre à l' Espagne.
Je sais! Si un Catalan me lit, il ME TUE ! On est en Catalogne, pas en Espagne. "Perdone, si us plau "

Oui, la Catalogne affiche sa soif d' Indépendance

On peut aussi savourer un verre en contemplant la vie.
En décrivant la vie .

Figures de Cardona ...et d'ailleurs ( Lison)

Ecrire et peindre la vie

Pas hésitants et foot endiablé.







L'église St Michel de style lombard a une nef résolument gothique très peu éclairée.








Extérieurs de l'église 


J'arpente les ruelles avec Lison dans son panier qui ne perd rien des scènes de rues 
et ne passe pas inaperçue.






Pour ceux qui aiment les boutiques, Cardona a les siennes, emplies d'objets et de sculptures de sel, de colifichets, vêtements et chapeaux.
Une vie qui essaie tant bien que mal d'attirer le touriste.
Sans doute l'été Cardona doit elle vibrer de vie et de chaleur.

Pour achever ce séjour court en Catalogne, je vous offrirai un 3 eme billet, 
sur un lieu assez original.

Et en prime, sur mon 2nd blog, bientôt un billet sur Lison la voyageuse.











15 commentaires:

  1. merci pour la belle balade, c'est très beau ces murs et rues de pierres.
    bon dimanche
    bisous
    Laurence

    RépondreSupprimer
  2. Bonjour Lison ;)
    Je suis fascinée par ce Village et son Histoire, votre manière de le décrire, de le ressentir, de le photographier ... C'est tout simplement magnifique et très touchant ...
    Merci beaucoup pour ce beau moment, j'attends avec impatience la suite ;)
    Je vous envoie mes amitiés d'un Sud bien gris aujourd'hui et plein de douces caresses à Miss Lison, trop mignonne dans son panier !

    RépondreSupprimer
  3. Vraiment passionnant. Merci Lison pour cette promenade instructive. Tes photos sont éloquentes. Je t'embrasse

    RépondreSupprimer
  4. Bonjour chère amie,

    Une promenade très intéressante, gorgée d'histoire... Des pierres qui pourraient parler longuement...
    J'aime comme vous nous décrivez ce lieu... Un bel hommage.
    Peindre ou écrire la vie comme vous le dites si bien c'est aussi être contemplatif comme vous l'êtes et l'exprimer à travers vos magnifiques photos.
    Je me suis nourrie agréablement l'esprit...

    Gros bisous ♡

    RépondreSupprimer
  5. Merci pour ce beau billet ma chère Lison!
    C' est très intéressant et comme toujours un régal de lire et regarder ...
    Passe une bonne soiree!
    Je t' embrasse!

    RépondreSupprimer
  6. C'est magnifique ! Je reconnais bien là la Catalogne.
    Coucou Lison !!! Tu es en ballade ?
    Bisous
    Chantaloup

    RépondreSupprimer
  7. Merci pour ce billet fort intéressant sur Cardona, Lison. La solidarité, si importante... Les gens sont-ils toujours aussi solidaires à notre époque ? Je me demande.
    Bonne soirée à toi, et de gros bisous.

    RépondreSupprimer
  8. A TOUTES : j'apprécie fort votre regard sur cette ville, sur ce reportage, à travers vos commentaires ; je n’ai pas le temps de vous répondre personnellement mais j’essaie aussi d’aller sur vos blogs. Merci de vos visites et excusez moi pour mon trop plein de travail.un peu bousculée c'est vrai: ah ce printemps en vignes !!!
    Gros bisous à toutes : Lison

    RépondreSupprimer
  9. Lison coucou,
    Je reviens dans la soirée, je n'ai pas du temps pour l'instant.
    Je te remercie pour tes passages et petits mots sur mon blog.
    Bisou

    RépondreSupprimer
  10. Merci Lison pour ce reportage d'un lieu que je n'ai jamais
    traversé. J'adore la Catalogne et je vois que Lison aussi !!
    Peux-tu m'envoyer par courrier ton adresse, car j'ai
    quelque chose à t'envoyer ( en utilisant la poste !!).
    Je te souhaite une bonne semaine. Je t'embrasse.
    ELZA

    RépondreSupprimer
  11. Je vois qu'on parle d'une vraie citadelle ou forteresse du sel et tu as mis de nombreux détails pour nous illustrer cette idée. Une belle ville en pierre avec une belle histoire...
    Je te souhaite une belle soirée

    RépondreSupprimer
  12. En ce qui concerne ton retard sur les visites de blogs, je pense qu'il est absolument compréhensible. Moi aussi, je suis dans un grand manque de temps. Tu as bien vu, j'ai beaucoup de billets (seulement pour cette journée j'ai mis 20 billets!).
    Même je sais qu'il est difficile et presque impossible pour quelqu'un de suivre mon blog dans l'ensemble, je tiens à mettre tous mes articles, parce qu'ils ont une signification personnelle pour moi.
    Alors je te conseille de voir et commenter selon ton temps disponible mes billets. Je pense que tu as déjà fait çà :)
    Je te remercie pour avoir essayer de comprendre les textes que j'ai écrit en roumain.

    RépondreSupprimer
  13. À propos de chiens errants de Bucarest, bien sûr qu'il y a une (ou plusieures) fourrière canine à Bucarest. Mais on parle de la corruption des autorités roumaines, nous parlons de l'argent public et même privé, détourné de ceux qui refusent de résoudre le problème des chiens errants. C'est un long histoire qui a fait des victimes, si tu veux savoir plus de détails il faut me dire pour développer le sujet directement en français.

    En quelques mots, la Roumanie est un pays totalement dominé par autorités mafieuses. Leur seul but est de voler l'argent public au nom de n'importe quel raison. Concrètement, au nom du problème des chiens errants, mais il s'applique à tous les domaines (par exemple infrastructure et santé). On peut dire que la société roumaine est entièrement mafiotisée (s'il existe en français le dernier mot).

    RépondreSupprimer
  14. La ville a l'air aussi intéressante que la mine !
    Merci pour ce beau reportage, nous irons très certainement voir tout cela.

    RépondreSupprimer